2° Des réparations faites vers l'an 392 avant notre ère aux colonnes d'ordre protodorique qui soutiennent les plafonds des galeries, sous le Pharaon Mendésien Acoris. On a employé pour cela des pierres provenant d'un petit édifice construit par la princesse Neitocris, fille de Psammétichus II;

3° Toutes les sculptures des façades supérieures sud et nord exécutées sous le règne de Rhamsès-Méiamoun, au XVe siècle avant notre ère.

Ces derniers embellissements, les plus anciens et les plus notables de tous, avaient été ordonnés sans doute pour lier, par la décoration, le petit palais de Moeris avec le grand palais de Rhamsès-Méiamoun, qui, avec ses attenances, couvre presque toute la butte de Médinet-Habou.

C'est ici en effet qu'existent les ouvrages les plus remarquables de ce Pharaon, l'un des plus illustres parmi les souverain de l'Égypte, et dont les exploits militaires ont été confondus avec ceux de Sésostris ou Rhamsès le Grand, par les auteurs anciens et par les écrivains modernes.

Un édifice d'une médiocre étendue, mais singulier par ses formes inaccoutumées, le seul qui, parmi tous les monuments de l'Égypte, puisse donner une idée de ce qu'était une habitation particulière à ces anciennes époques, attire d'abord les regards du voyageur. Le plan qu'en ont publié les auteurs de la grande Description de l'Égypte pourra donner une idée exacte de la disposition générale de ces deux massifs de pylônes unis à un grand pavillon par des constructions tournant sur elles-mêmes en équerre; je ne dois m'occuper que des curieux bas-reliefs et des inscriptions sculptées sur toutes les surfaces.

L'entrée principale regarde le Nil; on tourne d'abord deux grands massifs formant une espèce de faux pylône, ensevelis en partie sous des buttes provenant des débris d'habitations modernes. Vers le haut règne une frise anaglyphique composée des éléments combinés de la légende royale du Rhamsès fils aîné et successeur immédiat de Rhamsès-Méiamoun, «Soleil, gardien de vérité, éprouvé par Ammon.» On remarque de plus, sur ces massifs, des tableaux d'adoration de la même époque, et deux fenêtres portant sur leur bandeau le disque ailé de Hat, et sur leurs jambages les légendes royales de Rhamsès-Méiamoun, «Soleil, gardien de vérité et ami d'Ammon.»

La porte qui sépare ces constructions appartient au règne d'un troisième Rhamsès, le second fils de Méiamoun, «le soleil seigneur de vérité, aimé par Ammon.»

Dans l'intérieur de cette petite cour s'élèvent deux massifs de pylônes, ornés, ainsi que les construction qui les unissent au grand pavillon, de frises anaglyphiques portant la légende du fondateur, Rhamsès-Méiamoun, et de bas-reliefs d'un grand intérêt, parce qu'ils ont trait aux conquêtes de ce Pharaon.

La face antérieure du massif de droite est presque entièrement occupée par une figure colossale du conquérant levant sa hache d'armes sur un groupe de prisonniers barbus dont sa main gauche saisit les chevelures; le dieu Amon-Ra, d'une stature tout aussi colossale, présente au vainqueur la harpe divine en disant: «Prends cette arme, mon fils chéri, et frappe les chefs des contrées étrangères!»

Le soubassement de ce vaste tableau est composé des chefs des peuples soumis par Rhamsès-Méiamoun, agenouillés, les bras attachés derrière le dos par les liens qui, terminés par une houppe de papyrus ou une fleur de lotus, indiquent si le personnage est un Asiatique ou un Africain.