—Lâchez les rênes et levez les mains en l'air.
—Par Dieu, maîtresse, les Bushwhackers, me souffla Jim à mi-voix, puis il leva les mains, pendant que, glacée d'épouvante, je me cachais en criant.
Deux des bandits s'approchèrent et, avec force jurons, nous intimèrent l'ordre de descendre. Toute résistance était impossible et, immédiatement, malgré nos terreurs, il nous fallut obtempérer à l'ordre; les bandits s'assurèrent tout d'abord que nous n'étions pas en état de fuir; alors les Bushwhackers remirent leurs revolvers à la ceinture et se mirent à l'ouvrage: les traits de la voiture furent enlevés et l'un des hommes, montant sur un cheval et tenant l'autre par la bride, s'éloigna au grand trot.
Les trois détrousseurs qui restaient jetèrent sans façon mes malles à terre, et les ayant brisées, commencèrent à fouiller parmi les étoffes et les robes.
Ils furent vivement désappointés de n'y trouver ni bijoux ni argent et l'un d'eux, s'approchant de moi, m'ordonna rudement de lui donner ma bourse. Il n'y trouva que cinq dollars; il se mit à jurer furieusement. Puis se tournant vers Jim:
—Vous, vieux négro, filez rapidement sans tourner la tête. C'est compris, n'est-ce pas?
—Non Massa, répondit Jim, mo ka pas quitté maîtesse.
L'homme tira son revolver et l'appliqua sur la tempe du vieux nègre.
—Allons, au trot, ou je vous casse la tête…
Jim n'avait pas fait un mouvement, et de ses grands yeux tranquilles il continuait de fixer l'homme.