L'hiver commence au mois de mars, lorsque le soleil entre dans les signes du nord, et l'été au mois de septembre, lorsque le soleil passe dans les signes du sud. Il ne tombe jamais de pluie pendant l'été; mais elle dure sans interruption pendant les mois d'avril, mai, juin, juillet et août, qui composent l'hiver. Les beaux jours du moins y sont fort rares. On est surpris de la force des pluies et de la grosseur des gouttes. Lorsque les terres sont bien abreuvées, toutes les rivières s'enflent et répandent leurs eaux dans les pays voisins. Les premières pluies commencent ordinairement le 15 avril, et quelquefois plus tard. De là vient que ces nouvelles eaux du Nil, qui sont attendues avec tant d'impatience en Égypte, arrivent plus tôt ou plus tard.
Dans toutes ces contrées, les vents d'hiver soufflent depuis le nord jusqu'à l'ouest, et depuis le nord jusqu'au nord-est. Ils ont été nommés par les Portugais vents généraux; ce sont les mêmes que les Romains nommaient étésiens, et qui soufflent en été dans l'Italie. Ils poussent avec beaucoup de force les nues vers les grandes montagnes, où, se rassemblant et se trouvant pressées, elles se condensent beaucoup. À l'approche de la pluie, elles paraissent comme perchées au sommet de ces montagnes; et de là viennent les inondations du Nil, du Sénégal et des autres rivières, qui se déchargent dans les mers orientales et occidentales.
Pendant l'été du pays, qui est l'hiver de Rome, les vents soufflent depuis le sud jusqu'au sud-est. En nettoyant les parties méridionales du ciel, ils poussent la pluie vers les régions du nord. Leur effet le plus salutaire est de répandre la fraîcheur dans toutes ces contrées; sans quoi il serait impossible de résister à des chaleurs si excessives, que, pendant la nuit même, on est contraint de suspendre au-dessus de soi deux couvertures pour se garantir de l'embrasement de l'air. Les voyageurs remarquent aussi qu'il ne tombe jamais de neige à Congo et dans les pays voisins, et qu'on n'en aperçoit point au sommet des plus hautes montagnes, excepté vers le cap de Bonne-Espérance et sur quelques autres monts que les Portugais ont nommés Sierra-Névada ou Monts de neige. Mais on ne vante point cette propriété du pays comme un avantage; car un peu de neige ou de glace paraîtrait à Congo plus précieux que l'or.
On trouve, dit-on, dans le royaume de Congo des mines de divers métaux, sans en excepter l'or et l'argent; mais les habitans ont toujours refusé de les découvrir aux étrangers.
Le cuivre y est fort commun, surtout dans la province de Pemba, près de la ville du même nom. La teinte de jaune est si forte dans certaines roches, qu'on les a prises pour de l'or. Sogno n'en est pas moins rempli; et son cuivre étant encore meilleur que celui de Pemba, on en fabrique à Loanda les bracelets et les anneaux que les Portugais transportent à Callabar, à Kiodelkey, et dans d'autres lieux. Linschoten assure que Bamba a des mines d'argent et de quelques autres métaux. Il place à l'est de Sounda des mines de cristal et de fer. «Les dernières, dit-il, sont les plus estimées des Nègres, parce qu'ils font de ce métal des couteaux, des épées et d'autres armes.»
Les montagnes de Congo renferment en plusieurs endroits différentes sortes de très-belles pierres, dont on pourrait faire des colonnes, des chapiteaux et des bases d'une telle grandeur, que, si l'on eh croit Lopez, on y couperait facilement une église d'une seule pièce, et de la même pierre que l'obélisque romain de la Porta del Popolo. On y trouve des monts entiers de porphyre, de jaspe et de marbre de différentes couleurs, qui portent à Rome le nom de marbres de Numidie, d'Afrique et d'Éthiopie, dont on voit quelques piliers dans la chapelle du pape Grégoire. Les mêmes montagnes ont une pierre marquetée dans laquelle il se trouve de fort belles hyacinthes, c'est-à-dire que les raies ou les veines qui sont distribuées par tout le corps peuvent en être tirées comme les pépins d'une grenade, et tombant alors en petites pièces du plus parfait hyacinthe; mais on ferait de la masse entière des colonnes d'une beauté merveilleuse.
Enfin les montagnes de Congo renferment d'autres espèces de pierres rares qui paraissent imprégnées de cuivre et d'autres métaux. Elles prennent le plus beau poli du monde, et sont d'un usage admirable pour la sculpture.
Ce grand royaume produit régulièrement chaque année deux moissons. On commence à semer au mois de janvier pour recueillir au mois d'avril. La chaleur recommence au mois de septembre, et rend les terres propres à recevoir de nouvelles semences, qui offrent une moisson abondante au mois de décembre.
La, terre est noire et féconde comme les femmes qui la cultivent.
Dans le royaume d'Angole, le pain se fait de la racine, de manioc; les habitans la nomment mandioca.