Au lieu de faire à mon fils cette question: «Dites ce que je tiens à la main?» à chaque objet qui m’était remis, je frappais un coup sur une petite clochette, et malgré cette uniformité du signal, l’enfant dépeignait l’objet comme si l’eût eu sous les yeux.
Mais ce qui pouvait intriguer les intrépides scrutateurs de mes secrets, c’est que peu d’instants après, je mettais la clochette de côté, et bien que j’observasse le silence le plus complet, tous les objets présentés n’en étaient pas moins immédiatement désignés par l’enfant.
J’imitais aussi certains phénomènes produits par quelques sujets magnétisés. Je lui couvrais les yeux d’un épais bandeau, et sans prononcer une parole, je lui remettais entre les mains un verre plein d’eau; le liquide prenait sous ses lèvres le goût d’un autre liquide quelconque sur lequel un spectateur avait fixé sa pensée, quelque bizarre que fût ce choix.
Toujours sans que je lui parlasse, je lui faisais porter un bouquet à une dame qu’un spectateur avait secrètement désignée, ou bien il exécutait un ordre qui m’était confié à voix basse, tel que celui-ci:
Aller prendre une tabatière dans la poche d’une personne désignée; en ôter une prise de tabac pour la porter ensuite dans le porte-monnaie d’une autre personne.
LE FOULARD AUX SURPRISES.
Un principe fondamental de la prestidigitation, c’est de produire de grands effets avec de petites causes; autrement dit, il faut produire, avec de petits objets, des objets d’un gros volume.
Qu’y-a-t-il d’étonnant en effet de faire sortir d’une boîte à double fond ce qui peut y être contenu? La difficulté consiste uniquement dans l’ingéniosité de l’appareil, et tout le mérite revient à l’ébéniste ou au ferblantier qui a fabriqué la boîte.
Mais le foulard aux surprises est un tour qui ne pouvait laisser croire à aucune combinaison mécanique, parce que l’instrument qui devait produire des objets si volumineux pouvait être réduit à de bien petites proportions.