[239] Maubue était un surnom de ce chevalier, dont le prénom était Guillaume (JJ82, p. 469); Jean de Mainemares, écuyer, frère aîné de Guillaume, obtint des lettres de rémission en janvier 1358 (JJ89, p. 215).
[240] Cet écuyer, désigné par Froissart et les autres chroniqueurs sous le nom de Doublet, est appelé Doublel dans les registres du Trésor des Chartes (JJ82, p. 511 et JJ85, p. 30). En janvier 1357 (n. st.) le roi Jean donne à Jean du Saussay, écuyer, huissier d’armes du duc de Normandie, la maison de Raffetot (Seine-Inférieure, ar. le Havre, c. Bolbec), avec 50 livres tournois de rente, confisquée pour la forfaiture de feu Colinet Doublel (JJ85, p. 30). D’autres biens de Colin Doublel furent donnés en décembre 1357 à son frère messire Jean Doublel (JJ89, p. 330).
[241] En mai 1359, Charles régent donne à Louis de Harcourt, vicomte de Châtellerault, les terres et châtellenies de Vibraye et de Bonnétable dans le comté du Maine, venues à héritage à Jean, comte de Harcourt, du chef de sa mère, et confisquées sur ledit Jean, neveu de Louis, complice du roi de Navarre. JJ90, p. 112.
[242] Philippe de Navarre ne perdit pas de temps, car la tragique scène de Rouen avait eu lieu le mardi 5 avril 1356, et dès le commencement du mois suivant des négociations étaient ouvertes avec le roi d’Angleterre, vers lequel Philippe de Navarre et Godefroi de Harcourt avaient député Jean, sire de Morbecque et Guillaume Carbonnel, sire de Brevands. Ces négociateurs avaient rempli leur mission dès le 12 mai, date du sauf-conduit qui leur fut délivré pour revenir en Normandie (Rymer, vol. III, p. 328, 329). Le 24 juin, Édouard envoyait à Philippe de Navarre et à Godefroi de Harcourt un sauf-conduit pour venir à sa cour (Ibid., p. 331). Mais Godefroi de Harcourt, occupé dès le 22 juin à guerroyer en Normandie en compagnie du duc de Lancastre (Robert de Avesbury, p. 247), n’eut pas le temps de se rendre en Angleterre; et son voyage resta, quoi qu’en dise Froissart, à l’état de projet. Quant à Philippe de Navarre, il alla bien à la cour d’Édouard, mais postérieurement à la campagne du duc de Lancastre à laquelle il avait pris part, comme il résulte de deux lettres d’Édouard des 20 et 24 août 1356 (Rymer, vol. III, p. 338, 339), et du traité de Clarendon du 4 septembre 1356 (Ibid., p. 340). V. Léopold Delisle, Histoire du château et des sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte, p. 84 et 85.
[243] Le duc de Lancastre avait en tout neuf cents hommes d’armes et quatorze cents archers. Les cinq cents hommes d’armes et huit cents archers qu’il avait primitivement sous ses ordres s’étaient grossis des cent hommes d’armes de Philippe de Navarre et de Godefroi de Harcourt et de trois cents hommes d’armes et cinq cents archers amenés par Robert Knolles de Carentoir en Bretagne (Morbihan, ar. Vannes, c. la Gacilly). L’abbaye de Montebourg, et non Evreux, avait été choisie comme quartier général. La petite armée se mit en marche le 22 juin; elle était de retour à Montebourg le 13 juillet. Ces détails sont tirés d’une lettre écrite à Montebourg le 16 juillet 1356 qui donne jour par jour l’itinéraire suivi par le duc de Lancastre (v. Robert de Avesbury, p. 246 à 251). Le but principal de cette expédition était de forcer les Français qui assiégeaient le Pont-Audemer sous les ordres de Robert de Houdetot à lever le siége de cette ville occupée par les Navarrais. Les dates extrêmes de ce siége nous sont fournies par des lettres de rémission de mai 1357 en faveur de Guillaume l’Engigneur de Mangreville sur le Ponteaudemer (auj. Manneville-sur-Risle), où on lit que «... nostre amé et feal messire Robert de Houdetot et plusieurs gens d’armes eztans sous son gouvernement venissent tenir siège devant le dit chastel, et y fussent depuis Pasques 1356 jusques à la Saint Jehan (24 juin) ensivant...» Arch. nat., sect. hist., JJ85, p. 120.
[244] Le 4 juillet, le duc de Lancastre surprit et pilla Verneuil, où il se reposa trois jours.
[245] Le roi Jean attendait les Anglais à une petite lieue de Laigle, à Tubœuf (Orne, ar. Mortagne, c. Laigle), avec son fils aîné Charles, le duc d’Orléans son frère, une armée de huit mille hommes d’armes et de quarante mille arbalétriers et autres gens des communes. Le roi de France, au lieu de tomber sur les Anglais, envoya deux hérauts offrir la bataille au duc de Lancastre, qui profita de cet avertissement pour s’échapper. V. Robert de Avesbury, p. 249 et 250.
[246] Le siége d’Évreux ne fut pas fait par le roi Jean en personne; ce siége, comme celui du Pont-Audemer, suivit immédiatement l’arrestation du roi de Navarre: il est antérieur à la chevauchée du duc de Lancastre. Évreux s’était rendu aux Français avant le 20 juin, jour où Guillaume, abbé de Saint-Taurin, fit remise à Jean de Montigny, aumônier, et à Adam de Pinchemont, infirmier de ladite abbaye, qui s’étaient enfermés dans la cité et église d’Évreux pour mettre en sûreté les joyaux de leur abbaye, de la peine qu’ils pouvaient avoir encourue en prenant les armes et en concourant à la défense. Ces lettres de rémission furent confirmées le 12 août 1356 par le roi Jean: «Comme depuis que nous eusmes fait prendre ou chastel de Rouen le roy de Navarre et conte d’Evreux, nostre filz et homme, et mettre en prison fermée pour certainnes causes, plusieurs personnes se soient mis et requeulis en la cité d’Evreux et icelle tenue à force par certain temps contre nostre volenté et la puissance de certainne quantité de gens d’armes que nous y avions envoié, jusques à tant que certain traictié et accort fu fait de nostre congié et consentement entre noz dictes gens et les gens estans en la dicte cité: par lequel traictié et accort iceulx de la dicte cité rendirent à noz dictes gens pour nous icelle cité, sauf leurs corps et leurs biens, et par certaines autres condicions contenues plus plainnement ès diz traictié et accort sur ce fais...» (Arch. nat., JJ84, p. 638). Jean de Torpo, d’Évreux, poissonnier du roi de Navarre, avait approvisionné de poisson salé le château où il s’enferma pendant le siége; et nous voyons dans des lettres de rémission qui lui furent délivrées en octobre 1356, que Roberge, sa femme, munie d’un sauf-conduit du comte de Tancarville, connétable de Normandie, alla se retirer avec la femme de Pierre de Sacquenville, après la reddition d’Évreux, dans le château de Breteuil. JJ85, fº 67 vº.
[247] Auj. Saint-Léger-de-Rothes ou Saint-Léger-du-Boscdel, Eure, arr. et c. Bernai.
[248] Tout le monde sait qu’il était d’usage dès cette époque d’employer l’artillerie au siége des places fortes; ce que l’on ignore généralement, c’est que, dès le règne de Charles V, et peut-être auparavant, on avait l’habitude de tirer le canon à Paris pendant les représentations du mystère de la Passion. C’est ce qui résulte de lettres de rémission que nous avons découvertes et que nous publions ici pour la première fois. Ces lettres sont datées, il est vrai, de 1380; mais elles constatent que l’usage de tirer le canon dans cette circonstance était établi depuis longtemps. Nous prions les historiens de l’artillerie et de notre théâtre au moyen âge de nous pardonner cette publication qui est ici un hors-d’œuvre.