P. [186], l. 14: d’Auvergne.—Le ms. A 29 ajoute: monseigneur Jehan de Boulogne et le seigneur de Montagu, d’Auvergne.

P. [186], l. 16: Alle.—Mss. A 8, 9: Albrest.—Mss. A 20 à 22: Alain.

P. [186], l. 17: Buef.—Mss. A 8, 9, 20 à 22: Beuch.

§ [451]. P. [186], l. 22: Tant chevaucièrent.—Ms. d’Amiens: Tant chevaucièrent chil seigneur d’Auviergne avoecq leur routtes et leur arrois qu’il vinrent à une petite journée priès de ces guerieurs qui se noummoient Englès, et veirent d’une montaingne où toutte leur ost estoit arestée, les fummièrez que li ennemy faisoient. A l’endemain, il s’adrechièrent celle part; et estoit bien leur entente que d’iaux combattre, se il les pooient ataindre. Che soir, il vinrent à deux petittes lieuwes dou pays priès d’iaux: dont prissent il terre et se logièrent tout sus une montaingne. Et li Englèz estoient sus une autre, et veoient tout clerement les feus qu’il faisoient en une host et en l’autre. Si passèrent celle nuit.

L’endemain, se deslogièrent les Franchois et se traissent plus avant tout à le couverte, car il congnissoient le pays, et s’en vinrent à heure de nonne logier sus une montaingne droit devant les Englèz; et n’y avoit d’entre deus que une prairie, espoir large de six bonniers de terre, et pooient clerement connoistre et veoir l’un l’autre. Quant li Englès virent venu les Franchois devant yaux, par samblant il en fissent grant chierre, et s’ordonnèrent tantost, si comme pour combattre, et missent tous lors archiers ou pendant de le montaingne devant yaulx.

Li seigneur de Franche, qui perchurent ce couvenant, s’ordonnèrent ossi et fissent deux bonnes bataillez bien et faiticement: en chacune avoit six mil hommes. Si avoit le premierre li daufins d’Auviergne et comtes de Cleremont; si l’apelloit on Beraut, et devint là chevaliers, et leva bannierre escartelée d’Auviergne et de Merquel. Si estoient dalléz lui messires Robers daufins, ses oncles, et li sirez de Montagut, messires Henris de Montagut, qui là devint chevaliers, et li sires de Calençon et li sirez de Rochefort et li sires de Serignach. En l’autre bataille estoient li comtes de Forès et messires Jehans de Bouloingne et messires Godeffroix de Bouloingne, ses frères, qui là devint chevaliers et leva bannière, et li sires d’Achier et ses filz, qui y devint cevalierz, et li sires d’Achon et li comtes d’Uzès et messires Renaus de Forès, frères au dit comte, et pluisseur autre chevallier et escuier, en grant vollenté de combattre ces compaingnes, si comme il le moustroient.

D’autre part, messires Robers Canolles et Alle de Buef et leur routtez par samblant moustroient que il ewissent grant vollenté. Ensi se tinrent jusquez au soir l’un devant l’autre, chacun en son fort sans lui mouvoir, fors tant qu’il y eut aucuns jones chevaliers et escuiers qui, pour acquerre pris d’armes, descendirent, par le congiet de leurs marescaux, des montaignes et vinrent ens ou pré jouster li ungs à l’autre. Et qui pooit conquerre se compaignon, il l’en menoit; mès pour ce ne se desroutèrent onquez les batailles, pour jouste ne escarmuche qui faite y fust. Fo 117 vo.—Le ms. A 1 abrége tellement ce paragraphe et les suivants jusqu’au § 462 qu’ils remplissent à peine un feuillet.

P. [186], l. 22 à 27: Tant.... faisoient.—Ms. A 29: Tant chevauchièrent ces barons et chevaliers d’Auvergne avec leurs routtes et leur arroy qu’ils approchèrent à une petite journée près de l’ost monsigneur Robert Canolle, lequel avoit, à troys mille combattans, routté et chevauchié, comme dit est, en la duché de Berry, ardant et exillant celle bonne contrée qui tant est fertille, et de là estoit il entré en Auvergne.

P. [186], l. 24: guerrieurs.—Ms. A 17: Jacques pillars.

P. [187], l. 9 et 10: six bonniers.—Mss. A 23 à 29: douze arpens.