[314] Ce passage emprunté par le chroniqueur de Valenciennes dans ses deux premières rédactions à Jean le Bel, fournit une nouvelle preuve que le chanoine de Liége ignorait complétement la véritable position de Dinan. Froissart a pris soin de faire disparaître cette erreur grossière dans sa troisième rédaction. D'après cette rédaction, Gautier de Mauny ne se mit point à la poursuite de Louis d'Espagne et revint tout droit à Hennebont d'où il alla assiéger la Roche-Piriou (v. p. 391 et 396), tandis que Louis d'Espagne, après une nuit de navigation, venait aborder «à Grède, au plus proçain port de Vennes et de Rennes.» Nous avons eu l'occasion de faire ressortir plus haut (p. XXXVI, note 1) l'importance de ces dernières lignes qui semblent indiquer que Froissart identifie Grède ou Gredo avec Redon.

[315] Morbihan, arr. Napoléonville, sur l'Ellé.

[316] La distance entre la Roche-Piriou, à l'est du Morbihan, et Dinan, à l'ouest des Côtes-du-Nord, est beaucoup trop considérable pour que, même à cheval, on puisse faire le trajet en une nuit; mais, nous le répétons, Jean le Bel auquel ces détails sont empruntés, ne se faisait pas la moindre idée de la position exacte de Dinan.

[317] On lit Glay la Forest dans Jean le Bel (v. t. I, p. 306, éd. Polain). Ici encore Froissart a corrigé dans sa troisième rédaction une erreur géographique commise d'après Jean le Bel dans les deux rédactions précédentes. Dans celles-ci, en effet, notre chroniqueur disait que Gautier de Mauny avait trouvé Ghoy le Forest sur son chemin en revenant du Faouët à Hennebont, comme si Ghoy le Forest était placé entre ces deux localités (v. p. 166, 167 et 400). Froissart mieux informé a soin de faire remarquer dans la troisième rédaction que Gautier de Mauny se détourna du chemin d'Hennebont pour mettre le siége devant Ghoy le Forest: «Quant mesires Gautiers de Mauni et sa route se furent departi de Fauet, il n'alèrent pas le droit cemin pour retourner à Hainbon, mais s'adrechièrent vers Goi le Forest.» P. 401. Il est vrai que le chroniqueur retombe dans une autre erreur lorsqu'il ajoute que Gautier de Mauny, après avoir pris Goy la Forest, rentra ce jour même à Hennebont, à moins que Goy ne soit une corruption du breton Coët qu'on aura joint, par une sorte de tautologie assez fréquente dans les noms de lieu, à sa traduction française la Forest. Dans cette hypothèse, Goy-la-Forest pourrait désigner le château de Coët situé à 10 kilomètres nord-est d'Hennebont dans la commune de Languidic, qui, d'après M. de La Borderie, si versé dans la géographie féodale de la Bretagne, était au moyen âge le chef-lieu d'une seigneurie investie du droit de haute justice.

[318] Cf. Jean le Bel, chap. LVIII à LX, t. I, p. 307 à 317.

[319] Finistère, arr. Châteaulin.

[320] Froissart, en supposant ici l'année 1342 près de finir, semble placer en 1343 les faits dont le récit va suivre, par exemple, l'arrivée de Robert d'Artois, puis celle d'Édouard III en Bretagne, tandis qu'en réalité ces événements appartiennent à l'année 1342.

[321] Côtes-du-Nord, arr. Dinan. Il ne reste rien aujourd'hui de la redoutable forteresse qui avait donné lieu au proverbe:

Qui a Bretagne sans Jugon
A chape sans chaperon.

[322] On ne trouve ni dans le recueil de Rymer ni ailleurs aucune mention d'une trêve qui aurait été conclue à cette date entre Charles de Blois et la comtesse de Montfort. Froissart veut peut-être parler, ainsi que Dacier l'a supposé, de l'armistice arrêté entre les deux parties au commencement de cette année 1342 pour durer jusqu'au retour de la belle saison. V. Hist. de Bretagne, par dom Morice, t. I, p. 254.