P. [192], l. 20: refierer.—Ms. A 7: refier.

P. [192], l. 20 et 21: tourser.—Ms. A 7: trouser.

§ [455]. P. [193], l. 1: Quant ces gens.—Ms. d’Amiens: Quant ces gens d’armes eurent sejourné quatre jours au Mont Saint Eloy, et gastet et robet tout le pays environ, il se partirent de là et se traissent par deviers le rivierre de Somme et par deviers Bapaummes, pour venir vers Peronne en Vermendois; et ne cheminoient non plus de deus ou de trois lieuwes le jour. Si gastèrent tout le pays sieuwant le rivierre de Somme, tant que il vinrent à une ville fremmée que on claimme Bray sur Somme; si l’assaillirent fortement et durement. Et dura li assaus ung jour tout enthier, et y pardirent grant fuisson de leurs gens; car cil de le ville se deffendirent vassaument parmy le confort dou comte de Saint Pol et dou seigneur de Rainneval et d’aucuns chevaliers et escuiers dou pays qui se vinrent bouter à bien deus cens lanches: autrement elle ewist estet prise. Quant il virent que il ne le poroient avoir, et que trop leur coustoit de leurs gens, il se partirent et sieuwirent le dite rivierre à grant mesaise de pain et de vin, et vinrent à une ville que on claimme Cherisi, là où il trouvèrent souffissamment pain et vin. Si passèrent là endroit le rivierre au pont qui n’estoit mies deffais, et sejournèrent là le jour de le Toussains.

En ce sejour, vinrent nouvelles au duc de Lancastre que li roys Edouars ses sires estoit venus à Callais, et li mandoit que tantost il se traisist par deviers lui à toutte se compaignie. De ces nouvelles furent liet tout li compaignon d’estraingnes pays pour l’esperance d’avoir mounnoie, qui avoient eubt grant faulte d’argent et enduret tamainte grande mesaise de famine. Si se partirent liement de là et rapassèrent le rivierre là meysmes, et se retrairent par deviers Calais là où ilz cuidoient trouver le roy Edouwart. En celle chevauchie furent messires Henris de Flandres à tout deus cens armures de fier dou pays de Flandres. Si y furent, de Braibant, messires Henris de Bautresen, sirez de Berghez, messires Gerars de le Heyde, sires de Bautresen, et messires Francques de Halle. De Haynnau y furent messires Gautiers de Mauni et li jones sires de Goumignies, à belle routte de compaignons. De Hesbegnons y furent messires Ghodeffrois, sires de Harduemont, et messires Jehans ses filz, messires Ghautiers de Haultepenne ses cousins, messire Jehans de Duras, messires Thieris de Sieraing, messire Ghautiers de Sieraing ses frères, messires Rasses de Jumeppe, messires Gilles Sorles, messires Jehans de Bernamont, messires Renars de Berghez et pluisseurs autres. Les Allemans, les messenairez d’estrainges pays ne poroie savoir tous nommer: si m’en tairay atant. Fo 118.

P. [193], l. 2: Mont Saint Eloy.—Ms. A 29: Quant ils eurent robé et couru et fort gasté tout le pais d’environ, ils partirent de celle noble abbaye et chevauchèrent sans sejourner fors de nuit tant qu’ils vindrent devant la ville de Bray sur la rivière de Somme, laquelle ils assaillirent toute la journée. Et y mourut un vaillant banneret d’Angleterre et plusieurs autres escuyers et archers, car ceulx de la ville se deffendirent vaillamment. Et bien leur fut mestier par le grant et aspre assault qu’ils receurent. Aussi le conte de Saint Pol et le seigneur de Rainneval et d’autres chevaliers, qui de cel assault se doutoyent, vindrent, à deux cens lances, se bouter par derriere en la ville de Bray, à l’heure que cel assault se commençoit, qui leur fut un grant reconfort.

Et quant les Anglois veirent qu’ils n’y pourroient riens conquester, fors perdre assez, ils s’en partirent ce soir mesme et suivirent le rivière de Somme, à grant defaute de pain et de vin par especial; et vindrent à un gros village appelle Cherisi l’endemain matin, là où ils trouvèrent suffisamment pain et vin, chairs et fromages, dont ils furent moult resjouis. Et quant ils se feurent repeus, ils chargèrent et emportèrent tout ce qu’ils trouvèrent de vivres. Si passèrent là endroit la rivière de Somme, au pont de bois qui n’estoit encores rompu ne defait; et sejournèrent illec la nuict et l’endemain qui fut le jour de Tous Saints, car à si bon jour le duc n’avoit mie intention de faire nul exploict d’armes.

P. [193], l. 20 et 21: qui.... Carlestonne.—Ces mots manquent dans les mss. A.

P. [193], l. 21 et 22: de quoi.... peurent.—Mss. A 11 à 14: dont le roy anglois, qui en oit nouvelles, fut moult courroucié, mais amender ne le pot.

P. [194], l. 4: compagnie.—Les mss. A 11 à 14 ajoutent: aussi, à voir dire, n’osoit il passer plus avant, tant pour ce qu’il avoit perdu de ses gens grant foison devant Bar sur Somme (sic), comme pour la doubte du gentil conte de Saint Pol et sa route.

P. [194], l. 14: le Heide.—Mss. A 20 à 22: la Hede.—Ms. B 4: le Horde. Fo 211 vo.—Mss. A 23 à 29: la Herde.—Ms. A 3: la Harde.—Mss. A 15 à 17: la Heude.