Depuis que Jehans de Qopelant ot rendu le roi d’Escoce à la roine d’Engleterre, et que elle s’en tint saisie, ne demora elle gaires ou pais de Northombrelant, mais ordonna ses besongnes et recarga toute la terre à quatre barons desus nonmés, liquel sont grant hiretier en Northombrelande; et puis, bien aconpagnie, elle s’en retourna viers Londres et enmena avoecques li le roi d’Escoce, et fist tant par ses journées qu’elle vint à Londres. Qant li Londriien sceurent la venue de la roine, et que elle lor amenoit le roi d’Escoce, si se esforcièrent tout generaulment de li requellier honnourablement, ensi que à lui apertenoit; et widièrent un jour, qant elle deubt entrer en Londres, plus de deus mille chevaus à l’encontre de li. Et fu amenée la roine tout au lonc de Londres, et le roi d’Escoce en sa compagnie, à grant fuisson de menestrandies, jusques au palais de Wesmoustier. Et là descendirent la roine et li rois d’Escoce. Depuis ceste ordenance, li rois d’Escoce fu amenés par une barge sus la Tamise ens ou fort chastiel de Londres, et là enclos sus bonnes gardes, que on mist dalés lui; car la ditte roine avoit intension que de passer proçainement la mer et venir devant Calais veoir son signeur, le roi d’Engleterre, et se ordonna à ce et grant fuisson des dames d’Engleterre aussi, qui toutes avoient grant desir de veoir lors maris, qui estoient avoecques le roi devant Calais. Si se ordonnèrent à ce, et pour passer, la roine et les dames; et envoiièrent lors pourveances devant par la rivière de la Tamise, qui rentre dedens la mer à Mergate. Et depuis la ditte roine et les dames, montées sus hagenées amblans, cevauchièrent par terre jusques en la cité de Cantorbie, et fissent lors offrandes au beneoit corps saint Tomas. Et puis vinrent à Douvres, et entrèrent ens ès vassiaus et passèrent oultre et vinrent devant Calais: de quoi toute li hoos fu grandement resjoïe de lor venue. Et vint là la roine environ la Toussains, et tint court ouverte, le jour de la Toussains, de tous signeurs et de toutes dames. Fº 133.

P. [26], l. 29: Copeland.—Ms. B 6: qui estoit bieaulx escuiers, fors et drois, saiges et bien avisez. Fº 367.

P. [27], l. 17: coses.—Ms. B 6: et voel que vous soiés chevalier. Fº 368.

P. [27], l. 27: grandement.—Ms. B 6: à l’endemain il fut chevalier. Fos 368 et 369.

P. [27], l. 30: au tierch.—Ms. B 6: au sixième. Fº 369.

P. [28], l. 1: amis.—Ms. A 29: parens.

P. [28], l. 5: Evruich.—Mss. A 8 à 10, 20 à 22: Bervich. Fº 142 vº.—Mss. A 7, 11 à 14, 18, 19, 30 à 33: Ebruich. Fº 151 vº.—Mss. A 15 à 17: Ewrich. Fº 158 vº.—Mss. A 23 à 29: Vervich. Fº 176.—Ms. B 4: Ewruich. Fº 133 vº.

P. [28], l. 8: montèrent.—Le ms. A 29 ajoute: sur un petit cheval.

P. [28], l. 10: dessus ditte.—Ms. B 6: Et prist (Jean de Copeland) le roy d’Escoche son prisonnier et l’amena et bien conduit de gens d’armes jusques à Londres, et le presenta à la royne d’Engleterre qui en ot grant joye. Si le fist la dame mettre en son chastel à Londres et le conte de Moret et le conte de Ghines, connestable de France, et le conte de Tanquarville. Fº 369.

P. [28], l. 18: Bervich.—Mss. A 15 à 17: Ewruich. Fº 158 vº.—Mss. A 18, 19: Ebruich. Fº 164.—Mss. A 23 à 33: Bruich. Fº 176.—Ms. B 3: Everuich. Fº 142.