[304] Cette mention d'un Dinan, voisin du Conquet, entouré seulement d'eau et de palissades, rapprochée d'un passage précédent où Froissart dit que la Roche-Piriou est à moitié chemin de Vannes et de Dinan, cette mention, dis-je, nous avait fait penser au premier abord que le Dinan dont il s'agit ici pouvait être identifié avec le petit port de Dinan situé sur l'anse du même nom au sud de la grande rade de Brest (aujourd'hui hameau de la commune de Crozon, Finistère, arr. Châteaulin). Mais à moins qu'on ne prouve que le Dinan du Finistère avait une certaine importance au XIVe siècle, il est plus naturel de supposer que Jean le Bel et Froissart ignoraient la véritable position du Dinan des Côtes-du-Nord.

[305] Les circonstances du récit de Froissart ne permettent guère d'identifier Conquest avec le Conquet, Finistère, arr. Brest, c. Saint-Renan. D'un autre côté, tous les historiens de la Bretagne racontent que le Conquet fut pris par les Français en 1341 et repris au commencement de 1342 par Gautier de Mauny. V. notamment le Dictionnaire historique de Bretagne, par Ogée, au mot Conquet. «Il n'est guère possible, dit Dacier à propos de ce passage, que Louis d'Espagne ait rencontré sur sa route, en allant d'Auray à Dinan qui est à l'orient, à une assez grande distance, le château du Conquet situé à la pointe occidentale de la Bretagne. Il n'est guère plus possible que Gautier de Mauny se soit transporté avec une troupe nombreuse en une matinée de Hennebont au Conquet près de Brest, c'est-à-dire, à plus de trente lieues, comme Froissart va le raconter. L'historien ignorait donc la position des lieux dont il a parlé, à moins qu'on ne suppose, ce qui n'est pas très-vraisemblable, qu'il existe un autre château du Conquet que celui que nous connaissons.» Chroniques de Froissart, éd. Dacier, p. 198. M. Kervyn de Lettenhove (t. IV, p. 438 de son édition) identifie Conquest avec Concoret, Morbihan, arr. Ploërmel, c. Mauron. «Froissart, dit l'éditeur belge, a pu faire de Conquest Concoret.» Au point de vue phonétique, cette identification nous semble inadmissible.

[306] Jean le Bel, d'après la lecture de M. Polain, appelle ce chevalier Martin (v. t. I, p. 296); Froissart, dans ses rédactions 1re (v. p. 155) et 3e (v. p. 381) le nomme Mansion, et dans la 2e (v. p. 379) Garsion.

[307] Jean le Bel auquel Froissart a emprunté ce récit dit que Gautier de Mauny et ses compagnons arrivèrent au château de Conquest «entre midi et nonne» Chronique de Jean le Bel, éd. Polain, t. I, p. 296.

[308] Guérande est à 5 kilomètres de l'Océan, mais cette ville n'étant séparée de la mer que par d'immenses marais salants, Jean le Bel et Froissart ont pu dire qu'elle est «sur mer» ou «sur le flun de le mer.»

[309] Froissart veut sans doute désigner le golfe ou havre au sud duquel se trouve l'excellent port du Croisic.

[310] Ce bourg situé au pied de la cité est ce qu'on appelle à Vannes la ville basse; la cité est la ville haute. Les lecteurs de Froissart remarqueront que dans la langue de ce chroniqueur le terme de cité ne s'applique guère qu'aux villes épiscopales.

[311] Cf. Jean le Bel, chap. LVIII, t. I, p. 301 à 307.

[312] Aujourd'hui hameau de la commune de Plougonvelin, Finistère, arr. Brest, c. Saint-Renan. La pointe de Saint-Mathieu où l'on voit les ruines de l'abbaye du même nom est l'un des trois promontoires les plus occidentaux de France: d'où le département où se trouvent ces promontoires a reçu le nom de Finistère. Saint-Mathieu-de-Fine-Poterne est sans doute une corruption bizarre de l'ancien nom du hameau dont il s'agit: Saint-Mathieu-Fin-de-Terre.

[313] La 2e rédaction dit: «en l'ille de Camperli.» Il n'y a pas, que nous sachions, d'île de Quimperlé. Froissart désigne peut-être ainsi la presqu'île formée par le confluent de l'Ellé et de l'Isole.