[4: Voici cet acte de décès, dont je dois la copie à M. le maire de Saint-Aubin-sur-Gaillon, et que je crois inédit:
«Aujourd'hui, dixième jour de nivôse, l'an huitième de la République françoise, une et indivisible, à dix heures du matin; par devant moi, Jean-Baptiste Crepel, agent municipal de la commune de Saint-Aubin-sur-Gaillon, chargé par la Loi de recevoir les actes de naissance et décès des citoyens, sont comparus les citoyens Antoine-Félix Baroche, notaire public, âgé de cinquante-cinq ans, domicilié en la commune de Gaillon, et René Lemonnier, juge de paix, âgé de cinquante-cinq ans, domicilié en la commune de Saint-Aubin, amis du citoyen Jean-François Marmontel, homme de lettres, âgé de soixante-seize ans, époux de Marie-Adélaïde Lairin-Montigny, domicilié en ladite commune, né en la commune de Bort; lesquels, Antoine-Félix Baroche et René Lemonnier, m'ont déclaré que ledit Jean-François Marmontel est mort aujourd'hui à minuit, en son domicile, section d'Habloville. D'après cette déclaration, je me suis sur-le-champ transporté au lieu de ce domicile, je me suis assuré du décès dudit Jean-François Marmontel, et j'en ai dressé le présent acte, que Antoine-Félix Baroche et René Lemonnier ont signé avec moi.
Fait à Saint-Aubin-sur-Gaillon, les jour, mois et an ci-dessus.»
(Suivent les signatures.) ]
[5: La Petite Revue anecdotique, 25 février 1868.]
[6: «Natif de Bort en Limousin, et d'une famille obscure et pauvre, Marmontel fut dès l'enfance placé chez un curé qui était son parent, et qui lui apprit un peu de latin. Ne s'étant pas bien comporté chez cet ecclésiastique, son père lui fit apprendre le métier de tailleur. Il vint à Toulouse et entra en qualité de garçon chez Lamanière, tailleur des jésuites. Un jour, en portant un habit à un pensionnaire, il le trouva occupé à un thème dont il ne pouvait venir à bout. Marmontel s'approcha, lut l'ouvrage de l'enfant, et lui fit connaître ses fautes. «Puisque vous savez le latin, lui dit l'écolier, faites-moi le plaisir d'arranger ce thème.» Marmontel fit des corrections élégantes. Le préfet de l'enfant, peu accoutumé à tant de perfection de sa part, lui dit: «Mon ami, qui a fait ce thème?—Le garçon tailleur, répondit l'enfant.—Oh! parbleu, je veux le connaître, dit le jésuite.» Il le mande, lui parle, est satisfait de lui, et lui propose de reprendre ses études. Marmontel y consent, et, pour lui donner les moyens de subsister, il le place en qualité de précepteur dans une maison bourgeoise. Dès lors, il prit un goût décidé pour les belles-lettres, et, pendant son cours de philosophie et de droit, il s'associa aux d'Auffrery, aux Forest, aux Dutour, aux Revel, et ils formèrent ensemble l'Académie des Galetas [la Petite Académie], où ils rectifiaient leurs compositions réciproques. Il travailla avec eux pour les Jeux floraux et remporta une foule de prix. Voulant aller se perfectionner dans la capitale, M. de Mondran, l'ami des talents et des artistes, lui donna une lettre de recommandation pour son gendre, La Popelinière, fermier général, qui se piquait de littérature, et qui le garda longtemps chez lui avec distinction.»
Taverne est le seul qui ait ainsi conté les débuts de Marmontel, et je reproduis son récit tel quel, sans m'en porter garant. Il se termine d'ailleurs par une erreur manifeste: M. de Mondran ne devint le beau-père de La Popelinière qu'en 1759, près de quinze ans après l'arrivée de Marmontel à Paris.]
[7: Le théâtre du Vaudeville donna encore, le 23 janvier 1813, Marmontel et Thomas, ou la Parodie de Cinna, vaudeville en un acte. «Il n'y a dans cet ouvrage, dit le Magasin encyclopédique, après avoir rappelé l'épisode qui en avait fourni le sujet, ni ce qui provoque une chute, ni ce qui justifie un succès. Le public, qui l'avait entendu avec une paisible indulgence, n'a pas vu sans surprise la toile se lever et Vertpré venir proclamer le nom de M. Dumolard.» Celui-ci l'a gardé en portefeuille.]
[8: Voir dans le Mercure de France du 8 nivôse an XIII, (29 décembre 1804) un article violent, presque grossier, de Fiévée contre Marmontel et ses contemporains, article cité et réfuté par le Publiciste du 13 fructidor (31 août 1805). Voir aussi la Décade philosophique, tome 43 (an XIII, 1er trimestre), p. 567, et tome 44, p. 27-37.]
[9: J'ai copié ce fragment de lettre dans la partie restée inédite du manuscrit de la Correspondance littéraire, appartenant à la Bibliothèque Ducale de Gotha.]