Bosman dit que le commerce consiste, comme à Rio-Gabon, en ivoire, en cire et en miel, qui est en fort grande abondance, dans le pays.
LIVRE VI.
CONGO. CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. HOTTENTOTS. MONOMOTAPA.
CHAPITRE PREMIER.
Congo.
Si l'on considère, avec les géographes, le royaume de Congo dans toute son étendue, elle comprend depuis l'équateur jusqu'au 16e. degré de latitude sud. On lui donne environ neuf cent cinquante milles de longueur du nord au sud, et sept cents de largeur de l'ouest à l'est.
Ses bornes au nord sont les pays de Gabon et de Pongo; à l'est, le royaume de Mokokos ou d'Anzibo, celui de Matamba et le territoire des Iaggas-Kasangis; au sud, le même territoire, le pays de Mouzoumbo, Akalounga, et celui de Mataman, dans la région des Cafres; à l'ouest, l'Océan occidental ou atlantique; mais ces côtes forment un arc dont les deux extrémités sont le cap de Sainte-Catherine et le cap Nègre, l'un au nord, et l'autre au sud, tout deux célèbres chez les navigateurs.
Sous ce point de vue, le Congo peut être divisé en quatre principales parties, qui sont autant de grands royaumes: 1o. Loango; 2o. Congo, proprement dit; 3o. Angole; 4o. Benguéla: ces quatre royaumes s'étendent du nord au sud; celui de Loango, qui est le plus septentrional, a le pays de Gabon au nord, Mokoko ou Anzibo à l'est, et le fleuve du Zaïre au sud.
Lopez prétend que le royaume de Loango, habité par les Bramas, commence, du côté du nord, à l'équateur, et s'étend de la côte dans l'intérieur des terres l'espace de deux cents milles, en comprenant dans ses bornes le golfe de Lopez-Consalvo. Ces pays sont peu connu des Européens, à l'exception de quelques places le long de la côte. De tous les voyageurs dont les relations ont été publiées, Battel est celui qui traite l'article de Loango avec le plus d'étendue; il s'accorde même fort exactement avec Bruno et Dapper, quoiqu'il déclare qu'il ne les a jamais lus.
La province de Mayomba, dans le royaume de Loango, est si couverte de bois, qu'on y peut voyager à l'ombre sans être jamais incommodé par la chaleur du soleil. On n'y trouve ni blé, ni aucune sorte de grain. Les habitans se nourrissent de bananes, de racines et de cocos. N'étant pas mieux fournis de volaille et de bestiaux que de blé, ils ne connaissent d'autre chair que celle des éléphans et des bêtes féroces; mais leurs rivières fournissent du poisson en abondance.