P. [71], l. 11 et 12: Là y ot pris.—Ms. B 6: Là fu prins le conte de Laille, le conte de Pierregothe, le conte de Quarmaing, le conte de Vallentinois, messires Charles de Poitiers, messires Aughos des Baus et plus de vingt deux, que contes, que viscontes, que barons de Gascongne, et bien cent et cinquante chevaliers. Et y eut mors desus la plache, que uns que aultres, plus de trois mille. Ceste bataille fut l’an mil trois cens quarante quatre, le vingt sixiesme jour du mois d’auoust. Fº 259.

P. [71], l. 16: desous.—Mss. A 23 à 29: devant. Fº 136.

§ 222. P. [71], l. 19: Apriès le desconfiture.—Ms. d’Amiens: Apriès ceste desconfiture, qui fu si grande et si grosse et si adammagable pour les Gascons, car il estoient là venut en grant estoffe et en bon arroy, si perdirent tout, tentez, tréz, pourveanches, armurez et touttez autres besoingnez, dont li Englèz furent tout riche. Che soir, entrèrent il en Auberoche en grant joie pour le belle journée qui leur estoit avenue; et donnèrent à soupper lez prisonniers, et les fissent tout aise dou leur meisme. L’endemain, au plus matin lever, vint li comtez de Pennebrucq à tout deux cens lanches et cinq cens archiers, qui riens ne savoit de ceste avenue. Et fu trop durement courouchiéz de ce qu’il n’y avoit estet, et dist au comte Derbi que il le dewist bien avoir attendu. Et li comtez s’escuza et dist qu’il ne peut. Touttezfois, il se rappaisièrent et furent amiablement enssamble, et eurent consseil que de menner leurs prisonniers en Bourdiaux. Si se ordonnèrent pour partir et laissièrent seullement en Auberoce, pour le ville parmaintenir, monseigneur Alain de Sinefroide. Et puis s’aroutèrent et chevauchièrent, et s’en revinrent arrière à Bourdiaux, où il furent recheu à grant joie; et bien le durent y estre, car il amenoient là toutte le fleur de Gascoingne: de quoy li ville de Bourdiaux amenda grandement en despens en celle année. Fº 83.

P. [71], l. 22: songne.—Mss. A 8, 15 à 17: ordenance, ordonnance. Fº 108.

P. [72], l. 4 à 6: quant une... c’autres.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18 à 22: tant pou de gens qu’il estoient que mille combatans ou environ, que uns que autres, parmy les archiers... Fº 118 vº.—Mss. A 8, 15 à 17: qu’ilz n’estoient que une poingniée... Fº 108.

P. [72], l. 11: apriès.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 20 à 22: devant. Fº 118 vº.

P. [72], l. 13: quatre cens.—Mss. A 1 à 19: trois cens. Fº 118 vº.—Mss. A 20 à 22: six cens. Fº 174.

P. [72], l. 14: sus son chemin.—Mss. A 11 à 14, 18 à 22: car on lui avoit tout raconté sur le chemin. Fº 113 vº.

§ 223. P. [73], l. 15: Tant chevaucièrent.—Ms. d’Amiens: Cez nouvelles furent sceues en Engleterre et ossi en Franche: si en fu li roys englèz grandement liéz, che fu raisons, car ses cousins, li comtes Derbi s’estoit bien, à che coummenchement, portéz en Gascoingne. Li roys Phelippez de Franche fu durement courouchiéz quant il oy recorder le desconfiture de ses gens, et lez prisses des villez et des biaux castiaux, que li comtez Derbi avoit faittez ens ou pays de Gascoingne; si dist que il y envoieroit temprement si puissamment que pour tout le pays perdu raquerre, et encorrez de l’autre assés.

Ceste saison se passa. Li comtez Derbi et li seigneur d’Engleterre se tinrent en Bourdiaux, et tout aise; et entendirent à leurs prisonniers, et lez ranchonnèrent chacun seloncq son estat et se misse. Et fu delivréz li comtez de Kenfort pour le comte de Pieregorth, par mannierre d’escambge, et li autre finèrent dou mieux qu’il peulrent. Li aucun paiièrent, li aucun se couvenencièrent et s’aterminèrent à paiier; et ossi li aucun demorèrent prisonnier, qui ne furent mies à leur aise, enssi que telz besoingnes se demainnent. Or lairons à parler un petit dou comte Derbi et de ses routtez, et parlerons dou roy englès, et puis retourons au dessus dit comte et as guerres de Gascoingne qui ne sont mies à oubliier.