[14]Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap, LXII, p. 15 à 18.

[15]Édouard III s’embarqua à Sandwich (port du comté de Kent, à 4 l. n. de Douvres) le 5 octobre 1342 (Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1212).

[16]Nous apprenons par une lettre d’Édouard III à son fils, donnée au siége de Vannes la veille de Saint Nicolas (5 décembre) 1342, dont Robert d’Avesbury nous a conservé le texte (Hist. Ed. III, éd. de 1720, p. 100), que Louis de Poitiers, comte de Valentinois, commandait alors la garnison de Vannes. Froissart se trompe lorsqu’il dit, dans la rédaction d’Amiens (p. 227), que Louis de Poitiers était à ce moment capitaine de Nantes.

[17]L’investissement de Nantes par Édouard III en personne est une erreur que Froissait a empruntée à Jean le Bel (Chron., t. II, p. 16). Les premières opérations du roi anglais en Bretagne furent dirigées contre Ploërmel, Malestroit (Morbihan, ar. Ploërmel), Redon, villes qui étaient au pouvoir des Anglais dès le 5 décembre 1342, date de la lettre d’Édouard III à son fils dont il est question plus haut. A cette même date, Amauri de Clisson, les seigneurs de Lyac (Loyat, Morbihan, ar. et c. Ploërmel), de Machecoille (Machecoul, Loire-Inférieure, ar. Nantes), de Reies (Retz ou Saint-Père-en-Retz, Loire-Inférieure, ar. Paimbœuf), de Ryeus (Rieux, Morbihan, ar. Vannes, c. Allaire), avaient fait soumission au roi d’Angleterre, qui, une fois maître de Ploërmel, de Malestroit et de Redon, mit le siége devant Vannes et se contenta d’envoyer vers les parties de Nantes son cousin de Northampton, le comte de Warwick et Hugh Spencer avec trois cents hommes d’armes (Hist. Ed. III, par Robert d’Avesbury, p. [99] et [100]).

[18]Hervé de Léon avait été fait prisonnier dès le mois de mai 1342. V. plus haut, p. VI, note 11.

[19]L’armée du duc de Normandie dut se rassembler à Angers et se mettre en marche vers la Bretagne après le 12 novembre 1342. Par lettres du 12 nov. 1342, Philippe de Valois mande aux receveurs de Saintonge et du Poitou d’envoyer des vivres et des fourrages à Angers, pour l’armée que le duc de Normandie, son fils, doit conduire dans l’Anjou, le Maine et la Bretagne. (Arch. nat., sect. hist., k 43, nº 23.)—Original.

[20]Édouard III, dans la lettre à son fils datée du siége devant Vannes le 5 décembre 1342, se tait complétement sur ce siége de Rennes, qui par conséquent, s’il a eu lieu, doit être postérieur au 5 décembre; mais le silence du roi anglais rend le fait au moins douteux. Nous craignons qu’ici encore Froissart n’ait été moins réservé que Jean le Bel, qui dit en cet endroit: «Je ne m’ose plus avant entremettre de conter comment ces deux grandes assemblées se departirent, ne quelles aventures il y eut, car je n’y fus mye, et ja soit que je treuve en ces romans rimés dont j’ay parlé cy dessus biacop de choses, neantmoins, pource qu’elles sont plus plaines de mensonge que de vérité, je ne les ose dire.» (Chron., t. II, p. 18.)

[21]Froissart veut probablement parler d’Étienne Aubert, évêque de Clermont, fait cardinal par Clément VI la première année de son pontificat, et qui touchait, ainsi que les cardinaux d’Autun et de Périgord, 500 livres de rente sur la cassette de Philippe de Valois (De Camps, portef. 83, fos 149 et 150); mais d’après une bulle de Clément VI datée d’Avignon le 11 décembre 1342, les cardinaux envoyés pour négocier un arrangement entre les deux partis étaient Pierre des Prés, évêque de Palestrina, et Annibal Ceccano, évêque de Frascati. (V. Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1216.)

[22]Froissart se trompe dans la rédaction de Rome (p. 245) en rapportant ces faits à Clément V, tandis qu’ils eurent lieu sous le pontificat de Clément VI qui succéda à Benoît XII en 1342.

[23]Édouard III se défiait beaucoup de la partialité des messagers du pape pour les Français, car il écrivait à son fils le 5 décembre: «Chiere filtz, sachez que le tierce jour que nous fusmes herbergés au dite siège, viendrent à nous un abbé et un clerc de par les cardinalx ovesque lour lettres pour nous requère de eaux envoier sauve conduyt pour venir devers nous; et nous disoient que, s’ils eussent conduyt, ils puissent estre devers nous entour les huit jours après. Et feissons nostre conseil respondre as ditz messagiers et deliverer à eux noz lettres de conduyt pour mesmes les cardinalx pour venir à la ville de Maltrait, à trente leages de nous, qu’estoit nadgairs renduz à nous et à nostre pees; qar nostre entent n’est pas qu’ils deivount pluis priés aproscher nostre ost que la dite ville de Malatrait pour plusours causes... mais qe, coment que les cardinalx veignent issint devers nous, nous ne pensoms mye delaier un jour de nostre purpos, qar nous poioms bien penser des delaiez qe nous avons eu, einz ces heures, par tretis de eaux et des aultres....» (Hist. Ed. III, par Robert d’Avesbury, p. [100] et [101].)