P. [142], l. 7: des.—Ms. B 3: devant les.

P. [142], l. 14: Lancastre.—Ms. B 6: Sy s’avisa ou prumier il feroit son enprise et s’en descouvry à son serouge qui sa seur il avoit, le conte de le Mare, et à ung sien cousin, monseur Archebault Douglas, vaillant homme; et leur dist qu’il avoit aviset d’esquieller et de prendre par fait d’armes, tout en une nuit, le bonne chité de Bervich et le castiel de Rosebourcq qui jadis fu de leur yretaige. Chil deus chevaliers et messire Robiert de Versy avecques yaulx sy s’acordèrent. Et deult le dit messire Guillaumes Douglas et messire Archebaus son cousin avecques leur route venir à Bervich, et le conte de la Mare et messire Robert de Versy allèrent à Rosebourcq en celle meismes nuit. Et sy s’ordonnèrent si bien leur besoigne et sy couvertement que il vinrent de jour en leur embusque. Et le dit messire Guillaumes et son cousin messire Archebaut se boutèrent en ung bosquet assés près de le cité de Bervich, sans che qu’il fuissent de nuluy aperceut et là se tinrent jusques à bien avant en la nuit; et pooient [estre] environ trois cens hommes de guerre. Sy se partirent de leur embusque environ minuit et vinrent tout coiement jusques à Bervich. Et envo[ièrent] devant trois de leurs varlès pour sçavoir se chil de Bervich faisoient point de gait sur les murs; il raportèrent à leur mestres que nanil. Adonc s’avanchèrent il et vinrent sur les fossés et avoient eschelles cordées. Sy passèrent oultre les fossés, en portant leurs eschelles, au plus foible lieu et où il n’i avoit point d’iaue. Et jettèrent leurs eschelles et montèrent contremont, et entrèrent en la ville environ deux cens. Et vinrent tout coiement à la porte que cil de la cité ne s’en perchurent riens jusques à tant que de haches et de cuignies il busquèrent au flaiel pour le coper. Aulcuns gens qui estoient en leurs lis se esvillèrent pour le busquement. Sy se levèrent et vinrent à leur fenestre et se commenchèrent à estourmir; mais anchois qu’il fussent levés et armet ne asamblé, le porte fut ouverte par forche, et tout les Escochois entrèrent dedens la ville. Et decopoient tous cheulx qui encontre eulx venoient à main armée. Et fyrent tant qu’il furent maistre de la cité et que les bourgois se rendirent à yaulx, saulve leurs vies et leurs biens; mais il ne porent avoir le castiel qui est assés près, car le gait oy la noize. Sy esvilla le castelain et les compaignons qui gardoient ledit chastiel; et jamais de forche les Escochois ne l’euissent eut.

Or vous dirons de leurs aultres compaignons qui devoient Rochebourch esceller. Il ne demora mie en leur defaulte qu’il ne fesissent leur aproches saigement; mais il fallirent, car le gait du dit chastiel villoit et s’apoioit à crestieaulx qu’il les virent sus les murs du dit chastiel. Sy entendy le bruit des Escochois murmurer ensamble; sy coury moult tost esvillier le chastelain et les compaignons de laiens et se pourveirent de leur fait et vinrent as garites. Quant les Escochoiz les virent, il retournèrent arière tout esbahy, et virent bien qu’il avoient fally à leur emprinse. Sy se retirèrent devers Bervich et trouvèrent messire Guillame Douglas et leur compaignie qui tenoient la cité comme le leur. Si en furent tous joieulx; sy prirent consail ensamble qu’il asegeroient le dit chastiel. Sy l’asegèrent de tous costés, car à l’un des lés il marchist à le ville. Ches nouvelles vinrent en Engleterre que les Escochois avoient reprins Bervich. Sy en furent les Englès moult courouchiés, mais amender ne le peurent tant que à celle fois. Fos 481 à 484.

P. [142], l. 18: siet.—Ms. B 3: est assis.

P. [142], l. 24: cremeur.—Ms. B 3: crainte.

P. [142], l. 27: Bervich.—Le ms. B 5 ajoute: qui siet sur la dicte rivière. Fº 364 vº.

P. [142], l. 28: assenèrent.—Ms. B 3: essaièrent.

P. [142], l. 32: quoique.—Ms. B 3: et qui.

P. [143], l. 7: puisqu’il.—Ms. B 3: puisque les Anglois.

P. [143], l. 8: mancevi.—Ms. B 3: advertiz.—Ms. B 4: manchevi. Fº 157 vº.