CHAPITRE LI.
1342. ROBERT D’ARTOIS EN BRETAGNE[1] (§§ [181] à [192]).
Édouard III donne de grandes joutes à Londres en l’honneur de la comtesse de Salisbury[2] dont il est toujours épris. Douze comtes, huit cents chevaliers, cinq cents dames et pucelles assistent à ces joutes qui durent quinze jours.—Noms des principaux chevaliers, tant d’Angleterre que d’Allemagne, de Flandre, de Hainaut et de Brabant.—Toutes les dames et les damoiselles s’y montrent parées de leurs plus beaux atours, sauf la comtesse de Salisbury qui s’y rend dans le plus simple appareil, tant elle désire ne pas attirer sur elle les regards du roi d’Angleterre. Jean, fils aîné de Henri vicomte de Beaumont d’Angleterre, périt dans une de ces joutes de la main du comte de Hainaut. P. [1] à [3], [197] à [201].
Édouard III envoie l’évêque de Lincoln proposer une trêve de deux ans au roi David d’Écosse qui, après l’avoir d’abord refusée, finit par l’accepter du consentement du roi de France son allié[3]. P. [4] à [7], [201] à [207].
Sur les instances de Jeanne de Flandre, comtesse de Montfort, qui a profité de la trêve[4] conclue entre elle et Charles de Blois pour aller en Angleterre demander du secours[5], Édouard III donne à cette princesse son alliée une armée de mille hommes d’armes et de deux mille archers sous les ordres de Robert d’Artois, pour retourner en Bretagne. La flotte qui porte cette armée se compose de trente six vaisseaux grands et petits; en quittant l’île de Guernesey, elle se rencontre avec une flotte au service du roi de France que commandent Louis d’Espagne, Charles Grimaldi et Ayton Doria. La flotte française ne se compose que de trente deux vaisseaux espagnols montés par mille hommes d’armes et trois mille Génois; mais parmi ces trente deux vaisseaux il y a neuf galées, dont trois plus fortes que les autres et montées par les trois amiraux en personne. Louis d’Espagne, qui veut prendre sa revanche de l’échec de Quimperlé, attaque les Anglais avec beaucoup d’impétuosité; toutefois l’action n’avait pu s’engager que dans l’après-midi, et une tempête qui survient, jointe à l’obscurité de la nuit, met fin à cette lutte et sépare les combattants. Les amiraux français, qui craignent d’être jetés à la côte avec leurs gros vaisseaux, gagnent à toutes voiles la haute mer, tandis que Robert d’Artois, chef de la flotte anglaise, réussit à jeter l’ancre dans un petit port, à quelque distance de Vannes[6]. P. [7] à [11], [206] à [211].
Pendant que Louis d’Espagne est poussé par les vents contraires jusque sur les côtes de Navarre et revient à grand peine à la Rochelle, puis à Guérande, après avoir capturé sur sa route quatre navires de Bayonne, la comtesse de Montfort et Robert d’Artois mettent le siége devant Vannes. Une forte garnison tient cette ville pour Charles de Blois sous les ordres de Hervé de Léon, d’Olivier de Clisson, des seigneurs de Tournemine et de Lohéac. Les Anglais pillent et brûlent tout le pays situé entre Dinan[7], la Roche-Piriou[8], Gouelet-Forest, la Roche-Bernard[9] et Suscinio[10]. Gautier de Mauny lui-même, après s’être tenu quelque temps à Hennebont, laissant cette forteresse sous la garde de Guillaume de Cadoudal, accourt sous les murs de Vannes avec Ivon de Trésiguidy, cent hommes d’armes et deux cents archers, pour renforcer les assiégeants. La ville est prise après un jour d’assaut, et Gautier de Mauny y entre le premier. Hervé[11] de Léon, Olivier de Clisson, les seigneurs de Tournemine, de Lohéac et les autres chevaliers du parti français n’ont pas le temps de se retirer dans le château, mais ils parviennent à se sauver. P. [11] à [16], [211] à [217].
Après la prise de Vannes, la comtesse de Montfort, Gautier de Mauny et Ivon de Trésiguidy rentrent à Hennebont, tandis que les comtes de Salisbury, de Pembroke, de Suffolk vont assiéger Rennes. Quatre jours avant l’arrivée des Anglais devant Rennes Charles de Blois avait quitté cette ville, y laissant bonne garnison et s’était rendu avec sa femme à Nantes[12]. P. [11] à [17], [211] à [220].
Hervé de Léon et Olivier de Clisson font appel à Robert de Beaumanoir, maréchal de Bretagne, et à tous les partisans de Charles de Blois, pour reprendre Vannes à Robert d’Artois. Pierre Portebeuf, capitaine de Dinan, leur amène mille hommes; le capitaine d’Aurai, deux cents; Gérard de Mâlain, châtelain de la Roche-Piriou, deux cents; Renier de Mâlain, châtelain du Faouët, cent; le sire de Quintin, capitaine de Quimper-Corentin, cinq cents. Robert d’Artois est bientôt assiégé dans Vannes par des forces qui ne s’élèvent pas à moins de douze mille hommes; il est blessé à un assaut et n’a que le temps de se sauver par une poterne pour chercher un refuge à Hennebont. Édouard Spencer, fils de Hugh Spencer, est aussi blessé à cet assaut et ne survit que trois jours à sa blessure. Quant à Robert d’Artois, il repasse en Angleterre pour se guérir, mais les fatigues de la traversée empirent sa situation, et il meurt à Londres[13], où Édouard III lui fait faire de magnifiques obsèques. P. [17] à [20], [220] à [224].
CHAPITRE LII.
1342 ET 1343. ÉDOUARD III EN BRETAGNE[14] (§§ [192] à [202]).