P. [11], l. 10: passèrent:—Ms. B 6: et passa la mer et la rivière de Gironde desous Blaves. Et puis chevaucha tant qu’il vint à Taillebourcq et le conquist, puis entra ens ou pais de Poitou et conquist le bonne ville de Messières, après conquist Surgières, Ausnay et puis Mirabel et puis Mortaigne sur la mer. Fº 352.
P. [11], l. 13: Mirabiel.—Ms. B 3: Miranbel. Fº 137 vº.
P. [11], l. 16: Ausnay.—Mss. A 20 à 22: Aulnay. Fº 221.—Mss. A 23 à 29: Ausnoy. Fº 172.—Mss. A 15 à 17, 30 à 33: Annoy. Fº 154.—Ms. B 3: Annay. Fº 137 vº.
P. [11], l. 17: Benon.—Mss. A 20 à 22: Vernon. Fº 221.
P. [11], l. 18: Marant.—Mss. A 20 à 22: Maurant. Fº 221.
P. [11], l. 18: quatre.—Mss. A 30 à 33: trois. Fº 191 vº.
P. [11], l. 22: Luzegnon.—Mss. A 7 à 10: Luzegnen. Fº 138 vº.—Mss. A 18 à 22: Luzignen, Lusignen. Fº 158 vº.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 15 à 17: Lizignen, Lisignem. Fº 154 vº.—Mss. A 30 à 33: Luzenen. Fº 191 vº.—Ms. B 3: Lesignen. Fº 221.
§ [293]. P. [12], l. 8: Tant.—Ms. d’Amiens: Et vint (le comte de Derby) assegier le ville de Saint Jehan l’Angelier, et y sist quatre jours et y fist pluisseurs assaus. Li bourgois de le ville, qui doubtoient à perdre corps et avoir, se rendirent à lui et ouvrirent leurs portez et li jurèrent feaulté et hoummaige. Puis s’em parti li dis comtez et chevaucha à esploit devers Monstroel Bonnin. Si le assaillirent fortement quant il furent là venu. Et y avoit dedens bien trois cens monnoiiers qui là ouvroient monnoie, qui ne se veurent rendre, mès dissent qu’il se tenroient trop bien; finablement, il furent pris et concquis par assaut, et tout mort chil qui dedens estoient, et mis le castiaux en le saisinne dou comte Derbi, qui y ordonna gens de par lui; et de là il vinrent devant le cité de Poitiers, qui estoit pour le tamps rice et puissante. Si l’environnèrent li Englèz et li Gascon, et bien l’avisèrent, et regardèrent que elle n’estoit point tenable. Si l’assaillirent fortment en quatre pars et le prissent de forche. Si le coururent toutte et robèrent, et y ardirent pluisseurs grans edefficez et bellez et bonnes eglises, dont il y avoit grant fuisson, et y concquissent si grant avoir que sans nombre: dont il furent si chargiet que il ne faisoient compte de pennes ne de draps, fors d’or et d’argent. Fos 96 vº et 97.
—Ms. de Rome: Et passèrent (les Anglais) la rivière et vinrent devant la ville de Saint Jehan l’Angelier, et se ordonnèrent pour le assegier. A ce jour que les Englois vinrent là, il n’i avoit dedens nulles gens d’armes. Et tout li chevalier et esquier de Poito et de Saintonge estoient retrait en lors forterèces, et les gardoient au mieuls que il pooient; ne nulle asamblée il ne faisoient, mais estoit li pais ensi que tous desconfis. Qant chil de Saint Jehan veirent que il aueroient le siège, si doubtèrent le lour à perdre, fenmes et enfans, et lor ville arse, et ne lour apparoit confors de nul costé. Si tretiièrent deviers les Englois à euls rendre et mettre en lor obeisance, salve lors corps et lors biens. Li Englois entendirent as lors trettiés, et entrèrent en la ville de Saint Jehan, et en furent signeur et prissent les fois et la segureté des hommes de la ville. Et s’i rafresqirent trois jours et puis passèrent oultre, et prissent le cemin de Poitiers, et tant esploitièrent que il i parvinrent. Qant chil de la chité de Poitiers entendirent que les Englois venoient ensi sus euls, si furent tout esbahi.
Li contes Derbi et les Gascons et Englois, qui en sa compagnie estoient, avant que il parvenissent à Poitiers, il vinrent devant Monstruel Bonnin, où il avoit pour ce temps plus de deus cens monnoiiers, qui là forgoient et faisoient la monnoie dou roi. Et estoient chil monnoieur de pluiseurs nations et dissent: «Entre nous sons en forte place assés; trop bien nous nos deffenderons.» Qant les Englois et Gascons furent là venu, il envoiièrent dire à ces ouvriers de monnoie que il se vosissent rendre, ou il aueroient l’assaut. Il respondirent orguilleusement que il ne faisoient compte de lors manaces. Qant les Englois entendirent ce, si furent tout courechiet, et dissent que il ne se departiroient point ensi. Si conmenchièrent à asallir la forterèce de Monstruel Bonnin, moult asprement, pour le convoitise de le gaegnier; car il i esperoient à trouver grant argent, pour tant que li monnoiier i estoient et le tenoient. Ce premier jour, il ne le porent conquerir; mais au secont jour, toutes gens alèrent à l’asaut de si grande volenté et si bien se esprouvèrent que de force il le prissent. Et entrèrent dedens Englois et Gascons et ocirent tout ceuls que il i trouvèrent, et i conquissent grant finance en monnoie apparillie; et encores ne vint pas tout à congnissance. Qant il se deubrent departir de Monstruel Bonnin, il ardirent la ville, mais i retinrent le castel pour euls et i laissièrent quarante archiers, pour le garder, et lor baillièrent un capitaine qui se nonmoit Richart Fouque; et puis passèrent oultre et chevauchièrent viers Poitiers.