P. [150], l. 21 et 22: douze cens.—Mss. A 23 à 29: quatorze cens. Fº 160.—Mss. A 30 à 33: treize cens. Fº 184 vº.
P. [150], l. 25: viers Paris.—Ms. B 6: et estoient bien trois mille. Fº 308.
P. [151], l. 11: douze cens.—Ms B 6: quinze cens. Fº 308.
P. [151], l. 20: Saint Lusiien.—Mss. A 1 à 33: Saint Messien. Fº 140.
P. [151], l. 27: Car li rois.—Ms. B 6: car à la prière des moines et qui avoient fait present de bons vins, il leur avoit acordé, et fist pendre vingt de ceulx qui le feu y avoient bouté. Et donna encores as moines vingt des plus riches prisonniers qu’il euist de la cité de Bieauvais en restituant leur damaige: de quoy ces vingt paièrent l’un pour l’autre chacun vingt escus à ceulx de Saint Mesien pour la refescion de leur abbeie; et ne les vot onques le roy quitter de leur foy aultrement jusques à tant qu’il eurent paiet. Fº 309.
§ 265. P. [152], l. 3: Apriès chou.—Ms. d’Amiens: Quant li roys se fu partis de Saint Messiien, il s’en passa oultre par dallés le chité de Biauvais et n’y vot point arester pour assaillir, ne à assegier, car il ne volloit mies travillier ses gens, ni perdre sen artillerie, et s’en vint logier ce jour en une ville que on claimme Milli en Biauvesis. Li doy marescal de son ost passèrent si priès des fourbours de Biauvais qu’il ne se peurent tenir que il n’alaissent assaillir et escarmuchier à chiaux des barrièrez, et partirent leurs gens en trois bataillez et assaillirent à trois portez. Et y eut mout grant assault, mès peu y gaegnièrent, car à la dite chité ne peurent il riens fourfaire; mais il ardirent tous les fourbours de Biauvais jusques as portez, et deux bonnes abbeies qui seoient hors des murs de le cité, et à leur departement, pluisseurs villages entours le chité. Et se deseverèrent li doy marescal li ungs de l’autre. Si en allèrent li ungs chà, li autres là, ardant, robant et essillant le pays de tous costéz; et allèrent tant en telle mannierre qu’il vinrent au soir logier à Milli dallés le roy leur seigneur.
L’endemain, li roys se parti de Milli et s’en alla parmy le pays, gastant et essillant à son pooir, et vint logier à une bonne grosse ville que on claimme Grantviller. L’endemain, il s’en parti et passa par devant Argies; et ne trouvèrent nullui qui gardast le castiel. Si l’ardirent et tout le pays d’environ jusquez à le ville de Pois, là où il trouvèrent bonne ville et deux castiaux, mès nuls des seigneurs n’y estoit, ne nullez gardez n’y avoit, fors deux belles damoiselles, filles au seigneur de Pois, qui tantost ewissent estet viollées, se n’ewissent esté doy chevalier d’Engleterre qui les deffendirent et les menèrent au roy pour ellez garder: che furent messires Jehans Camdos et li sires de Basset. Liquelx roys, pour honneur et gentillèche, leur fist grant feste et les envoya conduire à sauveté là où ellez veurent aller. Et se loga li roys le nuit en le ditte ville et ou plus bel castel de Pois, et toutte son ost ens ès vilettes d’entour. Celle nuit parlementèrent les bonnez gens de Pois as marescaux de l’ost que li ville deut y estre rachatée parmy une somme de florins à paiier au matin. Quant ce vint au matin, li roys se desloga et se mist au chemin à tout son host, excepté aucuns qui demorèrent pour recepvoir le racat.
Quant chil de le ville furent assamblet et il virent que li hos s’estoit partis et que cil qui demouret estoient, n’estoient que ung petit de gens, il n’eurent talent de paiier, ainschois les coururent seure pour ocire. Chil Englès se missent à deffensce et envoiièrent apriès l’ost querre secours. Li messages s’en alla quanqu’il pot, criant: «Trahi! trahi!» Quant chil de l’ost l’entendirent, il retournèrent qui mieux mieux, tant qu’il vinrent à Pois, et tuèrent chiaux qu’il trouvèrent, qui lasqueté et fraude leur avoient fait; et ardirent le ville et le castiel si netement qu’il n’y demora maison. Puis s’en alla li hos, et ne cessa si vint à Airainnes. Là endroit fist criier li roys sur le hart que nulx ne fourfesist à le ville, car il y volloit reposer ung jour ou deux. Che fist il pour tant qu’il volloit querre avis par quel pas il polroit le rivierre de Somme passer plus aise. Fº 91.
—Ms. de Rome: Et s’en vinrent logier ce jour à Grantvillers, et passèrent la rivière de Tierain, et puis vinrent à Dargies, ardant et essillant tout le pais. Si ne trouvèrent chil de l’avant garde nului qui deffendissent ne gardaissent le chastiel de Dargies. Si le prissent à petit de fait et le desemparèrent, et le ardirent ce que ardoir en porent; et puis passèrent oultre, ardant et exillant le pais à tous lés. Et vinrent ensi jusques à Pois, là où il trouvèrent bonne ville et deus chastiaus, mais nuls des signeurs n’i estoient, ne nulles gardes n’i avoit, fors deus belles jones damoiselles, filles au signeur de Pois, Jehane et Marie, qui tantos euissent esté violées, se ne fuissent doi gentil cevalier d’Engleterre, asquels la congnisance vint de la prise, mesire Jehan Candos et mesire Renault de Basset, qui tantos les delivrèrent, pour la cause de gentilèce, des mains d’archiers qui les avoient, et les amenèrent au roi: liquels rois en ot pité, et lor demanda où elles vodroient estre, et elles respondirent: «A Corbie.» Là les fist li rois mener et conduire sans peril. Et se loga li rois celle nuit en la ditte ville de Pois et toutes ses gens, là ou environ, au mieuls qu’il peurent. Et orent celle nuit parlement li honme de Pois et ceuls des deus chastiaus, à mesire Godefroi de Harcourt et au conte de Warvich qui gouvrenoient l’avantgarde, pour euls sauver de non estre ars à l’endemain, car il doubtoient ce grandement au deslogement dou roi. Et se porta trettiés que, parmi une sonme de florins que il paieroient à l’endemain et trop bon marchiet, il seroient respité.
A l’endemain, li rois et toute li hoos se deslogièrent et se missent au cemin; et demorèrent derrière auquns hommes d’armes et archiers, pour recevoir cel argent. Mais qant li hoos fu eslongie environ une lieue, ces honmes de Pois ne vorent point paier, ne nulle paction tenir; mais coururent sus ceuls qui demoret estoient, et en ocirent et mehagnièrent auquns. Les nouvelles vinrent à ceuls de l’arieregarde, qui cevauçoient tout derrière, conment li bonhonme de Pois estoient faussaire. On le segnefia au roi, pour sçavoir quel cose il en voloit faire. Li rois fist arester toute l’oost et là logier pour ce jour, et envoia ses marescaux de rechief à Pois. Qant les Englois furent retourné jusques à là, il trouvèrent ces bonhonmes qui estoient rebelles, qui tantos furent en voies, qant il veirent ces Englois venus; mais il en i ot des atrapés biaucop, qui furent mors et mehagniet. Et fu la ville de Pois toute arse, et li doi chastiel ars et abatu; et puis retournèrent li marescal, là où li rois d’Engleterre estoit logiés.