P. [187], l. 18 et 19: cinq mil.—Mss. A 8, 9, 15 à 19: six mil. Fo 225.
P. [187], l. 31: li contes.—Mss. A 15 à 17: le viconte.
P. [187], l. 31: contes.—Mss. A 8, 9: viconte.
§ [452]. P. [188], l. 16: Quant ce vint.—Ms. d’Amiens: Quant ce vint au soir et que li journée se fu partie sans bataille, chacuns se retraist à son logeis, et fissent bon get et grant. Or se traissent en consseil le seigneur de France et conssillièrent entre yaux que, à heure de mienuit, il partiroient de là et descenderoient leur montaingne, non deviers les ennemis, mès au plain par où il estoient monté. Et pour tant seullement tourniier les montaingnes deux lieuwes, il veroient tout au plain là où li Englès estoient, et encorres si matin que espoir ne seroient il mies tout armé. Celle ordounnanche fu affremée entre yaux, et le devoit chacuns sires dire à ses gens; et se devoient armer et partir qoiement sans point de friente, et le dissent si comme ordonné fu; mès oncques ne se seurent che demener que li Englès ne le sewissent tantost, et par un prisonnier des leurs, si comme on supposa depuis, qui s’embla et vint en l’ost monseigneur Robert Canolle, et li comta tout le couvenant des barons d’Auviergne, quel cose il avoient empris.
Quant messires Robers entendi ces nouvelles, il se traist à consseil avoecq aucuns de chiaux de son host où il avoit le plus de fianche. Et regardèrent l’un parmy l’autre, tout comsideré et ymaginet le puissanche des Franchois, que che n’estoit mies bon d’iaux atendre. Si fist et en l’eure armer ses gens, tout toursser, monter et partir et chevauchier en voies, et yaux faire conduire par ghides des gens dou pays qu’il tenoient pour prisounniers et qui savoient les adrèches et tous les chemins. Nonpourquant à l’eure ordounnée, li Franchois s’armèrent et partirent en leurs batailles bien ordonnement, et fissent tout ensi que devisé avoient, et vinrent droit au point dou jour sus le montaigne où il quidoient trouver les Englès; mès nulz n’en trouvèrent, dont il furent moult esmervilliet qu’il pooient y estre devenu. Si fissent monter quatre de leurs hommes sus ronchins bien appers, et chevauchièrent par ces montaingnez à savoir s’il en oroient nulles nouvelles. Chil raportèrent en leur host, environ heure de grande tierche, que on les avoit veu passer, et noummèrent le chemin, et qu’il s’en aloient deviers Limoges et en Limozin.
Quant li seigneur et li baron d’Auviergne entendirent chou, si n’eurent mies consseil dou plus poursuir, car il leur sambla qu’il perderoient leur painne et que assés honnerablement il avoient chevauchiet, quant il avoient boutés leurs ennemis hors de leurs pays. Si donnèrent li seigneur à touttes mannierres de gens congiet, pour raller en leurs lieus. Enssi se deffist celle grosse chevauchie d’Auviergne, et revinrent li seigneur en leurs maisons. Assés tost apriès, fu fais li mariaiges de ce gentil chevallier monseigneur Beraut, conte de Clermont, daufin d’Auviergne et sire de Merquel, à le fille au gentil comte de Foriès, nièche et cousinne germainne à ciaux de Bourbon de par medamme se mère. Or revenrons au roy Edouwart d’Engleterre et au grant aroy qu’il fist en celle année pour passer le mer. Fo 117 vo.
P. [188], l. 29: fu.—Ms. A 29: Mais les seigneurs françoys ne sceurent leur entreprise si bien, ne si secretement conduire que les Anglois n’en fussent incontinent avertis par un homme d’armes angloys qui estoit prisonnier en l’ost des François, lequel s’embla de son maistre si à point qu’il vint advertir monseigneur Robert Canolle de toute l’intention des Françoys. Et quant il entendit ce que dict est, il se retraict à conseil avec aucuns de son ost où il avoit plus de fiance, et là leur fit par le prisonnier relatter tout ce qu’il sçavoit de l’ordonnance et entreprise des Françoys. Et ainsi, tout consideré et la puissance de leurs ennemis que ils veoyent moult grande au regard de la leur, il n’estoit mie bon d’eulx attendre. Lors troussèrent toutes leurs bagues et partirent de ce lieu; si se firent conduire par aucuns hommes du pais qu’ils tenoyent pour prisonniers. A l’heure de minuict, les François, comme ordonné estoit, se meirent en arroy de bataille, et s’en allèrent tout le train qu’ils vouloyent tenir en telle manière qu’ils vindrent à l’adjournement sur la montagne où bien cuidoyent trouver les Anglois. Et quant ils congnurent qu’il n’y avoit ame et qu’ils estoyent delogés, les seigneurs ordonnèrent de chevaucher des leurs des plus apperts et fort montés, par les montaignes, pour savoir s’ils en orroyent nulles nouvelles. Iceux chevaucheurs rapportèrent en leur ost à heure tierce, qu’on les avoit veus passer; et nommèrent le chemin où, et qu’ils s’en alloyent devers Limoges en Limosin. Quand ces seigneurs d’Auvergne virent que monseigneur Robert Canolle et ses routtes leurs estoyent ainsi eschappés, sans bataille avoir, ils rompirent leur chevauchée, et ralla chascun en sa maison.
§ [453]. P. [190], l. 11: Li rois d’Engleterre.—Ms. d’Amiens: Vous avés bien chy dessus oy compter quel appareil li roys englès faisoit pour venir en France, et estoit si grans et si gros que oncques devant ne apriès, on ne vit le pareil en Engleterre: de quoy tout signeur de l’Empire, qui autrefois l’avoient servi, s’avanchoient de venir vers lui, ou il y envoioient leurs enfans. Et partout chevalier et escuier et gens d’armes se commencièrent à pourveir grossement et chierement de chevaus et de harnas, chacuns dou mieux qu’il peult, seloncq son estat; et se traist chacuns, dou plus tost qu’il peult, par deviers Callais. Mais li roys et ses gens ne vinrent mies sitost à Callais c’on penssoit. Si y vinrent tant de gens d’armes à Calais estragniiers, le tamps pendant, atendant la venue dou roy, que li ville fu si plainne de gens et li hammiel d’entours, que on ne se savoit où hebregier ne chevaus estaubler. Et avoecq chou, pains, vins, fuerres, avainnes et touttes coses y estoient si chières que on n’en pooit recouvrer, pour or ne pour argent. Et toudis leur disoit on: «Li roys venra à l’autre sepmainne.»
Enssi atendirent tout chil seigneur alemant, missenaire, hasbegnon, braibenchon, haynuyer et flamencq, povres et riches, la venue dou roy englès, de le fin d’aoust jusques à le Saint Remy, à grant meschief et à grant coust, et à si grant povreté qu’il couvint les pluisseurs des plus riches vendre les milleurs de lors jeuiaux; et, se li roys fuist adonc venus à Calais, il ne sewist où hebregier ses gens. Et si estoit bien doubtance que chil signeur, qui tout avoient despendut, ne se volsissent point partir de Calais, pour roy ne pour autre, se on ne leur ewist rendus tous leurs despens de deniers appareilliés. Fos 117 vo et 118.
P. [191], l. 5: jeuiaus.—Mss. A 8 à 10, 15 à 17 et B 6: chevaux.