A celle paix ne voulut oncques accorder monseigneur Philippe de Navarre, ains dit à son frère qu’il estoit tout idiot et enchanté et qu’il se meprenoit grandement contre le roy d’Angleterre, à qui il s’estoit allié, et lequel roy luy avoit tousjours aidé, conforté et secouru. Si se partit monseigneur Philippe, par maltalent, du roy son frère, luy quatriesme tant seulement et chevaucha le plus tost qu’il peust vers Sainct Sauveur le Vicomte, qui lors estoit une forte garnison d’Anglois. Et en estoit capitaine, de par le roy d’Angleterre, un moult vaillant chevalier anglois nommé monseigneur Thomas d’Agorne, qui receut monseigneur Philippe de bon cœur et lui fit grand chère, et puis lui dit qu’il s’acquittoit loyaument devers le roy d’Angleterre. «Par mon serment, respondit le chevalier navarroys, toute promesse doit estre tenue; et pour ce doit chascun bien adviser de non promettre chose qu’on ne vueille tenir.»
P. [162], l. 27: bons françois.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19: homme du duc et son frère à estre.
P. [162], l. 28: trois cens.—Mss. A 1 à 6, 8 à 22: quatre cens.
P. [163], l. 13: Navare.—Ms. B 6: et l’appelloit cousin. En che tamps se deffist le siège devant Rennez en Bretaigne. Et s’en party le duc de Lenclastre et retourna en Engleterre et y mena le jone conte de Monfort. Fo 589.
§ [441]. P. [163], l. 16: Parmi l’ordenance.—Ms. d’Amiens: Or avint que li dus de Normendie et ses conssaux, qui adonc seoient devant Melun sus Sainne et avoient là assegiet le roy de Navare, si comme vous savés, par le pourkach dou vaillant evesque de Troies, un appert et hardi ghuerieur, ossi fisent tant enviers un puissant et vaillant chevalier et c’on tenoit à bon guerieur, et telx estoit ilz, hardis chevaliers durement, et l’appelloit on par son droit nom messires Brokars de Fenestrages, qu’il demora de lor ayde et proummist à aidier l’evesque de Troies et le pays de Campaingne à tout cinq cens lanchez à cheval, parmy une grande somme de florins qu’il devoit avoir. Si se traist messires Brokars en le cité de Troies et fist là son amas de gens d’armes et de brigans; et eut, que de ses gens, que de ciaux de Campaingne, parmy les gens l’evesque de Troies et le comte de Wedemont et le comte de Joni et monseigneur Jehan de Chalons, qu’il furent bien mil lanches et quinze cens brigans.
Si se traissent premierement ces gens d’armes, dont messires Brokars estoit chiés, devant le fort castiel de Hans en Campaingne. Là eut grant assault et dur et qui longement dura; mès en le fin, li dis castiaus fu concquis par force. Et furent pris tout chil Englès et Navarois qui dedens estoient, dont il en y avoit bien quatre vingt, et tout mis à l’espée sans merchy. Puis se retraissent ces gens d’armes dedens Troies, et eurent consseil entre yaux qu’il se trairoient deviers Pons sus Sainne et deviers Nogant; car là se tenoient tout chil qui leur faisoient tous les destourbiers. Si se partirent ung jour en grant aroy, et estoient bien douze cens lanches et neuf cens brigans. Fo 115 vo.
P. [165], l. 3: Joni.—Ms. A 7: Jouy. Fo 209 vo.
P. [165], l. 4: Brokars.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: de Fenestrages. Fo 219.
P. [165], l. 5: mil.—Mss. A 23 à 29: deux mille.
P. [165], l. 6: brigans.—Ms. A 17: gros brigans petaulx.