—Tout-à-l’heure, répondis-je encore préoccupé de mon larcin, je vais y aller.

—Mais, me dit Comte avec bonhomie, puisque ce monsieur n’a qu’un mot à vous dire, allez-y, je vais vous attendre, car j’ai encore à vous parler.

—Soit, répondis-je, et sans réfléchir davantage je remonte au premier étage.

On a déjà deviné que le ventriloque vient de me jouer un tour de son métier. En arrivant au bureau, je ne trouve que l’employé qui ne sait ce que je veux lui dire.

Je m’aperçois, mais trop tard, que je suis une des nombreuses victimes de la ventriloquie, j’entends Comte qui chante sa victoire en riant aux éclats.

J’avoue sans fausse honte qu’un instant je fus vexé d’avoir donné dans le piége. Mais je me remis bien vite à la pensée d’une petite vengeance que je pouvais tirer de la situation même où je me trouvais. J’affectai de descendre avec tranquillité.

—Que voulait donc cette personne du bureau de location, me dit Comte d’un ton de dupeur satisfait?

—Vous ne le devinez pas? répondis-je en copiant mon intonation sur la sienne.

—Ma foi! non.

—Je vais alors vous le dire: c’était un voleur repentant, qui m’a prié de vous rendre des objets qu’il vous a escamotés. Les voici, mon maître!