P. [37], l. 22: affectuel.—Mss. A 1 à 33: affetiez.—Ms. B 4: affeitié. Fº 135 vº.

P. [37], l. 28: Robers de Namur.—Ms. B 6: filz jadis au conte Jehan de Namur. Fº 378.

P. [37], l. 30: jones.—Ms. B 6: ossy il n’avoit encores esté mandés ne prié du roy Phelippe: sy povoit bien par honneur traire devers lequel roy que mieulx luy plaisoit, car il ne tenoit riens de l’un ne de l’autre; et toutes fois il estoit plus enclin au roy d’Engleterre que au roy de France. Sy se party le conte de Namur en bon arroy, ensy que toudis a fait honnorablement par le pais et par le monde, et passa parmy Flandres, et esploita tant qu’il vint devant Calais. Sy ala devers messire Gautier de Mauny, hainuier, lequel l’acointa du conte Derby et de messire Henry de Lenclastre. Et cheulx le menèrent devers le roy et la royne, quy furent moult resjoïs de sa venue et le rechurent liement. Et messire Robert de Namur estoit grandement en la grace du roy et de la royne pour le cause de son oncle, messire Robert d’Artois, de qui il portoit tel nom. Si le retint le roy d’Engleterre et luy donna par an trois cens livres à l’estrelin, qui vallent dix huit cens frans de Franche; et luy donna par telle condision que on luy pairoit, tant que il vivroit, la dite revenue prendre aulx canges à Bruges. Adonc fist hommaige le dit conte au roy d’Engleterre et le baisa en la bouche, et demoura devant Calais tant que la ville fut rendue. Après la ville rendue, il s’en ala en Engleterre avecques le roy et la royne juer et esbatre et veoir le pais, et ossy pour aprendre à congnoistre les seigneurs et les dames du royalme d’Engleterre, dont il desiroit moult de avoir l’acointanche. Fos 379 vº et 380.

P. [37], l. 31: priiés.—Ms. B 4: près. Fº 135 vº.

P. [38], l. 18: trois cens.—Mss. A 20 à 22: cinq cens. Fº 231.

§ [304]. P. [38], l. 23: Je me sui.—Ms. d’Amiens: Le siège estant devant Callais, toudis guerioient en Bretaingne enssamble messires Carles de Blois et la comtesse de Montfort. Li roys de France confortoit monseigneur Carle, son nepveu, et la ditte comtesse confortoit li roys d’Engleterre.

Or estoient en Bretaingne venu, de par le dit roy d’Engleterre, doy moult vaillant chevalier avoec une cuantité de gens d’armes et d’archiers, dont on noummoit l’un messire Thummas d’Angourne, [et l’autre] monseigneur Jehan de Hartecelle; si se tenoient en le ville de Hainbon. Avoecq eulx avoit un autre chevalier, breton bretonnant, qui s’apelloit messires Tangis dou Castiel. Si assamblèrent chil troy chevalier dessus noummet un jour ce qu’il peurent avoir de gens, en instance que pour aller assegier une ville et un castiel qui s’apelle le Roce Deurient: si en estoit cappitainne Tassars de Ghinnes, ungs moult appers escuierz.

Quant li Englès et li Breton furent là venu par devant, il assegièrent le Roce Deurient tout environ, et le assaillirent fortement. Or y eut tant de meschief que cil de le ville estoient mieux de l’acort la comtesse de Montfort que de monsigneur Carle. Si se tournèrent deviers la comtesse et li escuiers ossi, et demoura cappittainne.

Quant messire Carle de Blois le seut, si en fu mout couroucchiés, et manda partout gens où il les peut avoir, et par especial grant fuisson de chevalerie en Bretaingne et en Normendie. Si vint à seize cens armurez de fier et quatre cens chevaliers et bien douze mil hommez de piet mettre le siège devant le Roce Deurient, et coummenchièrent le ville à assaillir fortement et le astrainssent grandement.

Ces nouvellez vinrent à la comtesse et as chevaliers englès et bretons comment on avoit le Roce Deurient assis. Si se pourvei tantost la dite contesse et manda gens partout où elle les peut avoir, et eult bien mil armurez de fier et quinze mil hommez de piet. Si s’esmurent ces gens d’armes et aprochièrent les Franchois. Quant il furent à deux lieuwes priès de l’host monsigneur Carle, il se logièrent sus une rivierre celle nuit, à l’entente que de combattre à lendemain. Et quant il furent logiet et mis à repos, monsigneur Thummas d’Anghourne et messires Jehans de Hartecelle prissent le moitiet de leurs gens et les fissent armer et monter à cheval, et s’en allèrent devant mienuit ferir en l’ost monseigneur Carle à l’un des costéz, et y fissent moult grant dammaige.