P. [184], l. 25: tout tart.—Ms. A 29: le roy de France, qui n’avoit à son departement que soixante hommes, qu’uns qu’autres, fut admonesté par monseigneur Jehan de Haynault, qui là estoit et l’avoit remonté une fois, ayant le coursier du roy esté occis par le trait, de se retirer, en lui disant: «Sire, pour Dieu, soyés content de vous retraire; il est plus que temps. Ne vous perdez mie si simplement. Si vous avés perdu à ceste fois, vous gangnerés à une autre.» Lors le print par le frein et l’emmena, ensi comme par force, en sus et en dehors des batailles; et paravant il l’avoit jà prié qu’il vousisist retraire, mais ce fu pour neant: dont il fu plus d’une foys en grant dangier.

P. [189], l. 27: merci.—Ms. A 29: Et me fu dict et certifié que, de gens de pié et communauté des cités et bonnes villes de France et du pais de Picardie et de Normandie, il en y eut de mors ce dimanche, pour tout le jour, plus de quatre foys autant que le samedi n’avoit eu à la bataille, qui tant fu dure et mortelle.

FIN DES VARIANTES DU TOME TROISIÈME.

NOTES

CHAPITRE LI.

[1]Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap. LXI, p. 5 à 13.

[2]Froissart, reproduisant une erreur de Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 5), donne à la comtesse de Salisbury le nom d’Alice; elle s’appelait Catherine, et elle était fille de Guillaume de Grandisson.

[3]Par acte daté d’Eltham le 3 avril 1342, Édouard III charge l’évêque de Durham, Henri de Lancastre, comte de Derby, son cousin, Raoul de Nevill et 4 autres chevaliers, de traiter au sujet d’une trêve avec David de Brus, roi d’Écosse. (Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1191.) Par un autre acte donné plus d’un an après le premier et daté de Westminster le 20 mai 1343, Edouard III enjoint aux mêmes de veiller sur la frontière d’Écosse à l’exécution de la dite trêve qui doit durer jusqu’à la Saint Michel 1343 et de là en trois ans. (Ibid., p. 1225.)

[4]Jean le Bel s’est trompé en rapportant cette trêve à l’année 1343 ainsi que l’arrivée de Robert d’Artois et d’Édouard III en Bretagne (Chron., t. II, p. 17); ces trois événements appartiennent à l’année 1342. Froissart a reproduit les erreurs de date de son devancier et de son modèle. La trêve entre Jeanne de Montfort et Charles de Blois est du 1er mars 1342, ainsi qu’il résulte de la pièce suivante: «Nous Jehane de Flandres, duchesse de Bretaingne, comtesse de Richemond, de Monffort et vicomtesse de Limoges, faisons savoir à touz que, oie la requete que nous a faite maestre Henri de Malestret de par nostre sire le roi de France, c’est à savoir sur l’otroi de seures et saufves trefves entre nous et nostre partie adverse dou débat qui pant en presant entre nostre très cher singnour de Bretaingne et de Monffort nous et noz effanz d’une partie, et monseigneur Charles de Blois à cause de la dame de Penthèvre sa famme, d’autre, sur la chaiète et sucession de la duché de Bretaingne, eue sur ce deliberacion et conssail de noz chevaliers, gentis homes, bourgois et menu commun, pour l’obeissance dou dit singnour et la bone esperance dou bien d’acort et de paiz, les avons otroiées et otroions par ces lettres ès noms que desus et pour touz ceulx de nostre partie juques à la quinzaine de Pâques prochènes venanz, en telle manière que, se la partie adversse les veult otroier et soi assantir et ce fermement comme dit est, nous voulons que nostre dit otroi soit valable de meitanant; et ou cas où elle ne s’i assantiroit, nous rappelons le desus dit otroy fait par nous, et voulons que ils soit de nulle value et dou tout mis à naiant. Donné tesmoen nostre grant sael et ensamlile o le sael nostre très cher et très aemé et féal bachelier monseigneur Tengui dou Chatel nostre cappitaine de Brest, tant pour li que pour ceulx de la ville de Brest, et le sael nostre aemé et féal bachelier monseigneur Henri de Kaer, le vendredi amprès Reminiscere l’an mil trois cens quarante et un» (1er mars 1342). Orig., 2 sc. pend, sur simple queue de parch.; 3e sceau en déficit. (Arch. nat., sect. hist., J 241, nº 41.)

Jeanne de Monfort devait être à Brest lorsqu’elle accorda cette trêve, car des lettres de sauvegarde qu’elle délivra aux habitants de Saint-Malo sont données «à Brest, le jour où l’on chante Reminiscere l’an MCCCXLI.» (J 241, nº 40.)