A ce mot de sorcier, je faillis éclater de rire; j’en fus empêché par la vive émotion de l’inconnue. Voulant cependant mettre fin à une scène qui commençait à friser le ridicule:
—Malheureusement, Madame, dis-je d’un ton poli mêlé d’ironie, vous m’attribuez un titre que je n’ai jamais eu.
—Comment, Monsieur, s’écrie la jeune femme d’une voix animée, vous ne voulez pas convenir que vous êtes.....
—Sorcier, Madame! Oh! non, je m’en défends.
—Vous ne le voulez pas?
—Mais non, non, mille fois non, Madame.
A ces mots, la solliciteuse se leva brusquement, murmura quelques paroles incohérentes, parut en proie à une lutte terrible, puis s’approchant de moi les yeux animés et le geste menaçant:
—Ah! vous ne voulez pas, répéta-t-elle d’une voix brève, c’est bien; je sais maintenant ce qu’il me reste à faire.
Stupéfait d’une pareille sortie, je la regardais, immobile et muet, et je commençais à soupçonner la cause de cette incroyable conduite.
—Avec les gens qui s’occupent de magie, reprit-elle avec une volubilité effrayante, il y a deux moyens d’agir, la prière et la menace. Vous n’avez pas cédé au premier de ces deux moyens; puisqu’il le faut, je vais employer le second.