[32]Par acte daté de Westminster le 26 février 1344, Édouard III donne commission à son maître charpentier William de Horle de faire choix dans toute l’Angleterre d’un certain nombre de charpentiers qui doivent coopérer sous ses ordres aux constructions de Windsor. Rymer, Fœdera, vol. III, p. 6.
[33]Froissart, dit Dacier, confond mal à propos l’institution de l’Ordre de la Jarretière avec celle de la fête de la Table Ronde, qui eut lieu cette année, suivant Walsingham et la plupart des historiens anglais. Il est possible que cet établissement ait fourni à Édouard III l’idée du second et en ait été l’origine; mais les mêmes historiens, dont l’autorité en ce point doit l’emporter sur celle de Froissart, s’accordent généralement à reculer la date de l’institution de l’Ordre de la Jarretière à l’année 1349, quelques-uns même à l’année suivante. (V. Hist. of the Garter, by Hel. Ashmole.) Ce ne fut que le 6 août 1348 qu’Édouard III fît reconstruire à Windsor cette magnifique chapelle de saint Georges qui subsiste encore, en y instituant un collége de vingt-trois chanoines et de vingt-quatre chevaliers; et les statuts de l’Ordre de la Jarretière portent la date de 1349.
CHAPITRE LIV.
[34]Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap. LXVI et LXVII, p. 36 à 39.
[35]Jean le Bel rapporte, à tort, la campagne de Henri de Lancastre, comte de Derby, en Guienne et en Gascogne, à l’année 1344: «... et fut l’an de grace mil CCCXLIV, à l’entrée d’yver.» (V. t. II, p. 43.) Froissart a reproduit l’erreur chronologique commise par le chroniqueur qu’il reconnaît lui avoir servi de guide pour toute la partie de ses chroniques antérieure à 1350. Il est certain, comme Dacier l’avait parfaitement établi dès la fin du dernier siècle (V. Chroniques de Froissart, p. 233, note 1), que la campagne de Henri de Lancastre, comte de Derby, n’eut lieu qu’en 1345. Par lettres datées de Westminster le 14 avril 1345, Édouard III nomme Guillaume de Bohon, comte de Northampton, son lieutenant dans le royaume de France et le duché de Bretagne et le charge de défier Philippe de Valois (Rymer, Fœdera, vol. III, p. [36] et [37]). Le 10 mai suivant, le comte de Derby est nommé capitaine et lieutenant du roi d’Angleterre dans le duché d’Aquitaine et ses dépendances (Ibid., p. 37); et le 20 mai, il reçoit des lettres de protection pour lui et les compagnons d’armes qui doivent faire partie de l’expédition (Ibid., p. 39). Le 26 mai, le roi d’Angleterre adresse des lettres au pape pour lui signifier la rupture de la trêve et la déclaration de guerre à la France; le 11 juin, il somme tous les hommes d’armes et archers de rejoindre le comte de Derby à Southampton; enfin, le 15 du même mois, il ordonne des prières publiques par tout son royaume (Ibid., p. 41, 44, 45).
[36]Le 17 mai 1345, des lettres de protection pour passer en Bretagne furent en effet delivrées à Thomas d’Agworth (Rymer, vol. III, p. 38); mais il servait sous les ordres de Guillaume de Bohon, comte de Northampton, nommé capitaine et lieutenant du roi en Bretagne, par lettres du 24 avril 1345 (Ibid., p. 37).
[37]Tout le reste de ce chapitre appartient en propre à Froissart ou du moins n’est pas emprunté à Jean le Bel.
[38]Aujourd’hui hameau de la commune de Saint-Laurent-des-Vignes, Dordogne, arr. et c. Bergerac. Montcuq avait une garnison anglaise le 15 août 1345. A cette date, Henri de Montigny, sénéchal de Perigord et de Querci, en faisait le siége. Une quittance délivrée par ce chevalier à Bernard Ramundi, baile royal, est datée «... in castris ante Montem Cucum sub sigillo nostro, XVº die augusti, Mº CCCº XLº quinto.» (Bibl. nat., Dép. des Mss., Cabinet des Titres, Orig., au mot Montigny.) Cette charte a été publiée par M. Bertrandy dans son Étude sur les Chroniques de Froissart, p. 32, note 1. Bordeaux, A. de Lanefranque, 1870, in-8. Nous tenons à dire ici bien haut que, pour toute cette campagne de Derby, nous avons souvent fait usage de l’utile travail de M. Bertrandy, composé en grande partie, l’auteur ne nous saura pas mauvais gré de l’ajouter, d’après les précieux documents recueillis par M. Lacabane.
[39]D’après une chronique manuscrite placée en tête des Coutumes de Bordeaux, de Bergerac et du Bazadais et signalée par dom Vaissète, la prise de Bergerac eut lieu le 24 août 1345: «L’an mil CCCXLV, fo pres Bragueyrac, en Peyregort, per lo conte Darvi, lo jorn de sent Bertomyu. (Bibl. nat., dép. des mss., fonds français, nº 5361, fº 1 rº.) D’après la rédaction de Rome (p. 268), un certain nombre d’habitants de Bergerac aimèrent mieux quitter leur ville que de se soumettre aux Anglais. Cette dernière version, plus vraisemblable que celle des deux rédactions antérieures, est confirmée par un acte d’accord entre le comte de Derby et les frères d’Albret, seigneurs de Vayres (Gironde, ar. et c. Libourne), acte daté de Bergerac le 11 septembre 1345, par lequel Derby laisse notamment auxdits frères la faculté de rappeler les gens de Bergerac «.... potestatem reappellandi et convocandi gentes Bregeraci de redeundo ad villam predictam, perdonandi, graciam faciendi...» (Arch. dép. des Basses-Pyrénées, orig. parch.) Cet acte a été signalé et publié par M. Bertrandy, Études, etc., p. 36 à 38, note 1.
[40]Il existe un Langon (Gironde, ar. Bazas), mais il est à une trop grande distance de l’itinéraire suivi par Derby. Lanquais (Dordogne, ar. Bergerac, c. Lalinde), proposé par M. Ribadieu (Les Campagnes du comte Derby, p. 24, Paris, 1865, in-12), s’adapte bien comme situation, sinon comme nom, au récit de Froissart.