§ [410]. P. [95], l. 26: En ce tempore.—Ms. d’Amiens: En ce tempore que chil troy estat resgnoient, se coummenchièrent à lever tels manierres de gens qui s’appelaient Compaingnes, et avoient guerre à touttes gens qui portoient malètes. Or vous di que li prelat de Sainte Eglise et li noble se commenchièrent à naisir et tanner de l’emprise et ordounnanche dez trois estas; si en laissièrent le prouvost dez marchans couvenir et aucuns des bourgois de Paris, pour ce que chil s’en entremetoient plus avant qu’il ne vosissent.

Si avint, ung jour que li dus de Normendie estoit ou pallais à Paris à tout grant fuison de chevaliers et de prelas, li prevos des marchans assambla grant fuison des coummuns de Paris qui estoient de sa secte et de son accord, et portoient chil caperons tous sannablez, affin que mieux se reconneuissent. Si s’en vint li dis prevos ou pallais, envirounnés de ses hommes, et entra en le cambre dou duc et li requist mout aigrement qu’il volsist emprendre le fait dez besoingnes dou royaumme et mettre y consseil, par tant que li royaummes, qui à lui devoit parvenir, fust si bien gardés que telx mannierres de Compaignes qui regnoient, n’alaissent mies gastant ne robant le pays. Li dus respondi qu’il le feroit vollentiers, se il avoit le mise par quoy il le pewist faire; mais qui fesoit lever les prouffis et lez droitures appertenant au roy, le devoit faire: si le fesist.

Je ne say pourquoy ne coumment che fu, mès lez parolles montèrent si hault que là endroit furent, en le presence del duc, ochis trois dez plus grans de son consseil, si priès de lui que sa robe en fu ensanglentée. Et en fu il meysmes en grant peril; mès on li dounna uns des capperons à porter, et couvint que il pardonnaist là celle mort de ses trois chevaliers, les deux d’armes, et l’autre de lois. Si appelloit on l’un monseigneur Robert de Cleremont, gentil homme durement, et l’autre le seigneur d’Esconflans, marescal de Campaingne, et le canonne monseigneur Simon de Bussi: dont che fu grans pités, quant, pour bien dire et bien conseillier leur seigneur, il furent là enssi ochis. Fo 109.

P. [95], l. 26: tempore.—Mss. A 8, 9: temps.

P. [95], l. 26: regnoient.—Mss. A 8, 9: gouvernoient.

P. [95], l. 28: Compagnes.—Mss. A 8, 9: Compaignes.

P. [95], l. 27 à 29: gens.... malettes.—Ms. A 29: de toutes nations, et par especial Angloys, Bretons, Navarroys et Gascons, lesquels s’appeloyent Compagnies, en plus grand nombre que jamais n’avoyent esté, et avoyent guerre à toutes gens qui portoyent malettes ou bons fardeaux.

P. [95], l. 31: et.—Le ms. A 29 ajoute: nouvelle.

P. [96], l. 1: estas.—Le ms. A 29 ajoute: Et leur estoit avis que les besongnes du royaume n’en amendoyent pas, ains empiroyent de jour en jour, tant par le fait des Compagnies qui toujours croissoyent et dont journellement les plaintes venoyent à Paris de tous lés; et si n’y avoyt quelque provision ne resistance: pourquoy le plat pays, dont les pourveances venoyent et dont les cités et bonnes villes se vivoyent, estoit destruit, et brief en sourdroit grand famine.

P. [96], l. 4: volsissent.—Le ms. A 29 ajoute: en moult d’affaires.