P. [184], l. 3: joie.—Ms. A 17 ajoute: et les essayèrent si bien à ce commencement et en burent tant qu’ils furent presque à moitié d’eulx tous ivres; et par especial, en un hostel où ils mistrent le feu, furent ars bien vingt pillars et quarante chevaulx, par trop boire.

§ [450]. P. [184], l. 13: En ceste.—Ms. d’Amiens: En celle meysme saison, avint que chils messires Brokars de Fenestrages, qui avoit estet de l’ayde le duc de Normendie et des Franchois encontre les Englès et les Navarrois et les avoit desconfi et bouté hors de pluisseurs fortrèches de Campaingne avoecq l’evesque de Troies et monseigneur Jehan de Chalon, ensi que vous avés oy chy devant, ne fu mies paiiéz de ses gaiges, si comme on li avoit proumis. Si en deffia le dit ducq de Normendie et tout le pays de Franche et fist puissedi ossi grant damage ou pays de Campaingne et environ Troies et Caallons que li Englès et Navarrois avoient fait. Et fu adonc, se guerre durant, que messires Ustasses fu delivréz, et y rendi grant painne, pour avoir le castiel d’Esconfflans dont il fist se garnison. Et ardi et pilla une trop bonne ville et trop grosse, en l’entrée de Bourgoingne, c’on dist Bar sus Sainne et tout le pays d’environ. Et quant il eut tout gasté et pilliet le pays, on li paya ce qu’il demandoit et encorres assés deseure pour ses arrieragez. Si s’en ralla en Loerainne et ou pays dont il estoit venus; mès partie de ses gens qui encorres volloient gaegnier et desrober le pays, et qui atendoient le venue dou roy englès qui devoit apasser le mer et venir devant Rains, si comme on le supposoit, ne se vorrent mies partir, mès tinrent le garnison d’Esconfflans et guerriièrent moult le pays.

En ceste meysme saison et en cel aoust l’an mil trois cens cinquante neuf, mist sus messires Robers Canolles une grande chevauchie de gens d’armes; et estoient bien troy mil combatans, uns c’autrez. Et se parti des marches de Bretaingne et s’en vint achevauchier tout contremont le Loire et entra en Berri; et cevauça tout parmy, ardant et essillant le pays, et de Berri entra en Auviergne.

Adonc, qui mieux mieux, se queillièrent li jentil homme d’Auviergne, de Roherge et de Limozin, et ossi li comtes de Forriès, qui mist sus bien quatre cens lanches. Et fissent leur amas chil seigneur, comte, baron et chevalier des pays dessus noummés, à Clermont en Auvergne, à Rion et à Monferant, et furent bien six mil combatans. Si eslisirent et ordounnèrent chil baron et chevalier quatre souverains de toutte leur ost: premierement le comte de Foriès, le jone comte Beraut daufin d’Auvergne, monseigneur Jehan de Bouloingne et le grant seigneur de Montagut, d’Auvergne. Et cevauchièrent contre ces pilleurs, gens de tous pays rassamblés, dont messires Robiers Canolles et Alle de Buef estoient chief, pour deffendre et garder leur pays; car autrement avoient li dessus dit pilleur empris de passer parmy Auvergne et de venir veoir le pappe et les cardinaux en Auvignon et avoir de leurs florins ossi bien que li Arceprestrez en avoit ew. Fo 117.

P. [184], l. 13: saison.—Le ms. A 29 ajoute: qui fut l’an mil trois cens cinquante neuf.

P. [184], l. 22 et p. 185, l. 26: pour.... assés.—Ms. A 29: remonstrer l’affaire de monseigneur Brocquart et de ses compagnons; si ne respondit pas bien à leur plaisance, mais les servit de rude langage, et retournèrent par devers le chevalier, sans rien besongner. Quant monseigneur Brocquart veit ce et que par douce voye il n’en auroit autre chose, il envoya defier le duc de Normandie et tout le royaume de France, et entra en une bonne ville et grosse, qu’on dit Bar sur Seine, où à ce jour il y avoit plus de neuf cens hostels. Ses gens la robèrent et coururent toute, mais ils ne peurent avoir le chastel, tant estoit fort et bien gardé. Sitost qu’ils veirent que point n’auroyent le chastel, bien dict monseigneur Brocquart que, de là longuement sejourner il leur en pourroit mescheoir; si conclud de soy retraire et ses compagnons en sa garnison. Si chargèrent leur pillage avec lequel ils emmenèrent plus de cinq cens, que prisonniers que prisonnières, et ardirent tellement la ville, qu’oncques n’y demoura estoc sur autre. Puis se retrahirent à Conflans dont ils avoyent fait leur garnison et firent depuis au pais de Champaigne plus de desroy et de domage, vilains faits et oultrageux qu’onques Anglois ne Navarroys n’avoyent fait. Quant messire Brocquart et ses gens eurent ainsi couru et robé le pais de Champagne, de Brie, de Retheloys et ailleurs, on s’accorda devers eux, et eurent tout ce qu’ils demandoyent, et plus assez; car le duc de Normandie et le conseil, voyant que son pouvoir lui croissoit de jour en jour et qu’il seroit bien en lui de tenir le pais en grant douleur, conclut de contenter luy et ses compagnons. Quant monseigneur Brocquart eut ce qu’il demandoit, il se retrait en Lorraine dont il estoit parti, et y ramena sa routte et ses compaignons tous riches des pillages qu’ils avoyent faicts en France, et ainsi il laissa en paix le pais de Champagne et le royaume, quant il eut faict des maulx et des outrages sans nombre; ne autre amandise ne s’en ensuivit, car les princes estoyent lors divisés et tous devoyés l’un contre l’autre.

P. [185], l. 3: France.—Ms. A 17: et dist par l’ame son père qu’il seroit payé maugré lui et toute sa puissance, avant qu’il partist du royaume, et qu’il s’en paieroit au double par sa main. Mais, nonobstant ce, le dit duc et son conseil n’en firent point adoncques grant compte: dont le dit heraut fut moult esbahi et s’en retourna sans aucune response convenable; et fit tant qu’il retourna par devers monseigneur Broquart, lequel, tantost oïes les responsces du dit duc de Normandie par le dit herault, entra avec sa route.

P. [185], l. 11 et 12: cinq cens.—Mss. A 20 à 22: quinze cens.

P. [185], l. 16: estos.—Mss. A 15 à 17: chevron. Fo 224 vo.

P. [186], l. 12: deus.—Ms. A 29: quatre.