«Charles, etc. Savoir faisons à touz presens et à venir à nous avoir esté exposé de la partie de Guillaume Langlois que, comme, le mardi après Pasques darrain passées, ès jeux qui furent faiz et ordenez en l’onneur et remembrance de la Passion Nostre Seigneur Jhesucrit en nostre bonne ville de Paris, par aucuns des bourgois et autres bonnes genz d’icelle, le dit exposant eust esté requis, prié et ordené de ceulx qui ès diz jeux faisoient les personnages des figures des ennemis et deables, de estre aux diz jeux pour getter des canons, quant temps seroit, afin que leurs personnages fussent mieulz faiz, si comme ès diz jeux on a acoustumé à faire par chacun an à Paris. Et lors avint que avec le dit exposant vint et s’embati illec amiablement Jehan Hemon, varlet d’estuves, pour lui cuidier aidier à jouer et faire getter des diz canons, quant lieu et temps seroit, comme autreffoiz on a acoustumé à faire. Et il soit ainsi que ilz ordenèrent et mistrent à point iceulx canons pour getter et faire bruit sur l’appointement et arroy du Cruxifiement que on a acoustumé à faire en iceulx jeux en remenbrance de la mort et passion de Nostre Seigneur Jhesucrit. Et pour ce que illec où les diz exposanz et Jehan Hemon estoient, fu mise une broche chaude et boutée en un canon estant ou dit lieu, la cheville d’icellui canon par force de feu s’en issy et sailli plus tost et autrement que ne cuidoient et pensoient yceulx exposanz, et Hemon, par tèle manière que le dit Hemon d’icelle cheville fu feru et attaint d’aventure en l’une de ses jambes. Et aussi fu le dit Guillaume par la force du feu qui en yssi embrasé et brûlé parmi le visage et fu en grand doubte et en aventure d’estre mort ou affolé de touz poins. Après lesquèles choses ainsi avenues, le dit Hemon, qui estoit bon et vray ami d’icellui exposant, et qui ne vouloit que, pour la bleceure qu’il avoit ainsi de la cheville du dit canon, il fust aucunement dommagié ne poursuy.... Donné à Paris l’an de grâce mil trois cens et quatre vins, ou moys d’avril et le dix septième de nostre regne.» Arch. nat., sect. hist., JJ116, p. 254, fos 152 vº et 153.
[249] Cf. Chronique des quatre premiers Valois, p. 42 à 46. D’après cette chronique, le roi Jean aurait fait venir le roi de Navarre du Château-Gaillard, afin que Charles ordonnât lui-même à ses capitaines de Breteuil et du Pont-Audemer d’évacuer ces places, démarche qui n’aboutit à aucun résultat.
[250] On peut dresser sûrement d’après les actes l’itinéraire du roi Jean dans le cours de cette expédition de Normandie. Le jour même où le duc de Lancastre entrait en campagne, c’est-à-dire le 22 juin, le roi de France était à Dreux (Arch. nat., JJ84, p. 554), après avoir passé le 7 juin à Saint-Arnoul-en-Yvelines (Seine-et-Oise, ar. Rambouillet, c. Dourdan), et au Gué-de-Longroi (Eure-et-Loir, ar. Chartres, c. Auneau); le 8 juillet, il se trouvait à Tubœuf près Laigle où il laissa échapper le duc de Lancastre et les Anglais. Le siége de Breteuil dut suivre immédiatement cette poursuite infructueuse, car nous avons un très-grand nombre de lettres du roi Jean et de son fils Charles datées Ante Britolium in Normannia anno Domini 1356, mense Julii (JJ84, p. 788. Cf. JJ84, p. 566, 567, 570, 587, 606, 788). D’autres lettres sont datées: In exercitu nostro ante Britolium, mense Augusti (JJ84, p. 571, 574, 582, 586, 602 à 604, 680, 681, 720). Ces pièces mentionnent la présence au siége du connétable Gautier de Brienne, duc d’Athènes, des maréchaux d’Audrehem et de Clermont, de l’archevêque de Sens, de l’évêque de Châlons, des comtes d’Eu, de Tancarville et de Ventadour, de Geoffroi de Charny, de Boucicaut et d’Aubert de Hangest. Le 12 août, le roi Jean datait encore ses lettres: En noz tentes devant Bretueil (JJ84, p. 638); mais dès le 19 il était au château de Tremblay-le-Vicomte (Eure-et-Loir, ar. Dreux, c. Châteauneuf-en-Thymerais) et se préparait à marcher contre le prince de Galles (JJ84, p. 633). La reddition du château de Breteuil eut lieu par conséquent entre le 12 et le 19 août 1356.
[251] Mss. B 1, 3, 4: «qui se tenoit.» Mauvaise leçon.
[252] Mss. B 4, 3: «li aise ne li plaisir.» Fº 129 vº.
[253] Ms. B 3, fº 137.--Mss. B 1, 4: «eurent.» Mauvaise leçon.
[254] Ms. B 4, fº 131.--Ms. B 1, t. II, fº 13 (lacune).
[255] Ms. B 4, fº 132 vº.--Mss. B 1, 3, t. II, fº 15 vº (lacune).
[256] Mss. B 4, 3, fº 132 vº.--Ms. B 1, t. II, fº 15 vº (lacune).
[257] Mss. B 3, 4, fº 140.--Ms. B 1, t. II, fº 15 vº: «il.» Mauvaise leçon.