—Attends..... répondis-je.....
Alors, avec toute la gravité que m’imposait mon rôle, je fis du bras un geste imposant, et prononçai solennellement ces paroles:
—Te voilà plus faible qu’une femme; essaye maintenant de lever cette boîte.
L’hercule, sans s’inquiéter de ma conjuration, saisit une seconde fois le coffret par la poignée, et donne une vigoureuse secousse pour l’enlever; mais cette fois, le coffre résiste, et, en dépit des plus vigoureuses attaques, reste dans la plus complète immobilité.
L’Arabe épuise en vain sur le malheureux coffret une force qui eût pu soulever un poids énorme, jusqu’à ce qu’enfin épuisé, haletant, rouge de dépit, il s’arrête, devient pensif, et semble commencer à comprendre l’influence de la magie.
Il est près de se retirer; mais se retirer, c’est s’avouer vaincu, c’est reconnaître sa faiblesse, c’est n’être plus qu’un enfant, lui dont on respecte la vigueur musculaire. Cette pensée le rend presque furieux.
Puisant de nouvelles forces dans les encouragements que ses amis lui adressent du geste et de la voix, il promène sur eux un regard semblant leur dire: vous allez voir ce que peut un enfant du désert.
Il se baisse de nouveau vers le coffre; ses mains nerveuses s’enlacent dans la poignée, et ses jambes placées de chaque côté comme deux colonnes de bronze, serviront d’appui à l’effort suprême qu’il va tenter. Nul doute que sous cette puissante action la boîte ne vole en éclats.
O prodige! cet Hercule tout à l’heure si puissant et si fier, courbe maintenant la tête; ses bras rivés au coffre cherchent dans une violente contraction musculaire à se rapprocher de sa poitrine; ses jambes fléchissent, il tombe à genoux en poussant un cri de douleur.
Une secousse électrique, produite par un appareil d’induction, venait, à un signal donné par moi, d’être envoyée du fond de la scène à la poignée du coffre. De là les contorsions du pauvre Arabe.