LA CORNE D’ABONDANCE.

Parmi les modifications que j’avais apportées aux séances des prestidigitateurs qui m’avaient précédé, j’ai signalé, dans le cours de cet ouvrage, le genre de cadeaux que j’offrais au public comme souvenir de mes séances.

Comte et ses émules faisaient des distributions de jouets d’enfants et de sucreries qui se trouvaient invariablement dans un chapeau. Je pensai qu’il était peu convenable d’offrir des éventails, des fleurs et des bonbons, en les faisant sortir d’une source qui n’était pas toujours d’une propreté irréprochable, et pour obvier à cet inconvénient, j’inventai la corne d’abondance.

Je présentais au public une sorte de grand cornet qui s’ouvrait en deux parties, afin qu’on pût mieux en visiter l’intérieur, puis dès qu’il était refermé, j’en retirais des bonbons et des fleurs.

C’est aussi de ce cornet que je faisais sortir des journaux comiques, des albums, des quadrilles illustrés, etc.

Je m’étais exercé à lancer ces différents objets avec une sûreté de direction telle qu’ils arrivaient immanquablement aux personnes même les plus éloignées de ma scène.

Cette distribution, ainsi que celle de la bouteille inépuisable, produisait dans la salle une animation des plus plaisantes. C’était à qui posséderait un de ces cadeaux, et l’on m’adressait de tous côtés des supplications télégraphiques auxquelles je me faisais un devoir de répondre.

TABLE.

Pages.

[Introduction dans la demeure de l’auteur]

[I]

[Préface]

[1]

[CHAP. Ier.] Un horloger raccommodeur de soufflets.—Intérieur d’artiste.—Lesleçons du colonel Bernard.—L’ambition paternelle.—Premierstravaux mécaniques.—Ah! si j’avais un rat!—L’industried’un prisonnier.—L’abbé Larivière.—Une paroled’honneur.—Adieu mes chers outils!

[5]

[CHAP. II.] Un badaud de province.—Le docteur Carlosbach, escamoteuret professeur de mystification.—Le sac au sable, le coup del’étrier.—Je suis clerc de notaire, les minutes me paraissent bienlongues.—Un petit automate.—Protestation respectueuse.—Jemonte en grade dans la basoche.—Une machine de la force...d’un portier.—Les canaris acrobates.—Remontrance de Me Roger.—Monpère se décide à me laisser suivre ma vocation

[15]

[CHAP. III.] Le cousin Robert.—L’événement le plus important de mavie.—Comment on devient sorcier.—Mon premier escamotage.—Fiascocomplet.—Perfectibilité de la vue et du toucher.—Curieuxexercice de prestidigitation.—Monsieur Noriet.—Uneaction plus ingénieuse que délicate.—Je suis empoisonné.—Untrait de folie

[31]

[CHAP. IV.] Je reviens à la vie.—Un étrange médecin.—Torrini etAntonio: un escamoteur et un mélomane.—Les confidences d’unmeurtrier.—Une maison roulante.—La foire d’Angers.—Unesalle de spectacle portative.—J’assiste pour la première fois àune séance de prestidigitation.—Le coup de piquet de l’aveugle.—Uneredoutable concurrence.—Le signor Castelli mange unhomme vivant

[45]

[CHAP. V.] Confidences d’Antonio.—Comment on peut provoquer lesapplaudissements et les ovations du public.—Le comte de ....,banquiste.—Je répare un automate.—Atelier de mécaniciendans une voiture.—Vie nomade: heureuse existence.—Leçonsde Torrini; ses principes sur l’escamotage.—Un grec du grandmonde, victime de son escroquerie.—L’escamoteur Comus.—Duelaux coups de piquet.—Torrini est proclamé vainqueur.—Révélations.—Nouvellecatastrophe.—Pauvre Torrini!

[65]

[CHAP. VI.] Torrini me raconte son histoire.—Perfidie du chevalierPinetti.—Un escamoteur par vengeance.—Course au succès entredeux magiciens.—Mort de Pinetti.—Séance devant le papePie VII.—Le chronomètre du cardinal M***.—Douze cents francssacrifiés pour l’exécution d’un tour.—Antonio et Antonia.—Laplus amère des mystifications.—Constantinople

[84]

[CHAP. VII.] Suite de l’histoire de Torrini.—Le Grand-Turc lui faitdemander une séance.—Un tour merveilleux.—Le corps d’unjeune page coupé en deux.—Compatissante protestation du Sérail.—Agréablesurprise.—Retour en France.—Un spectateurtue le fils de Torrini pendant une séance.—Folie: Décadence.—Mapremière représentation.—Fâcheux accident pour mes débuts.—Jereviens dans ma famille

[115]

[CHAP. VIII.] Des Acteurs prodiges.—J’arrive à Paris.—Mon mariage.—Comte.—Etudessur le public.—Un habile directeur.—Lesbillets roses.—Un style musqué.—Le Roi de tous les cœurs.—Ventriloquie.—Lesmystificateurs injustifiés.—Le père Roujol.—Julesde Rovère.—Origine du mot prestidigitateur

[131]

[CHAP. IX.] Les automates célèbres.—Une mouche d’airain.—L’hommeartificiel.—Albert-le-Grand et saint Thomas-d’Aquin.—Vaucanson;son canard; son joueur de flûte; curieux détails.—L’automatejoueur d’échecs; épisode intéressant.—Catherine IIet M. de Kempelen.—Je répare le Componium.—Succès inespéré

[153]

[CHAP. X.] Les supputations d’un inventeur.—Cent mille francs par anpour une écritoire.—Déception.—Mes nouveaux automates.—Lepremier physicien de France; décadence.—Le choriste philosophe.—Bosco.—Lejeu des gobelets.—Une exécution capitale.—Résurrectiondes suppliciés.—Erreur de tête.—Le serin récompensé.—Uneadmiration rentrée.—Mes revers de fortune.—Unmécanicien cuisinier

[178]

[CHAP. XI.] Le pot-au-feu de l’artiste.—Invention d’un automateécrivain-dessinateur.—Séquestration volontaire.—Une modestevilla.—Les inconvénients d’une spécialité.—Deux Augustesvisiteurs.—L’emblême de la fidélité.—Naïvetés d’un maçonérudit.—Le gosier d’un rossignol mécanique.—Les Tiou et lesrrrrrrrrouit.—Sept mille francs en faisant de la limaille

[193]

[CHAP. XII.] Un grec habile.—Ses confidences.—Le Pigeon cousu d’or.—Tricheriesdévoilées.—Un magnifique truc!—Le génie inventifd’un confiseur.—Le prestidigitateur Philippe.—Ses débutscomiques.—Description de sa séance.—Exposition de 1844.—LeRoi et sa famille visitent mes automates

[215]

[CHAP. XIII.] Projets de réformes.—Construction d’un théâtre au Palais-Royal.—Formalités.—Répétitiongénérale.—Singuliereffet de ma séance.—Le plus grand et le plus petit théâtre deParis.—Tribulations.—Première représentation.—Panique.—Découragement.—Unprophète infaillible. Réhabilitation.—Succès

[239]

[CHAP. XIV.] Etudes nouvelles.—Un journal comique.—Inventionde la seconde vue.—Curieux exercices.—Un spectateur enthousiaste.—Dangerde passer pour Sorcier.—Un sacrilége ou lamort.—Art de se débarrasser des importuns.—Une touche électrique.—Unereprésentation au théâtre du Vaudeville.—Toutce qu’il faut pour lutter contre les incrédules.—Quelques détailsintéressants

[258]

[CHAP. XV.] Petits malheurs du bonheur.—Inconvénients d’un théâtretrop petit.—Invasion de ma salle. Représentation gratuite.—Unpublic consciencieux.—Plaisant escamotage d’un bonnet desoie noire.—Séance au château de Saint-Cloud.—La cassettede Cagliostro.—Vacances.—Etudes bizarres

[281]

[CHAP. XVI.] Nouvelles expériences.—La Suspension éthéréenne,etc.—Séance à l’Odéon.—Un double accroc.—La protectiond’un entrepreneur de succès.—1848.—Les théâtres aux abois.—Jequitte Paris pour Londres.—Le directeur Mitchell.—Lapublicité anglaise.—Le grand Wizard.—Les moules à beurreservant à la réclame.—Affiches singulières.—Concours publicpour le meilleur calembour

[298]

[CHAP. XVII.] Le théâtre Saint-James.—Invasion de l’Angleterre parles artistes français.—Une fête patronnée par la reine.—Le Diplomateet le Prestidigitateur.—Une Recette de 75,000 francs.—Séanceà Manchester.—Les spectateurs au carcan.—Wat à capitalcuraçao.—Montagne humaine.—Cataclysme.—Représentationau palais de Buckingham.—Un repas de Sorciers

[316]

[CHAP. XVIII.] Un régisseur optimiste.—Trois spectateurs dans unesalle.—Une collation magique.—Le public de Colchester et lesnoisettes.—Retour en France.—Je cède mon théâtre. Voyaged’adieu.—Retraite à Saint-Gervais.—Pronostic d’un Académicien

[344]

[CHAP. XIX.] VOYAGE EN ALGÉRIE.—Convocation des chefs de tribus.—Fêtes.—Représentationdevant les Arabes.—Enervation d’unKabyle.—Invulnérabilité.—Escamotage d’un Maure.—Paniqueet fuite des spectateurs.—Réconciliation.—La secte des Aïssaoua.—Leursprétendus miracles.—Excursion dans l’intérieurde l’Algérie.—La demeure d’un Bach-Agha.—Repas comique.—Unesoirée de hauts dignitaires Arabes.—Mystification d’unMarabout.—L’Arabe sous sa tente, etc. etc.—Retour enFrance.—Conclusion

[356]

Un cours de miracles.—S’enfoncer un poignard dans la joue;—Mangerdes feuilles de figuier de Barbarie;—Se mettre le ventresur le côté tranchant d’un sabre;—Jouer avec des serpents;—Sefrapper le bras, en faire jaillir du sang, et le guérir instantanément;—Mangerdu verre pilé;—Avaler des cailloux, destessons de bouteille, etc.;—Marcher sur du fer rouge, et se passerla langue sur une plaque rougie à blanc

[406]

Gravures et description des expériences

[421]
FIN DE LA TABLE.

Imp. Lechene, à Blois.