Mesdames, ma pendule obéit, compte, sonne,
Marque l’heure ou s’arrête au gré de tout désir;
Mais pour vous, chaque fois que son timbre résonne
Puisse-t-elle sonner une heure de plaisir!

Toutes mes expériences étaient ainsi décrites. De temps en temps aussi au milieu de ces descriptions se trouvait, à l’adresse des spectateurs, un compliment tel que celui-ci:

AU PUBLIC.

Combien j’aime à voir,
Chaque soir,
Par la foule amie,
Ma salle envahie
Et remplie
A ne pas s’y mouvoir.
Pour mériter longtemps une faveur si chère,
Comptez sur mes efforts et sur mon savoir-faire;
Spectateurs d’aujourd’hui, venez me voir demain;
Venez.... je vous prépare un autre tour de main.

Parmi ces fantaisies, celle qui m’avait donné le plus de mal à composer, c’était mon journal comique. Notez que je ne pouvais faire ce travail que dans mes moments de loisir, et ces moments j’étais obligé de les prendre sur mon sommeil.

Ce journal, sur papier de luxe et de petit format, était illustré. Le texte parodiait celui des grands journaux. L’en-tête était ainsi conçu:

LE CAGLIOSTRO,
PASSE-TEMPS DE L’ENTR’ACTE (NE JAMAIS LIRE PASSE T’EN).

Ce journal, paraissant le soir, ne peut être lu que par des gens éclairés.

Le rédacteur prévient qu’il n’est pas timbré (le journal).