Qant tout furent venu, gens d’armes et archiers, qui compagnier devoient mesire Robert d’Artois et la contesse de Montfort, il entrèrent en lors vassiaus et puis se desancrèrent et se missent en mer, et orent si bonne aventure que onques ne veirent, ne trouvèrent, ne encontrèrent la navie des Geneuois et des Espagnols, des quels mesires Lois d’Espagne estoit chiés et conduisières, dont depuis il furent moult esmervelliet: et la cause pourquoi ce fu, je le vous dirai. Un petit avant ce que mesires Robers d’Artois et la contesse de Montfort se departesissent dou havene de Plumude, uns grans tourmens se mist sus mer, qui espardi tous ou en partie les vassiaus à mesire Lois d’Espagne et à Othon Doriie et à Toudou, et furent plus de quinse jours waucrant sus la mer et prendans terre de isle en isle, avant que il se peuissent tous remetre ensamble. Et en celle espasce la contesse de Montfort et mesire Robers d’Artois entrèrent en Bretagne, et prissent terre ou havene de Brest et de Hainbon, pour estre mieuls logiet à lor aise, dont messires Gautiers de Mauni et tout li compagnon orent grant joie de lor revenue. Fº 89.
P. [6], l. 22: Evruic.—Mss. A 1 à 6, 8 et 9, 11 à 14, 18 et 19: Bervich. Fº 101 vº.—Mss. A 20 à 23: Warwich, Fº 151.—Mss. A 23 à 29: Everuich. Fº 117 vº.
P. [7], l. 5: Hartecelle.—Mss. A 1 à 6: Harteselle. Fº 101 vº.—Mss. A 20 à 22: Hartesellée. Fº 151.—Mss. A 23 à 29: Hartevelle. Fº 117.
P. [7], l. 6: quatre cens.—Mss. A 8, 9, 11 à 17, 20 à 29: trois cens. Fº 93.—Mss. A 18, 19: à tout trois cens armeures de fier. Fº 102.
P. [7], l. 19 et 20: à l’encontre de Grenesie.—Mss. A 1 à 6: à l’encontre, en l’isle de Grenasie. Fº 101 vº.—Mss. A 18, 19: à l’entrée de Grenesie. Fº 102.—Mss. A 20 à 22: à l’endroit de Gravelinges. Fº 151 vº.
P. [7], l. 21 à 23: en trente.... revenue.—Mss. A 1 à 6: et trente deux gros vaisseaux espaignolz tous armez et tous fretez s’ancrèrent sur la mer, attendans leur venue. Fº 101 vº.
P. [7], l. 22: waucroient.—Mss. A 8, 9, 11 à 17, 20 à 22: s’ancroient. Fº 93.—Mss. A 18, 19: s’en entrèrent. Fº 102.
§ 185. P. [8], l. 3: Ensi.—Ms. d’Amiens: Ensi que messires Robiers d’Artois, li comtez de Pennebrucq, li comtez de Sallebrin et li signeur d’Engleterre et leurs gens, avoecq la comtesse de Montfort, nagoient par mer au léz deviers Bretaingne, et avoient vent à souhet, au departement de l’ille de Grenesie, à heure de relevée, il perchurent le grosse navie des Geneuois, dont messires Loeys d’Espaingne estoit chiéz. Dont dissent leur maronnier: «Seigneur, armés vous et ordonnés vous, car vechy Geneuois et Espagnols qui viennent et qui vous aprochent.» Lors sonnèrent li Englès leur trompettez et missent les bannierrez et les pignons de Saint Jorge hors dessus leurs mas, et chacuns barons par lui sa bannierre sus son vaissiel. Si s’ordonnèrent bien sagement et s’encloirent de leurs archiers, et puis nagièrent à plain voille enssi que li tamps là portoit; et pooient y estre environ trente six vaissiaux, que grans, que petis, mès nuls si grans, ne si fors de trop n’en y avoit que messires Loeys d’Espaingne en avoit neuf. Et entre ces neuf avoit trois gallées qui se remoustroient dessus tous lez autres; et en chacune de ces trois gallées estoient li trois corps des seigneurs, messires Loeys, messires Carlez, messires Othes. Si s’aprochièrent li vaissiel, et coummenchièrent Geneuois à traire de leurs arsbalestrez à grant randon, et li archier d’Engleterre ossi sour eux. Là eut grant tret des uns vaissiaux as autres, et qui longement dura, et maint homme navret et blechiet. Et quant li seigneur, li baron, li chevalier et li escuier s’aprochièrent, et qu’il peurent des lanches et des espées venir enssamble, adonc y eut dure bataille et crueuse, et trop bien s’i portoient et esprouvoient li ung et li autre. Là estoit messires Robers d’Artois, qui y fu très bon chevalier, et la comtesse de Montfort armée, qui bien valloit ung homme, car elle avoit coer de lion, et tenoit ung glaive moult roide et bien trenchant, et trop bien s’en combatoit et de grant couraige. Là estoit messires Loeis d’Espaigne en une gallée, comme bons chevaliers, qui vassaument et de grant vollenté requeroit et se combatoit as Englèz, car moult les desiroit à desconfire, pour lui contrevengier dou dammaige qu’il avoit euv et recheuv ceste propre année asés priès de là, ou camp de Camperli. Et y fist, ce sachiés, messires Loeys merveillez d’armes, et bien en avoit l’avantaige, car il estoit en ung vaissiel qui se remontroit deseure tous les autres, et si estoit si bons chevaliers par mer et par terre. Là eurent li baron et li chevallier d’Engleterre ung très dur encontre et perilleus, car il avoient affaire à forte gens, mais il avoient bons cappittainnes et seurs chevaliers, bien deffendans et bien assallans. Là eut fait mainte belle appertise d’armes, maint homme mort, navré et maint reversé en l’aige, qui oncques puis ne s’aidèrent. Si dura ceste bataille de relevée tout jusques au soir, toudis combatant, trayant, lanchant et grans appertises d’armes faisans. Si les convint sus le soir, par pure necessité, partir l’un de l’autre et ancrer, car la vesprée se couvri, et une noire nuée monta, qui l’air obscurchi durement. Lors se missent tout à l’ancre, et entendirent as blechiés et as navrés remuer, bendeler et remettre à point; et estoit leur entension que jammais de là ne partiroient, se seroit li une des parties desconfite. Fº 75 vº.
P. [8], l. 4: Salebrin.—Les mss. A 23 à 33 ajoutent: le conte de Sufforc, le conte de Kenfort, le baron de Stanfort, le seigneur Despensier, le seigneur de Boursier. Fº 118.
P. [8], l. 8: Grenesie.—Mss. A 1 à 6: Gresile. Fº 102.—Mss. A 8, 9: Grèce. Fº 93 vº.—Mss. A 15 à 17: Guenerre. Fº 103.—Mss. A 18, 19: Crète. Fº 102.