P. [170], l. 19: florins.—Ms. B 5: livres. Fº 368 vº.

P. [170], l. 21: cras.—Ms. B 3: fertilz. Fº 177.

P. [170], l. 30: trois mil.—Ms. B 3: quatre mil.

P. [171], l. 7: jours.—Ms. B 6: Quant che vint au sixième jour, le prinche demanda à son consail se on n’avoit oyt nulles nouvelles de chaus de Cabestain; on ly respondy que nannil. De che fut le prinche tous esmervilliés. Adonc fist il partir Fauchon le hirault, et luy dist qu’il chevauchast jusques à là et demandast à chiaus de Cabestain pour quoy il avoient fally de couvenenches et qu’il marchandoient de eulx faire tous ochire et exillier. Le hirault se party et chevaucha tant qu’il vint à Cabestain. Sy trouva comment chil de la ville estoient fortifié de grans fossés et parfons et de bons pallis. Sy fist son messaige à cheaus qu’il trouva à le barière. Il luy respondirent tout promptement que au prinche n’avoit que faire de sejourner pour che ens ou pays, car d’argent n’aroit il point. Che fut toute le response qu’il firent et qu’il raporta arière à son maistre.

Quant le prinche entendy che, sy fut moult courouchiés et fist moult tost partir ses marescaus à tout cinq cens hommes d’armes et trois mille archiés, et leur dist qu’il mesissent Cabestain en fu et en flame et sans deport, et toutes les gens à l’espée sans merchy. Et tant chevauchèrent les gens du prinche qu’il vinrent devant Cabestain. Sy le trouvèrent trop renforcie et bien garnie de bonnes gens d’armes et d’artillerie qui commenchèrent fort à traire contre les Englès. Quant il les virent aprochier et abrochier leurs chevaulx, adonc se retirèrent ung poy arrière les deux marisaus englès qui là estoient et le sires de Labreth, et firent retraire leur gens. Sy avisèrent et ymaginèrent le forche de chiaus de Cabestain et le foison de gens d’armes qui dedens estoient. Sy dirent bien entre aulx, tout consideret, que à l’asallir on pouroit plus perdre que gaignier. Il s’en partirent et s’en retournèrent à Nerbonne devers le prinche et ly recordèrent tout che que il avoient veu et trouvé. Et adonc se tint le prinche pour decheus de chiaulx de Cabestain et demanda consail à ses chevaliers quel chose il en feroit, sy il chevaucheroit plus avant ou pais et se il lairoient Nerbonne, car à assallir le chité ne poroit gaire conquerre, car trop estoit forte et bien gardée.

Sy fut dit et conseilliet pour le milleur et plus honourable, à l’avis des plus saiges, que il se retrairoient tout bellement et saigement, car pour celle saison il avoient assés avant chevauchiet ens ou pais, et sy estoient chergiet durement de grant avoir qu’il avoient conquis, tant que cars et sommiers en estoient chergiet, et ossy de bons prisonniers dont il en orent grant rainchon. Sy faisoit bon tout che mettre en garde et à sauveté. D’aultre part, il avoient entendu que le connestable de Franche, le conte de Forès, le conte d’Erminac et tous les barons et chevaliers du pais s’asambloient. Sy pourroient bien tant demorer que [à] leur retour le chemin leur seroit estroit, et que chil seigneur de Franche dessus nommés leur tauroient leur passaige de le Geronde par où il leur couvenoit passer: sy quez, tout pourpeset et consideret, le prinche regarda que on le consilloit loyaument. Sy fist ung jour crier et assavoir en son ost que tout fut tourset et chergiet, car au matin il volloit partir.

Celle nuit entendirent toutes manières de gens à yaulx ordonner et apparelier selonc le cry du prinche, et se deslogèrent au matin: dont chilz de Nerbonne furent moult joieulx, car il avoient esté six jours en grant esmay. Sy chevauchèrent les Englès devers une bonne ville, que on clame Limous, où on fait les pines, ung aultre chemin qu’il n’estoient point venus devers Toulouse. Quant il parfurent venu devers Toulouse et qu’il furent jusques à là, sy trouvèrent la dite ville de Limous bien garnie et bien pourveue selonc l’usaige du pais. Pour che ne demora mie que il ne l’assallisent fierement. Et chil qui dedens estoient se deffendirent che qu’il porent selon leur povoir, et se tinrent du matin jusques à heures de viespres; mais finablement elle fut prise et toute robée et gastée sans deport. Et y gaignèrent ly Englès et ly Gascons moult grant avoir et pluiseurs bons prisonniers.

Che mesme jour vinrent ly conte d’Erminac, le conte de Pieregoth, le conte de Laille, le conte de Comminges, le viés conte de Quarmaing, le conte de Villemur, le viés conte de Thalar, le viés conte de Murudon, le sire de Labarde et pluiseurs aultres grans seigneurs de Gascongne, en l’ost de monseigneur Jaques de Bourbon, connestable de Franche, qui estoit venus à Besiers à tout son grant ost. Quant tout ces contes furent asamblé, il furent grant gens yauls bien trente mille, c’uns que aultres, et eurent consail qu’il yroient au devant des Englès et les encloroient entre le Geronde et les montagnes de Roherge. Sy se mirent tous à camps à grant esploit et vinrent l’endemain à Cabestain. Fº 511 à 515.

P. [171], l. 7: redemption.—Ms. B 3: rençon. Fº 177.

P. [171], l. 9: à non ardoir.—Ms. B 3: pour paour d’estre ars.