[130] L’affaire fut chaude, et le roi d’Angleterre y fut serré de près, car quinze jours après cet engagement, le 15 janvier 1350, on le voit donner deux cents marcs de rente annuelle à Gui de Bryan «considerantes grata et laudabilia obsequia nobis per dilectum et fidelem nostrum Guidonem de Bryan a diu multipliciter impensa ac bonum gestum suum, in ultimo conflictu inter nos et quosdam inimicos nostros Franciæ apud Calesium habito, vexillum nostrum ibidem contra dictos inimicos nostros prudenter deferendo et illud erectum sustinendo strenue et potenter....» Rymer, Fœdera, vol. III, p. 195.
[131] Les princes et les grands seigneurs portaient à cette époque de chapeaux ou chapelets du plus grand luxe. En 1359, le comte d’Étampes, empruntant de Guillaume Marcel, changeur et bourgeois de Paris, mille moutons d’or, à raison de quatre cents moutons d’intérêt pour six semaines, afin de racheter aux Anglais le pays d’Étampes qu’ils occupaient, donne à son prêteur, en gage du payement de cet intérêt, son «chapeau d’or du pris de deux cenz moutons». Arch. nat., sect. hist., JJ91, p. 399.
[132] Édouard voulut sans doute se rattraper de cet acte de générosité chevaleresque sur ses autres prisonniers. Il est certain du moins qu’il soumit Geoffroi de Charny à une rançon énorme, puisque le roi Jean, pour aider ce chevalier à la payer, lui fit donner, le 31 juillet 1351, douze mille écus d’or. Anselme, Hist. gén., t. VIII, p. 201.
[133] Jeanne, fille de Robert II, duc de Bourgogne, mourut le samedi 12 décembre 1349, d’après les Grandes Chroniques de France (éd. de M. P. Paris, in-12, t. V, p. 490). Les Bénédictins se sont trompés en faisant mourir cette reine le 12 septembre 1348.
[134] D’après l’épitaphe qu’on voyait sur le tombeau de cette princesse, dans l’abbaye de Maubuisson, Bonne de Luxembourg mourut le 11 septembre 1349. (Dacier, édit. de Froissart, p. 366, note 2, et L’Art de vérifier les dates, t. I, p. 600.) Elle serait morte le vendredi 11 août 1349, d’après les Grandes Chroniques de France (t. V, p. 490).
[135] Le 29 janvier 1350, d’après l’Art de vérifier les dates (t. I, p. 597), le mardi 11 janvier 1350, d’après les Grandes Chroniques de France (t. V, p. 491), Philippe de Valois se remaria à Blanche, fille de Philippe d’Évreux, roi de Navarre.
[136] Jean, fils aîné du roi de France, duc de Normandie, se remaria à Jeanne, comtesse de Boulogne, le mardi 9 février 1350, d’après les Grandes Chroniques de France (Ibid., p. 492), et non le 19 février 1350, comme on l’a imprimé par erreur dans l’Art de vérifier les dates, t. I, p. 600.
CHAPITRE LXIX.
[137] Ce chapitre appartient en propre à Froissart et ne se trouve pas dans les Chroniques de Jean le Bel.
[138] Dès le 17 mai 1347, à Conflans près Paris, Louis de Male élisait certains procureurs pour traiter de son mariage avec Marguerite, fille de Jean, duc de Brabant (Arch. nat., Transcripta, JJC, fº 118 vº); à Saint-Quentin, le 6 juin, il promettait d’être le mardi 26 juin à Lewre en Brabant (auj. Leeuw-Saint-Pierre, prov. Brabant, à 13 kil. de Bruxelles) pour accomplir le dit mariage (Arch. nat., JJC, fº 135 vº, p. 64), et il assignait à sa femme 6000 livres en terre sur le comté d’Alost (JJC, fº 128 vº). De son côté, Jean, duc de Brabant, le 18 mai 1347, à Bruxelles, nommait certains procureurs pour traiter du mariage entre son fils aîné Henri et Jeanne, fille du duc de Normandie, et entre son fils Godefroi et Bonne, fille du duc de Bourbon (JJC, fº 123); à Saint-Quentin, le 2 juin, il s’engageait à rompre le plus tôt possible son alliance avec les Flamands et le comte de Hainaut (JJC, fº 119); il promettait au dit Saint-Quentin, le 6 juin, d’aider le comte de Flandre à se faire obéir des Flamands (JJC, fº 118); il déclarait n’être aucunement l’allié du roi d’Angleterre (JJC, fº 116); enfin, il signait une alliance avec le roi de France dans la maison des Frères Prêcheurs (JJC, fº 139 vº). En retour, Philippe de Valois, par lettres aussi datées de Saint-Quentin, le 6 juin 1347, promettait que Jeanne de Normandie et Bonne de Bourbon se trouveraient au château de Vincennes le 19 juin pour leurs mariages avec Henri et Godefroi de Brabant, et que Louis, comte de Flandre, se trouverait à Leeuw en Brabant le 26 juin pour son mariage avec Marguerite de Brabant (JJC, fº 140 vº).