P. [98], l. 7 à 15: il fist.... France.—Ms. A 29: Il fut averti par aucuns de la ville, ses amis, qu’il estoit moult bien en la grace de tout le peuple et qu’il se devroit plus monstrer qu’il ne faisoit, pour acquerir l’amour des gros et des menus. Si s’avisa qu’un jour il feroit assembler toutes manières de gens, prelats, chevaliers, clercs de l’université, bourgeoys et le menu peuple sur le cimetière de Saint Germain, comme il fit, car il estoit moult grant clerc; et là il prescha et remonstra sagement et bien en beau latin et en françoys, present le duc de Normandie regent et presens tous les autres dessus dicts, la complainte des griefs et grands villennies, qu’en maintes manières on lui avoit faits. Et bien dict que nul ne se vousist doubter de riens; car il vouloit vivre et mourir, en gardant et defendant le règne de France.

P. [98], l. 17: ancisserie.—Mss. A 8, 9: ancestre.

P. [98], l. 20: rois.—Le ms. A 29 ajoute: Edouart.

P. [98], l. 21: sachiés.—Le ms. A 29 ajoute: fermement.

P. [98], l. 22: recommendés.—Le ms. A 29 ajoute: de toutes gens et par especial des menus.

P. [98], l. 25: n’euissent.—Mss. A 8, 9: n’avoient.

P. [99], l. 1: s’i.—Mss. A 8, 9: se.

P. [99], l. 2: communauté.—Le ms. A 29 ajoute: de villains.

§ [413]. P. [99], l. 4: Assés tost.—Ms. d’Amiens: Assés tost apriès le delivranche dou roy de Navare, avint une mervilleuse grande tribulation en pluisseurs parties dou royaumme de Franche, si comme en Biauvesis, en Brie, sus le rivierre de Marne, en Laonnois, en Valois et tout jusques à Soissons; car aucunes gens de villes campestres sans chief s’asamblèrent en Biauvesis, et ne furent mies cent homme ly premier, et dissent que tout li noble del royaumme de Franche, chevalier et escuier, hounnissoient et traïssoient le royaumme, et que ce seroit grans biens qui tous les destruiroit. Chacun d’iaux dist: «Il dist voirs: hounis soit par qui ce demourra qu’il ne soient tout destruit.»

Lors se queillirent et s’en allèrent sans autre consseil et sans nulle armure, fors que de bastons fierés et de coutiaux, premiers à le maison d’un chevalier qui priès de là demouroit. Si brisièrent le maison et tuèrent le chevalier, la damme et les enfans, petis et grans, et ardirent le maison. En apriès, il allèrent à un autre fort castiel et fissent pis assés; car il prissent le chevalier et le loiièrent à une estache bien fort, et viollèrent le damme et le fille li pluisseur, li ungs apriès l’autre, voyant le chevalier; puis tuèrent le damme, qui estoit enchainte, et le fille apriès et tous les enffans et puis le chevalier, et ardirent et habatirent le castiel.