[294] Philippe de Valois ne consentit à remettre en liberté le comte de Salisbury qu'à la condition qu'il jurerait de ne porter jamais les armes contre la France. Le comte sollicita la permission de faire ce serment, et Édouard la lui accorda par lettres datées du 20 mai 1342. Par conséquent, le comte de Salisbury ne put être de retour en Angleterre que vers le commencement du mois de juin au plus tôt. V. Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1195.
[295] Cf. Jean le Bel, chap. LII à LVII, t. I, p. 277 à 295.
[296] Le voyage d'Amauri de Clisson en Angleterre doit être peu antérieur au 10 mars 1342. Le 10 mars 1342, Édouard III ordonne une levée de cent hommes d'armes et de neuf cents hobbiliers (hommes d'armes de cavalerie légère, de hobby) en Irlande et charge Gautier de Mauny de prendre possession en son nom de toutes les forteresses de Bretagne qu'Amauri de Clisson, tuteur de l'héritier du duché, s'est engagé à lui remettre. Le roi d'Angleterre reconnaît par deux autres actes, datés aussi du 10 mars 1342, que Gautier de Mauny a reçu d'Amauri de Clisson un subside de mille livres sterling et envoie en Bretagne, comme il a été convenu avec les messagers bretons, de assensu nunciorum Britaniæ, ad nos in Angliam destinatorum, des monnayeurs chargés de convertir la monnaie anglaise en monnaie bretonne. V. Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1188 et 1189.
[297] Morbihan, arr. Lorient, sur le Blavet navigable en aval d'Hennebont pour les navires de moyenne grandeur. Le 13 juin 1342, «en noz tentes devant la ville de Hambont» Charles de Blois donne à Ayton Doire (Doria), damoiseau, en récompense de ses services dans la guerre de Bretagne, les châteaux de Châteaulin et de Brélidy et toute la terre confisquée sur Yvon de Trésiguidy pour crime de forfaiture. Arch. de l'Empire, JJ. 74, p. 685.
[298] Jean le Bel, dont Froissart reproduit ici le texte, appelle ce château Brayt qu'on peut lire Brayc à cause de la ressemblance du t et du c dans l'écriture du XIVe siècle: «elle s'en rala par une aultre voye droit au chastel de Brayc qui estoit A QUATRE LIEUES de là.» (Chronique de Jean le Bel, éd. Polain, t. I, p. 284). Jean le Bel ajoute quelques lignes plus bas et Froissart répète que Jeanne de Montfort, partie à minuit de Brayc, rentra au point du jour à Hennebont. Aucune de ces circonstances ne convient à Brest qu'une distance de plus de trente lieues sépare d'Hennebont. Les anciens compagnons d'armes de Charles de Blois, de Jeanne de Montfort, de qui Jean le Bel et Froissart tenaient le récit de cette affaire, ont sans doute voulu désigner Brech (Morbihan, arr. Lorient, c. Pluvigner), situé en effet à environ quatre lieues anciennes d'Hennebont, sur la voie romaine d'Hennebont à Vannes. Il appartient aux érudits qui ont fait une étude spéciale de la géographie féodale de la Bretagne, de nous dire, pour confirmer notre conjecture, s'il y avait à Brech un château fort au XIVe siècle.
[299] Morbihan, arr. Lorient.
[300] Aujourd'hui hameau de la commune de Priziac, Morbihan, arr. Napoléonville, c. le Faouët. On lit dans le Dictionnaire topographique du Morbihan, par M. Rosenzweig, p. 236: «Roche-Piriou, vill. et moulin à eau sur le Pont-Rouge, comm. de Priziac; pont sur l'Ellée, reliant Priziac et Meslan.—Seigneurie.» L'identification du Rocheperiot de Froissart avec Roche-Piriou peut être faite avec certitude puisque le chroniqueur dit lui-même un peu plus loin (v. p. 164) que Rocheperiot ou Roceperiot est situé à moins d'une lieue du Faouët. Roche-Piriou était le chef-lieu d'une châtellenie qui dépendait de la grande seigneurie de Guémené, érigée en principauté en 1570. Le dernier jour de mai 1377, le vicomte de Rohan acquit de Jean de Longueval «les châteaux, châtellainies et terroers de Guemenetguinguant et de la Rocheperriou.» D. Morice, Preuves de l'histoire de Bretagne, t. II, p. 178. Un acte d'hommage de 1575 rendu par Louis de Rohan mentionne encore «l'aplacement de l'ancienne forteresse de son chasteau de la Roche-Periou.» (Archives de Nantes; note communiquée à M. Kervyn par M. Arthur de La Borderie.)
[301] Mâlain, Côte-d'Or, arr. Dijon, c. Sombernon.
[302] Entre Guillaume III, évêque en 1335 et Guillaume IV, évêque en 1349, l'éditeur du XIVe volume du Gallia Christiana place Yvon III de Trésiguidy auquel il consacre l'article suivant: «Yvo sæculari militiæ primo nomen dederat et sub Joannis Montifortensis vexillis contra Carolum Blesensem pugnaverat. Dein, deposito gladio, sacris initiatus est creatusque Leonensis episcopus. Carolo Blesensi, susceptis infulis, amicus fuit anno 1342 apud Suaresium.» Gallia Christiana, t. XIV, ed. Hauréau, col. 978. Admis par M. Hauréau d'après Suarez, Yvon III de Trésiguidy est rejeté par Ogée qui ne propose d'ailleurs personne à sa place: «Quelques-uns donnent pour successeur à Pierre Bernard un Yves de Trésiguidy qui ne paraît pas admissible.» Dict. hist. de Bretagne, par Ogée, t. IV, p. 371. Enfin, d'après M. Kervyn (t. IV de son édition des Chroniques de Froissart, p. 436, en note), Gui de Léon aurait succédé comme évêque de Léon à Pierre de Guémené.
[303] Cf. Jean le Bel, chap. LVII, t. I, p. 295 à 299.