Or avint ung pau après que, quant ces choses furent ung pau apaisies et les seigneurs revenut en leur maisons, le conte d’Erminac, qui se tenoit à Toulouse, estoit moult fort en hayne de chiaus de Toulouse, pour tant que ly Englès avoient passé et rapassé le Geronde sans estre combatus. Et tant se mouteplia cheste murmure que ung jour tout ly chitoiiens de la ville s’armèrent et assamblèrent et s’en vinrent, tout d’un acord, au castiel de Toulouse, pour le prendre à forche, et le conte d’Erminac qui dedens se tenoit, et y livrèrent moult grant assault. Le conte d’Erminac, qui dedens estoit à privée maignie, entendy comment les hommes de le ville estoient là venu pour luy prendre à forche et ochire. Sy fut moult esbahis et se fist hors mettre en une corbaille par une des fenestre sur les camps ens ès fosés, et ung seul sien escuier avecq luy, et se sauva par celle manière. Tant asallirent chil de la chité le castiel qu’il l’enforchièrent et entrèrent dedens. Et prirent les gens du conte d’Erminac et en ochirent douze, desquelz il volrent. Entre lesquels il y eult quatre bons chevaliers du consail et du pais au dessus dit conte, qui adonc n’en peult avoir aultre chose. Mais le dit conte depuis deffia chiaus de Toulouse et les greva tellement qu’il furent tous joieulx que il luy porrent amender che meffait à se vollenté plainement. Fos 515 à 518.

P. [173], l. 7: estoit.—Ms. B 3: est. Fº 177 vº.

P. [173], l. 11: sus le fiance.—Ms. B 3: pour la seurté.

P. [173], l. 11: eut.—Ms. B 3: avoit.

P. [173], l. 16: Fougans.—Ms. B 3: Fouganx.—Ms. B 4: Fougians. Fº 164.—Ms. B 5: Fondans. Fº 369.

P. [173], l. 17: Rodais.—Ms. B 3: Rodès.

P. [174], l. 1: adonc.—Ms. B 3: alors.

P. [174], l. 2: toutdis dou pieur.—Ms. B 3: tousjours du pire.

P. [174], l. 6: les.—Ms. B 3: leurs.

P. [174], l. 8: menroit.—Le ms. B 3 ajoute: par.