Les bas-reliefs encore existants sur les parois de droite et de gauche du pronaos, ainsi que sur la façade du temple formant le fond de ce même pronaos, appartiennent tous au règne d'Épiphane. Tous se rapportent aux déesses Hathôr et Thmeï, ainsi qu'aux grandes divinités de Thèbes et d'Hennonthis.

On a divisé le naos en trois salles contiguës; ce sont trois véritables sanctuaires: celui du milieu, ou le principal, entièrement sculpté, contient des tableaux d'offrandes à tous les dieux adorés dans le temple, les deux triades précitées, et principalement aux déesses Hathôr et Thmeï, qui paraissent dans presque toutes les scènes. Aussi n'est-il question que de ces deux divinités dans les dédicaces du sanctuaire, inscrites sur les frises de droite et de gauche au nom de Ptolémée Philopator:

«L'Hôrus soutien de l'Égypte, celui qui a embelli les temples comme Thôth deux fois grand, le seigneur des panégyries comme Phtah, le chef semblable au soleil, le germe des dieux fondateurs, l'éprouvé par Phtah, etc.; le fils du soleil, Ptolémée toujours vivant, bien-aimé d'Isis, l'ami de son père (Philopator), a fait cette construction en l'honneur de sa mère Hathôr, la rectrice de l'Occident.» (Dédicace de gauche.)

Presque toutes les sculptures de ce premier sanctuaire remontent au règne de Philopator, qu'on y voit suivi de sa femme Arsinoé adorant les deux déesses; deux seuls tableaux portent l'image de Ptolémée Épiphane, fils et successeur de Philopator. On lit enfin sur les parois de droite et de gauche l'inscription suivante, relative à des embellissements exécutés sous le règne postérieur, celui d'Évergète II et de ses deux femmes:

«Bonne restauration de l'édifice, exécutée par le roi, germe des dieux lumineux, l'éprouvé par Phtah, etc., Ptolémée toujours vivant, etc., par sa royale soeur, la modératrice souveraine du monde, Cléopâtre, et par sa royale épouse, la modératrice souveraine du monde, Cléopâtre, dieux grands chéris d'Amon-Ra.»

C'est à la déesse Hathôr qu'appartenait plus spécialement le sanctuaire de droite; cette grande divinité y est représentée sous des formes variées, recevant les hommages des rois Philopator et Épiphane; les dédicaces des frises sont faites au nom de ce dernier.

Le sanctuaire de gauche fut consacré à la déesse Thmeï, la Dicé et l'Alété des mythes égyptiens; aussi tous les tableaux qui décorent cette chapelle se rapportent-ils aux importantes fonctions que remplissait cette divinité dans l'Amenti, les régions occidentales ou l'enfer des Égyptiens.

Les deux souverains de ce lieu terrible, où les âmes étaient jugées, Osiris et Iris, reçoivent d'abord les hommages de Ptolémée et d'Arsinoé, dieux Philopators; et l'on a sculpté sur la paroi de gauche la grande scène de la psychostasie. Ce vaste bas-relief représente la salle hypostyle (Oskh) ou le prétoire de l'Amenti, avec les décorations convenables. Le grand juge Osiris occupe le fond de la salle; au pied de son trône s'élève le lotus, emblème du monde matériel, surmonté de l'image de ses quatre enfants, génies directeurs des quatre points cardinaux.

Les quarante-deux juges assesseurs d'Osiris sont aussi rangés sur deux lignes, la tête surmontée d'une plume d'autruche, symbole de la justice: debout sur un socle, en avant du trône, le Cerbère égyptien, monstre composé de trois natures diverses, le crocodile, le lion et l'hippopotame, ouvre sa large gueule et menace les âmes coupables; son nom, Téouôm-énément, signifie la dévoratrice de l'Occident ou de l'enfer. Vers la porte du tribunal paraît la déesse Thmeï dédoublée, c'est-à-dire figurée deux fois, à cause de sa double attribution de déesse de la justice et de déesse de vérité; la première forme, qualifiée de Thmeï, rectrice de l'Amenti (la vérité), présente l'âme d'un Égyptien, sous les formes corporelles, à la seconde forme de la déesse (la justice), dont voici la légende: «Thmeï qui réside dans l'Amenti, où elle pèse les coeurs dans la balance; aucun méchant ne lui échappe.» Dans le voisinage de celui qui doit subir l'épreuve on lit les mots suivants: «Arrivée d'une âme dans l'Amenti.»

Plus loin s'élève la balance infernale; les dieux Hôrus, fils d'Isis, à tête d'épervier, et Anubis, fils d'Osiris, à tête de chacal, placent dans les bassins de la balance, l'un le coeur du prévenu, l'autre une plume, emblème de justice: entre le fatal instrument qui doit décider du sort de l'aine et le trône d'Osiris, on a placé le dieu Thôth ibiocéphale, «Thôth le deux fois grand, le seigneur de Schmoun (Hermopolis Magna), le seigneur des divines paroles, le secrétaire de justice des autres dieux grands dans la salle de justice et de vérité.» Ce greffier divin écrit le résiliât de l'épreuve à laquelle vient d'être soumis le coeur de l'Égyptien défunt, et va présenter son rapport au souverain juge.