J’avais prévu la défense; aussi, pendant que la princesse me parlait, j’ouvris l’écrin d’une main et, d’un coup-d’œil rapide, je m’assurai de ce qu’il renfermait. Cependant je feignis de reculer un instant devant cette proposition, afin de produire un plus grand effet.
—Votre Altesse, répondis-je en rendant l’écrin, me permettra de me défendre d’une pareille impossibilité, car elle a dû remarquer que jusqu’à ce moment il fallait que l’objet me fût connu pour que mon fils le nommât.
—Vous avez pourtant surmonté de plus grandes difficultés, reprit la belle-fille de Louis-Philippe. Néanmoins, si cela ne se peut pas, n’en parlons plus, je serais fâchée de vous mettre dans l’embarras.
—Ce que demande Votre Altesse est, je le répète, impossible, et pourtant, jaloux de justifier la confiance que vous avez dans sa clairvoyance, mon fils, par un effort suprême de ses facultés, va tâcher de voir à travers l’écrin ce qu’il contient.
—Le peut-il, même à travers mes mains, reprit la Duchesse en cherchant à cacher l’écrin.
—Oui, Madame, et Votre Altesse fût-elle dans l’appartement voisin, mon fils le verrait encore.
La Duchesse d’Orléans, sans accepter cette nouvelle épreuve, que je lui proposais, se contenta d’interroger elle-même mon fils.
L’enfant, qui depuis longtemps avait ses instructions, répondit sans hésiter: il y a dans cet écrin une épingle en or, surmontée d’un diamant, autour duquel est un cercle d’émail bleu ciel.
—C’est de la plus grande exactitude, dit la Duchesse en présentant au Roi le bijou qu’elle sortit de sa boîte. Jugez vous-même, Sire.
Et se retournant vers moi: