P. [194], l. 17: Hesbegnons.—Mss. A 1 à 7, 18 à 29: Behaignons, Bahaignons. A 7, fo 215 vo.
P. [194], l. 23: Renars.—Mss. A 23 à 29: Regnault.
§ [456]. P. [194], l. 27: Ensi que li dus.—Ms. d’Amiens: Enssi que li dus de Lancastre et chil seigneur et chil chevalier estrainge chevauchoient deviers Calais pour trouver le roy Edouwart que tant avoient desiret, il rencontrèrent sur leur chemin à quatre lieuwes priès de Callais, à si grant multitude de gens d’armes que tous li pays en estoit couvers, et si richement armés et parés que c’estoit merveillez et grans deduis à regarder lors armes luisans, lors bannierres ventellans, lors conrois, par ordene, le petit pas chevauchans, ne on n’y seuwist riens amender. Quant li dus de Lancastre et chil estrange seigneur deseure dit furent parvenut jusques au roy, il les fist moult grant chière et liement lez salua, et les regracia moult humblement de leur serviche et de ce qu’il estoient là venu de leur bonne vollenté.
Tantost chil signeur estrange, allemant miessenaires, flamens, bourghignons, hasbegnons, braibenchons et tout enssamble demoustrèrent au roy moult humblement leur povreté et necessité, comment il avoient leur avoir despendu, lors cevaux et lors harnas vendus, si ques peu ou nient lor estoit demouret pour lui servir, pour cui il estoient là venus, ne pour raller en leur pays, se besoings estoit, en lui priant que par sa noblèche il y volsist entendre et regarder. Li roys Edouwars se consseilla assés briefment tout à cheval enmy les camps là où il estoit. Si lor respondi courtoisement qu’il n’estoit mies bien pourveus de là endroit respondre plainnement: «mès estes durement travilliéz, si comme je pense, che dist li roys; si vous allés reposer et rafreschir deux jours ou trois dedens Callais, et je me aviseray et conseilleray encore anuit ou demain plus plainnement, et vous envoieray responsce telle qu’elle vous devra souffire par raison et seloncq mon pooir.»
Ces estrangez gens n’en peurent adonc avoir autre cose. Si se partirent dou roy et s’en allèrent par deviers Callais pour là atendre le bonne responsce dont il avoient grant esperance d’avoir plenté de mounnoie, pour aligance de leurs frès et de lors dammaiges. Il n’eurent mies plus de demy lieuwe allet qu’il encontrèrent le plus grant charoy et le plus bel de touttes pourveanchez et le mieux appareilliet qui oncques fust veus en nul pays. Apriès il encontrèrent le prinche de Galles si noblement et si ricement parés d’armes, il et touttes ses gens, que c’estoit merveilles et deduis à regarder; et avoit si grans gens en son conroy que tous li pays en estoit couvers. Et chevauchoient tout le coumun pas rengiés et sierés, ensi que pour tantost combattre, se mestiers en fust, tousjours une lieuwe ou deux enssus de l’host le roy sen père; si ques lors charois et lors pourveanchez charioient tousjours entre les deux hos: laquelle ordonnance chil seigneur estrange virent vollentiers, et moult le prisièrent. Fo 118 vo.
P. [194], l. 28: retournoient.—Ms. B 4: retournèrent. Fo 211 vo.
P. [195], l. 4: ordene.—Ms. B 4: ordre.—Ms. A 7: ordenance. Fo 216.
P. [195], l. 11: estragne.—Mss. B 4 et A 7: estrangiers.
P. [195], l. 12: Hesbegnon.—Mss. A 23 à 29: Behaignons.
P. [195], l. 26: anuit.—Ms. B 4: an nuyt.