[230] Jacques Mascaro, historiographe de la commune de Béziers, nous a laissé une chronique qui va de 1347 à 1390 où on lit le curieux passage qui suit: «L’an 1335, davan las Totz Sanz, venc en aquest pays lo princep de Galas; et vengueron los coredos entro à Bezes. Mais quand el saup que en Bezes avia grands gens d’armas, ne volc pus avant passar; et venc tant gran neu que si no s’en fos tornat, non y a guera Engles no fos remangut en las plassas.» Bulletin de la société archéologique de Béziers, t. I, p. 81.

[231] Montréal-de-l’Aude, Aude, ar. Carcassonne, au sud-ouest de cette ville.

[232] Fougax-et-Barrineuf, Ariége, ar. Foix, c. Lavelanet.

[233] Aujourd’hui château de la Bastide-de-Sérou, Ariége, ar. Foix. Le prince de Galles s’en alla par un autre chemin qu’il n’était venu; il opéra sa retraite par les montagnes des diocèses de Carcassonne, de Pamiers et de Rieux, soit, comme il l’affirme, qu’il poursuivît les Français qui reculaient devant lui dans cette direction, soit qu’il craignît de ne plus trouver dans le pays qu’il avait ravagé en venant de Toulouse à Carcassonne de quoi nourrir son armée. Quoi qu’il en soit, il repassa la Garonne à Carbonne (Haute-Garonne, ar. Muret); il campa une nuit sur la rive droite de la Save qui le séparait du comte d’Armagnac, du connétable de France et du maréchal de Clermont dont on apercevait les feux de l’autre côté de la rivière à Lombez et à Sauveterre (Gers, ar. et c. Lombez). Il poursuivit l’ennemi jusqu’à Gimont (Gers, ar. Auch) où l’armée française se débanda, tandis que ses chefs s’enfermaient dans cette place forte. Gimont ou Francheville, situé «in inimicorum fronteria», avait été pourvu d’une enceinte avant janvier 1351, date d’une charte où Jean concède l’encan aux habitants (JJ80, p. 155). Sur la route de Gimont à Bordeaux, le prince de Galles réduisit six villes fermées, le Port-Sainte-Marie, Clairac (Lot-et-Garonne, ar. Marmande, c. Tonneins), Tonneins (Lot-et-Garonne, arr. Marmande), Bourg Saint-Pierre, Castelsagrat (Tarn-et Garonne, ar. Moissac, c. Valence-d’Agen), Brassac (Tarn-et-Garonne, ar. Moissac, c. Bourg-de-Visa) et dix-sept châteaux. Le bâtard de l’Isle, capitaine de Castelsagrat, fut tué à l’assaut de cette forteresse par Jean Chandos, James d’Audley et Renaud de Cobham. Cette chevauchée avait duré deux mois, en octobre et novembre 1355.

CHAPITRE LXXVII.

[234] Cf. Jean le Bel, Chroniques, chap. XCIII, t. II, p. 191 à 194.

[235] Cet impôt et celui de huit deniers pour livre avaient été décrétés par la célèbre ordonnance du 28 décembre 1355 tenue à la suite de la réunion des Etats Généraux à Paris le 30 novembre précédent. L’impopularité de ces taxes détermina l’assemblée qui se réunit de nouveau le 1er mars 1356 à les remplacer par une sorte d’impôt sur le revenu ou de capitation qui frappait inégalement les nobles, les clercs et les non-nobles.

[236] Le nombre de dix-sept, donné par les Grandes Chroniques de France, est confirmé par les lettres de rémission octroyées à Arras le 28 avril 1356 aux habitants de ladite ville par Arnoul d’Audrehem, maréchal de France, lieutenant du roi ès parties de Picardie, d’Artois et de Boulonnais: «Comme plusieurs commocions, rebellions, assemblées et monopoles eussent esté faites en la ville d’Aras, et encores de ce fust ensivi uns fais piteux ouquel Willaumes li Borgnes, Jaquemart Louchart, esquievin, Andrieu de Mouchi, bourgois de le dite ville, et plusieurs autres, jusques au nombre de dix-sept personnes, furent ochiz en le maison du dit Willaume, et aucuns d’iceulx jeté jus inhumainement en le Cauchie par les fenestres du dit hostel, et le ministre de le Trinité de l’Ordre Saint Mathelin et un autre navré mortelment, et depuis au tiers jour deux autres mis à mort par voie de fait...» Arnoul d’Audrehem fit décapiter en sa présence quatorze des coupables, jeter leurs cadavres à la voirie et suspendre les têtes au-dessus des portes de la ville (Arch. nat., sect. hist., JJ84, p. 528, fos 274 vº et 275). Des lettres de rémission furent accordées en octobre 1356 à André de Mouchi, cher, pour avoir tué Henri Wion d’Arras, accusé d’avoir provoqué la sédition et le meurtre du père du dit André. JJ84, p. 808.

[237] La tragique scène de Rouen eut lieu le mardi 5 avril 1356, d’après des lettres de Charles dauphin du 12 décembre 1357 (JJ89, p. 289) et les Grandes Chroniques de France (v. p. 414 de ce volume). On lit par erreur: «Le mardi sixiesme jour d’avril» dans l’édition de M. P. Paris, in-12, t. VI, p. 26.

[238] Le seigneur de Préaux fut exécuté avec Jean, comte de Harcourt, et Jean Malet, sire de Graville (Table de Lenain, U524, t. XXX, fº 64). Le 5 juin 1356, le roi Jean échangea une terre située dans le comté d’Alençon, provenant de la confiscation des biens de feu Jean Malet, sire de Graville, contre un manoir que Marie d’Espagne, comtesse d’Alençon, possédait à Saint-Ouen (Arch. nat., J169, nº 32). Le 13 juin 1356, le roi de France fit présent à la dite comtesse d’Alençon, pour elle et ses enfants, des biens ayant appartenu à Jean Malet à Séez et à Bernai (V. Desnos, Hist. d’Alençon, t. I, p. 388).