[24]C’est la célèbre trêve de Malestroit, ainsi nommée parce qu’elle fut conclue le 19 janvier 1343 dans le prieuré de Sainte-Madeleine de Malestroit, de l’ordre de Saint Benoît, au diocèse de Vannes.
CHAPITRE LIII.
[25]Cf. Jean le Bel, Chroniques, chap. LXII à LXIV, p. 18 à 28.
[26]Olivier de Clisson fut exécuté par jugement du roi, c’est-à-dire sans jugement régulier, le 2 août 1343. Voici le procès-verbal, jusqu’à présent inédit, de son exécution: «L’an de grace mil trois cens quarante trois, le semadi secont jour d’aoust, messires Oliviers, sires de Cliçon, chevaliers, prisonniers en Chastellet de Paris, pour plusieurs traisons et autres crimes perpetrez par lui contre le roy et la coronne de France et aliances qu’il avoit faites au roy d’Angleterre anemi du roy et du royaume de France, si comme li diz messires Oliviers le cognut et confessa, fu par jugement du roy donné à Orliens traynez du Chastellet de Paris ès Hales en Champiaus, et là ot sur un eschafaut la teste coppée. Et puis d’ileuc fu le corps trayné au gibet de Paris et là pendu au plus haut estage. Et la teste fu envoïe à Nantes en Bretaigne pour estre mise en une hante seur la porte de Sauvetout comme de traistre et cuida trahir la dite cité de Nantes à perpetuel memoire.» (Arch. nat., sect. jud., X2a 4, fº 186.)—Par acte du 22 août 1343, Philippe de Valois donne à son chambellan Thibaud, sire de Mateflon, les biens confisqués «dans la baillie de Caen, pour la forfaiture de Olivier, jadis seigneur de Clichon, qui pour ses meffaiz a esté mis à mort, notamment le manoir de Tuyt seant à l’un des bous de la forest de Cingueleis... les minières de fer de Biaumont qui pevent valoir cent livres tournois.» (Arch. nat., JJ75, p. 141, fº 72.)—En juin 1344, Jean, sire de Derval, reçoit 500 livrées de terre sur ce qui avait appartenu à feu Olivier de Clisson aux terres et appartenances de Goulaine et de l’Épine (Loire-Inférieure, ar. Nantes) JJ75, p. 185, fº 70.—Enfin, en août de la même année, il est fait don à Pierre Benoît, évêque de Léon, de 25 livres de rente annuelle en terre que possédait feu Olivier de Clisson dans la paroisse de Guémené (Loire-Inférieure, ar. Savenay) JJ75, p. 90.
[27]Ces chevaliers furent exécutés le samedi 29 novembre 1343. Le parlement instruisait leur procès, lorsqu’il reçut, le lundi 24 novembre, des lettres closes du roi conçues en ces termes: «De par le roy. Les gens de nostre parlement, Nous envoions à Paris nostre amé et feal chevalier Jehan Richer, mestre des requestes de nostre hostel, et nostre prevost de Paris, pour aucunnes besoignes touchans les prisonniers de Bretaigne. Si vous mandons que sour ce les creez de ce que il vous en diront de par nous. Donné à Poissi, le vingt troisième jour de novembre.» (Arch, nat., sect. jud., X2a 4, fº 208 vº.) Ce billet était un arrêt de mort. Voici le procès-verbal de l’exécution des chevaliers bretons. «L’an de grace mil trois cens quarante trois, le samedi vingt neuvième jour de novembre, veille de feste Saint Andriu apostre, messires Geufroi de Malatrait l’ainzné, messires Geufroi de Malatrait le jeune, messires Guillaume de Briex, messires Alain de Kedillac, messires Jehans de Montauban, messires Denis du Plaissié, chevaliers, Jehan Malart, Jehan des Briez, Raoulet des Briex, Jehan de Sevedain, escuiers, touz traistres et qui s’estoient armé de la partie du roy d’Angleterre et des anemis du roy de France et du royaume, et pour homicides, roberies, feux boutez et autres excès, crimes de majesté roial bleciée, si comme il le confessèrent, et plusieur confessèrent que il avoient fait aliance au roy d’Angleterre de le servir comme roy de France,—furent par jugement et par mandement du roy envoié au prevost de Paris par lettres seellées du seel de son secré, trayné du Chastellet de Paris duques en Champiaus ès hales, et là leur furent les testes copées sour un eschafaut. Et puis furent les corps trainez au gibet de Paris, et là furent penduz. A ceste exeqution faire furent present, du mandement le roy, li sires d’Offemont, li sires de Til, messires Pierre de Cuignières, messires Jehan du Chastellier, messires Jehan Richer, messire Jehan Haniere, messires Fauviau de Wadencourt, messires J. de Traversi et plusieurs autres.
«Copie de la lettre du roy envoïe seur ce [au] prevost de Paris. Philippe, par la grace de Dieu roy de France, au prevost de Paris ou à son lieutenant, salut. Nous te mandons et commettons que les chevaliers et escuiers qui ont esté amenez de Bretaigne, et lesquels furent hyer en nostre parlement et depuis envoiez en nostre Chastellet de Paris, tu au jour d’uy fai justisier, c’est assavoir trainer du dit Chastellet duques ès dittes hales, et ès dittes hales leur fay copper les testes, et puis les fay pendre au gibet de Paris, car nous comme traistres les condempnons à morir de la mort dessus dite. Et garde que en ce n’ait defaut, si cher comme tu doubtes à nous courrecier, et nous mandons à tous que en ce faisent te obeissent. Donné à Saint Germain en Laye, le vingt neuvième jour de novembre, l’an mil trois cens quarante trois. Saingué: par le roy, Lorriz.» (Ibid., fº 186 vº.)
[28]Ces chevaliers étaient accusés d’avoir voulu faire Godefroi de Harcourt duc de Normandie; condamnés le 31 mars 1344, ils furent exécutés le 3 avril suivant. M. Léopold Delisle a publié le procès-verbal de l’exécution. (Histoire du château et des sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Pièces justificatives, p. 99.)
[29]Le 14 août 1344, donation est faite à Guillaume du Merle, chevalier, seigneur de Messy (Messei, Orne, ar. Domfront) du manoir de Cloé (aujourd’hui Clouay, château, Manche, ar. Saint-Lo, c. Saint-Clair, comm. Saint-Jean de Savigny) confisqué sur Guillaume Bacon, naguère supplicié pour crime de lèse-majesté. (Arch, nat., JJ82, p. 55.)
[30]Jean, sire de la Roche Tesson. La seigneurie de la Roche Tesson était située dans la paroisse de la Colombe (Manche, ar. Saint-Lo, c. Tessy). Les ruines du château sont encore marquées sur la carte de Cassini, au confluent de la Roche et de la Sienne.
[31]Le 14 août 1344, donation est faite à Robert de Dreux de 500 livres assises sur le manoir de Juaye (aujourd’hui Juaye-Mondaye, Calvados, ar. Bayeux, con Balleroy) et autres bien confisqués par la forfaiture «.... des autres chevaliers de Normandie qui furent naguère justiciez avec Richart du Persy, et en la terre d’Anneville confisquée sur le feu sire de la Roche Taisson mis à mort avec Richart du Percy.» (Arch, nat., JJ81, p. 251.)