P. [149], l. 16: Bourch le Royne.—Ms. A 29: et aucuns beaux manoirs qui apertenoyent aux bourgeois de Paris.

P. [149], l. 25: estoient.—Ms. A 29: Si tost que ceux de Paris qui estoyent en grand nombre, sceurent que le roy d’Angleterre et ses mareschaulx aprochoyent la cité de si près, car ils veoyent tout plainement les feus et les fumées à tous lés deçà Saine, si ne furent mie ceux de Paris bien asseurés, car elle n’estoit point adonc fermée de murs. Adonc s’emeut le roy Philippe, voyant ses ennemis ainsi aprocher et le grant domaige qu’ils faisoyent en son royaume, et fit abbattre les appentis de Paris, puis monta à cheval et s’en vint à Sainct Denis, là où le roy de Behaigne, monsigneur Jehan de Haynault, le duc de Lorraine, le conte Louis de Flandre, le conte de Blois et grant baronnie et chevalerie estoyent venus en moult grant arroy. Quant les bourgeoys de Paris veirent le roy partir pour les elongner, ils vindrent à luy, eux gettans à genoux, et dirent: «Ha, cher sire et noble roy, que voulez vous faire? Quant vous abandonnez ainsi vostre bonne cité de Paris, qui n’est fermée ne de tours ne de murs; et si sont nos ennemis à moins de deux lieues près. Tantost se viendront boutter à tous lés en la ville et par especial quand ils sçauront que vous en serez ainsi parti, et diront que vous les fuyez et que vous ne les osez attendre, et lors nous n’aurons qui nous defende ne garantisse contre eux. Et pour tant, cher sire, vueillez demourer ici, si aiderez à garder vostre bonne cité de Paris.» Le roy Philippe leur respondit et dit: «Mes bonnes gens de Paris, ne vous doutez de rien; jà les Anglois nevous approcheront de plus près. Je m’en vueil aller à Sainct Denis, devers mes gens d’armes qui là m’attendent, car à toute diligence je vueil chevaucher contre les Angloys et les combattre, comment qu’il soit.»

P. [150], l. 16: mances.—Ms. A 29: qu’on dict mantel royal.

P. [152], l. 17: fremée.—Ms. A 29: et garnie de planté de soudats.

P. [156], l. 24: armes.—Ms. A 29: Le roy d’Engleterre fut moult pensif tout le soir, et environ une heure devant le jour, lui fut certifié par unes espies qui le suivoyent de loin secretement, car ils estoyent plus en l’host des François que des Anglois, moult bien parlant françoys, alemant et angloys, et planté d’autres, que pour vray le roy de France estoit le soir entré en Amiens et avoit plus de cent mille hommes: si venoyent à grand esploit de Paris le combattre à voulenté. Ces espies estoyent de Normandie. Quant le roy Edouard eut ouy parler le Normand, il se leva et appareilla, puis ouit messe devant soleil levant. Adonc il fit sonner ses trompettes de delogement. Lors monta le roy à cheval et partit de la ville d’Araines; et suivirent toutes manières de gens les bannières des mareschaulx, si comme le roy avoit commandé le jour de devant. Et ainsy chevauchèrent par ce gras pais de Vismeu, en approchant la bonne ville d’Abbeville.

P. [159], l. 18: lui.—Ms. A 29: tels qu’il les voudra eslire de sa compagnye. Quant les prisonniers qui là estoyent amenés, estroitement loyés et durement traictés, eurent entendu la parolle du roy d’Angleterre, il y en eut de tous rejouis; et entre les autres avoit un valet appelé Gobin Agace, qui s’avança de parler et dit au roy.

P. [160], l. 19: Blanke Take.—Ms. A 29: Quant le roy Edouart d’Angleterre fut par Gobin Agace, comme dict est, averti du passage de la Blanche Taque et de sa position, il estoit jà près de la nuit; et quant il eut souppé, il voulut aller reposer combien qu’il ne dormit guères, car il se leva et son fils le prince, dès la minuit: si furent armés; et tantost le roy fist sonner sa trompette de delogement. Adonc chascun entendit à soy appareiller et à charger sur les sommiers et charrettes, malles, bahus, bouges, coffres et bagages. Si se partit le dit roy et ses routtes de Oisemont en Vismeu, sur le point du jour, et chevauchèrent sous la conduite du dit Gobin Agace, tant qu’ils vindrent, environ soleil levant, sur l’entrée de ce que l’on clame la Blanche Tacque; mais le flus de la mer estoit adonc tout plein: si ne peurent mie si tost passer. Aussi bien convenoit il au roy illec attendre ses routtes qui venoient après lui. Si demoura là endroit jusques après prime que tout le flus fut retourné.

P. [160], l. 21: ailleurs.—Ms. A 29: s’ils ne vouloyent retourner dont ils estoyent venus, ce que faire ne pourroyent, pour les Françoys qui leur seroyent au devant.

P. [162], l. 22: forte.—Ms. A 29: et l’estours si terrible et si mortel que merveille seroit à penser; car pour le pas gaingner et deffendre, maint vaillant homme y perdit la vie, et mainte belle apertise d’armes y eut faicte ce jour, du costé de France et du costé des Angloys.

P. [168], l. 11: car.—Ms. A 29: les Angloys trouvèrent la contrée moult plantureuse de vins, de chairs, de bleds, d’avoines et d’autres fourrages; et aussi pour les deffautes qui avenir pourroyent, planté de grandes pourveances par charroy suivoyent tousjours leur ost. Si entendirent ce jour à eux remettre à point et leurs chevaux ferrer, et à fourbir leurs armures.