P. [129], l. 8: paians.—Ms. A 29: en Gueldres, en Julliers, en Alemaigne, en Brabant, en Flandres, en Haynaut et en Escoce.

P. [132], l. 9: Hoghe Saint Vast.—Ms. A 29: Bien avoit un moys par avant ouy recorder le roy de France, lui estant à Paris, que le roy d’Angleterre mettoit sus une très grande armée. Et depuis il avoit esté veus sur la mer en une grosse flotte de navires.

P. [133], l. 1: fremée.—Ms. A 29: fors de petits fossés et de palis en aucuns lieux, mais au dessus de la ville il y a un bon chastel grand et fort et bien garni de bons compaignons. Aussi il s’entendirent à faire armer et appareiller et pourvoir de bastons et d’armures, chascun selon son estat.

P. [133], l. 10 et 11: roidement.—Ms. A 29: du visaige contre le sablon.

P. [135], l. 17: enfans.—Ms. A 29: adonc, vousissent les gens d’arme qui estoyent avec eux ou non, ils abandonnèrent leur ville et leurs biens à la voulenté de Dieu, comme ceux à qui il sembloit que tout estoit perdu. Si tost que les gens d’armes et saudoyers qui en la ville de Carenten estoyent, veirent l’ordonnance des bourgeoys, ils prindrent leurs bagues, et se retirèrent par devers le chastel qui estoit moult fort. Et quand ces seigneurs d’Angleterre entrèrent en la ville et qu’ils veirent la force du chastel, et sceurent comment la garnison de la ville s’y estoyent retraicts et leurs biens, il conclurent qu’il ne lairroient pas une telle doute derrière eulx. Adonc ils firent assaillir au chastel par deux jours, tant asprement qu’il estoit possible. Et quant les compagnons qui dedans estoyent, et qui nul secours n’atendoyent, virent comment on les queroit de près, ils parlementèrent si bien pour eux, qu’ils rendirent le place, leurs corps et leur avoir sauves.

P. [136], l. 19: pays.—Ms. A 29: Ils trouvèrent le pays gras et plantureux de toutes bonnes provenances, les granges pleines de bleds et d’avoines et aultres grains, les maisons pleines de toutes richesses, riches bourgeois, chars, charrettes attelées de bons gros chevaux, chevaux, pourceaux, moutons et brebis, vaches, veaux et les plus beaux et grands beufs du monde que l’on nourist et elève en celle marche. Si en choisirent et prindrent à leur voulenté, desquels qu’ils voulurent, et les amenèrent en l’ost du roy. Toutesfois, comme je fus adonc informé, varlets et garçons ne bailloyent mie à leurs maistres l’or, l’argent et les joyaux qu’ils trouvoyent, ainçois retenoyent tout pour eulx.

P. [137], l. 15: Ensi.—Ms. A 29: par le pouvoir du roy d’Angleterre et par le conseil et enhortement de monseigneur Godefroy de Harrecourt, estoit par les Angloys, anciens ennemis du royaume de France, chevauché, couru, robé, pillé et par feu essilé ce bon et plantureux pais de Normandie. Et quant le roy de France, qui se tenoit à Paris, entendit ces dures nouvelles, il fut tellement courroucé que plus ne povoit. Adonc il manda le bon chevalier monseigneur Jehan de Haynault, qui lors se tenoit dedens Bouchain, qu’il venist devers lui, et il y alla moult estoffeement et à belle compagnie de chevaliers de Haynault et d’autre part. Et pareillement le roy manda partout ses gens d’armes, là où il en pensoit recouvrer, et fit une moult grosse assemblée de ducs, de contes, de chevaliers, de nobles hommes et de gens de guerre de toutes sortes, et plus grant qu’il n’avoit esté veu cent ans devant. Et pour tant qu’il mandoit gens de tous costés en lointaines contrées, ils ne furent pas sitost venus ni assemblés; aincoys eurent le roy Edouart et ses Angloys trop piteusement couru et desolé le pais de Constantin et de Normandie, comme ci après sera encore plus amplement declaré. Ainsi vindrent au roy en son palais à Paris ces durs avertissemens, par maintes foys et par maints messages, comment le roy d’Angleterre, à grant baronnye et à grant povoir de gens d’armes, estoit arrivé au port de Sainct Wast et descendu en Constantin, si ardoit et detruisoit tout le pais devant lui, à dextre et à senestre. Adonc dist le roy Philippe et jura que jamais ne retourneroit le roy Edouard, ne ses Angloys, si n’auroyent esté combattus; et les domages et derobiers qu’ils faisoyent à ses subjects et à son pais, qu’ils desoloyent par feu et par glaive, leur seroyent cher vendu. Si fit le roy, tantost et sans delay, lettres escrire et seeller en grand nombre, et envoya premierement devers ses bons amis de l’Empire, pour tant qu’ils estoyent plus loin, au très gentil roy de Behaigne, que moult il aymoit, et aussi à monseigneur Charles de Behaigne son fils, qui dès lors s’appeloit roy d’Alemaigne, et en estoit roy notoirement, par l’ayde et pourchas de monseigneur Charles son père et du roy Philippes de France, et avoit jà enchargé les armes de l’Empire. Si les pria le roy de France, tant acertes comme il peut, qu’ils venissent à tout leur effort, car il vouloit chevaucher contre les Angloys, qui couroyent et ardoyent son pais sans tiltre et sans querelle et sans sommation nulle.

P. [143], l. 6: non.—Ms. A 29: et perceurent bien leur faute quand ils avoyent prins fiance en communauté. Quant les Angloys en veirent la manière, ils lez poursuivirent très aigrement. Adonc le connestable et le conte de Tancarville, et environ vingt et cinq chevaliers, se boutèrent sur une porte à l’entrée du pont, à sauveté.

P. [148], l. 10: fremée.—Ms. A 29: de portes, de murs et de tours.

P. [148], l. 27: approchant.—Ms. A 29: la noble cité de.