INVESTISSEMENT ET SIÉGE DE CALAIS; PREMIÈRE PÉRIODE: DU 3 AOÛT A LA FIN DE DÉCEMBRE 1346[1] (§§ [288] à [291]).

Édouard III investit Calais[2], dont la garnison, composée surtout de chevaliers de l’Artois, a pour capitaine Jean de Vienne, d’une famille de Bourgogne[3]. Entre les remparts, la rivière[4] et le pont de Nieuley[5], le roi anglais fait construire une véritable ville pour y loger son armée. Le plan des assiégeants est d’affamer cette place qu’ils n’espèrent point prendre d’assaut. Jean de Vienne, de son côté, donne l’ordre de sortir à tous ceux des habitants de Calais qui ne sont point suffisamment approvisionnés pour un long siége; le roi d’Angleterre laisse passer généreusement ces malheureux à travers son armée après les avoir fait manger et leur avoir distribué quelque argent. P. [1] à [3], [201] à [205].

Sur ces entrefaites, Philippe de Bourgogne[6] meurt d’une chute de cheval au siége devant Aiguillon, que Jean, duc de Normandie, lève par l’ordre de son père, à la suite du désastre de Crécy. Le capitaine de la garnison d’Aiguillon, Gautier de Mauny, en harcelant la retraite des Français, fait prisonnier un des chevaliers de l’entourage du duc de Normandie nommé Grimouton de Chambly[7]; informé par ce chevalier de la victoire des Anglais à Crécy, il promet de le mettre en liberté sans rançon, si Grimouton réussit à obtenir du duc un sauf-conduit qui permette à Gautier de Mauny de chevaucher à travers la France avec une escorte de vingt compagnons, pour aller rejoindre à Calais le roi d’Angleterre, son maître. Jean accorde de très-bonne grâce le sauf-conduit, moyennant quoi Grimouton de Chambly recouvre sa liberté; mais au moment où Gautier de Mauny, muni de ce sauf-conduit, traverse la France, il est arrêté à Orléans[8] et amené prisonnier à Paris par l’ordre de Philippe de Valois qui veut le faire mettre à mort. Le chevalier anglais doit son salut à l’intervention chaleureuse du duc de Normandie en sa faveur; il est mis en liberté et dîne à l’hôtel de Nesle à la table du roi, qui lui fait au départ de magnifiques présents; Gautier les renvoie, sur l’invitation de son souverain, aussitôt après son arrivée à Calais. P. [3] à [10], [205] à [218].

CHAPITRE LXII.

1346. CHEVAUCHÉE DU COMTE DE DERBY EN SAINTONGE ET EN POITOU[9] (§§ [292] à [294]).

Le comte de Derby, qui s’est tenu à Bordeaux[10] pendant le siége d’Aiguillon par les Français, aussitôt qu’il apprend que le duc de Normandie vient de lever ce siége, entreprend de faire une chevauchée[11] en Saintonge et en Poitou à la tête de douze cents[12] hommes d’armes, de deux mille archers et de trois mille piétons. P. [10] et [11], [218] et [219].

Prise de Mirabel[13], d’Aulnay[14], de Surgères[15] et de Benon[16];—assaut infructueux de Marans[17];—prise de Mortagne-sur-mer[18];—assaut infructueux du château de Lusignan[19];—prise de Taillebourg-sur-Charente[20];—arrivée des Anglais devant Saint-Jean-d’Angély. P. [11] et [12], [219] et [220].

Après un assaut, Saint-Jean-d’Angély se rend aux Anglais, qui y restent quatre jours[21];—Derby est repoussé devant Niort, place très-forte et bien fortifiée, dont la garnison a pour capitaine Guichard d’Angle;—il emporte d’assaut Saint-Maixent[22] et Montreuil-Bonnin[23]. P. [12] à [14], [220] à [222].

Les Anglais attaquent Poitiers et sont repoussés à un premier assaut; ils se rendent maîtres[24] de cette vaste cité en donnant l’assaut par trois côtés à la fois. Poitiers est mis à sac[25], à feu et à sang. Derby, après s’y être reposé douze[26] jours, reprend à petites journées le chemin de Saint-Jean-d’Angély; puis il retourne à Bordeaux, d’où il ne tarde pas à s’embarquer pour Londres[27]. P. [14] à [17], [222] à [226].

CHAPITRE LXIII.