[165]Le château de Montjoie était situé dans la forêt de Marly; il venait d’être démoli lorsque Ducange publia son Dictionnaire. V. cet ouvrage au mot Mons Gaudii.
[166]Le premier soin d’Édouard III, dès qu’il fut arrivé à Poissy, fut de faire travailler à la reconstruction du pont rompu par les Français, pont dont il avait besoin pour passer sur la rive droite de la Seine. Un certain nombre de gens d’armes à la tête des contingents fournis par les villes environnantes et notamment par la Commune d’Amiens, essayèrent, sans doute suivant l’ordre du roi de France, de s’opposer à cette reconstruction. Cette tentative échoua: les Français furent repoussés, après avoir perdu cinq cents des leurs, par le comte de Northampton (Hist. Ed. III, p. 136 et 137). Telle est la version de Michel de Northburgh rapportée par Robert d’Avesbury. La mention des gens d’armes de la Commune d’Amiens dans ce récit, d’ailleurs un peu différent de celui de Froissart, indique clairement que le clerc d’Édouard III a voulu parler de la même affaire que Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 77) auquel le chroniqueur de Valenciennes a emprunté cet épisode. Seulement, nous voyons, grâce au témoignage d’un témoin oculaire et, qui plus est, d’un ennemi, que Jean le Bel s’est trompé en reprochant durement à Philippe de Valois (p. 76) de n’avoir rien fait pour s’opposer à la reconstruction du pont de Poissy par les Anglais; et Froissart a eu raison de ne pas reproduire les critiques injustes et passionnées adressées à cette occasion par le chroniqueur liégeois au roi de France.
[167]D’après Michel de Northurgh (Hist. Ed. III, p. 137), Édouard III partit de Poissy pour s’avancer en Beauvaisis et passa la Seine le 16 août, le lendemain de l’Assomption. Philippe de Valois fut grossièrement dupe d’une feinte d’Édouard III, auquel l’archevêque de Besançon vint apporter à Poissy des lettres de défi de la part du roi de France. Ces lettres de défi, datées de Saint-Denis le 14 août 1346, ne nous sont connues que par une mauvaise traduction latine conservée à Oxford; et elles ont été publiées par M. Kervyn de Letthenhove (t. IV de son édition de Froissart, p. 496 et 497). Dans ces lettres, Philippe de Valois proposait la bataille à son adversaire, soit entre Saint-Germain-des-Prés et Vaugirard, soit entre Francheville et Pontoise, pour le jeudi, le samedi, le dimanche ou le mardi suivant. Le rusé monarque anglais, voyant à qui il avait affaire, se contenta de répondre pour le moment de vive voix qu’il se disposait à prendre le chemin de Montfort (Montfort-l’Amaury, Seine-et-Oise, ar. Rambouillet), où on pouvait le venir chercher. En même temps, pour donner plus sûrement le change sur la direction qu’il était résolu à prendre, l’habile stratégiste chargeait son fils le prince de Galles, établi à Saint-Germain-en-Laye, de menacer l’ouest et même le sud de Paris, comme si les Anglais eussent voulu passer la Bièvre et la Seine en amont de Paris: de là les incursions à Saint-Cloud, à Boulogne et à Bourg-la-Reine. Le roi de France tomba dans le piége que son adversaire lui tendait: il alla se poster avec le gros de ses forces au pont d’Antony pour défendre le passage de la Bièvre au moment même où le roi anglais, exécutant, le mercredi 16 août, un rapide mouvement rétrograde, franchissait la Seine sur le pont refait de Poissy. Le lendemain jeudi 17 août, quand le tour fut joué, Édouard III adressa de Grandvilliers une hautaine et ironique réponse aux lettres de défi de Philippe de Valois où il lui dit: «... nous ne sommes mie avisés d’estre tailliés par vous, ne de prendre de vous lu et jour de bataille.» Ces curieuses lettres d’Édouard III à Philippe de Valois, dont le texte est, comme on le voit, en français, sont conservées dans les Archives du collége de Corpus Christi, à Cambridge; elles ont été publiées, d’après une copie de M. Snell, par M. Kervyn de Lettenhove (t. IV de son édition de Froissart, p. 497 et 498). Une collation de ce document, faite par M. Riley, apporte au texte de M. Kervyn d’importantes corrections (t. V de son édition, p. 551). Cf. Grandes Chroniques, éd. in-12, t. V, p. 457, et le continuateur de Nangis, éd. de Géraud, t. II, p. 199.
[168]Jean le Bel (Chron., t. II, p. 77) et tous les manuscrits de Froissart, à l’exception de celui de Rome, appellent cette abbaye Saint-Messien. Cette leçon n’est pas aussi absolument mauvaise qu’on pourrait le croire au premier abord, car les restes de saint Messien (sanctus Maximianus) reposaient à côté de ceux de saint Lucien, son compagnon, dans l’abbaye de ce nom, de l’ordre de Saint-Benoît, diocèse et ville de Beauvais. En réalité, le feu ne fut mis qu’au faubourg de l’Hôtel-Dieu et n’atteignit que très-faiblement l’abbaye de Saint-Lucien.
[169]Oise, ar. Beauvais, c. Marseille-le-Petit.
[170]Cet évêque était le belliqueux Jean de Marigny, qui fut promu l’année suivante à l’archevêché de Rouen. V. Gallia christ., t. IX, col. 721.
[171]Oise, ar. Beauvais. D’après Michel de Northburgh (Ibid., p. 137 et 138), un engagement fut livré à Grandvilliers entre l’avant-garde de l’armée anglaise et des gens d’armes de la maison du roi de Bohême. Les Anglais eurent d’abord le dessous et perdirent Thomas Talbot; mais ils reprirent bientôt l’avantage grâce à un renfort amené par le comte de Northampton. Les Français eurent douze morts, huit blessés et furent poursuivis jusqu’à deux lieues d’Amiens.
[172]Oise, ar. Beauvais, c. Grandvilliers.
[173]Somme, ar. Amiens. Michel de Northburgh ne parle ni de l’incendie de Saint-Lucien et des faubourgs de Beauvais ni de la halte à Milly. D’après le clerc d’Édouard III (Ibid., p. 137), le roi anglais passa à Poix le lendemain de son départ de Poissy et n’y coucha point; cette place fut prise par l’arrière-garde de son armée, malgré les efforts de trois cents Français qui périrent en la défendant. D’après l’auteur de l’Histoire des maieurs d’Abbeville (p. 321), Oulphart de Ghistelles, chevalier flamand au service d’Édouard III, commandait les Anglais qui s’emparèrent du très-fort château de Poix.
[174]Somme, ar. Amiens, c. Molliens-Vidame, à trois lieues et demie O. N. O. d’Amiens et à la même distance S. E. d’Abbeville.