P. [211], l. 4: peurent.—Ms. A 29: L’evesque Pierre de Cambray et le Conseil du pais de Cambresis, qui est terre de l’Empire, ne l’eussent jamais pensé; et pour celle cause, ils n’avoyent rien retraict dedans les forteresses. Ils conclurent que, sur bon saufconduit, ils envoyeroyent par devers lui remonstrer le grant domage qui leur estoit faict tous les jours. Incontinent que le saufconduit fut venu, car le roy l’accorda voulentiers, ils envoyèrent certains messages bons clercs et toutes gens d’authorité, pour sçavoir à quel tittre on leur menoit telle guerre.

Quant le roy d’Angleterre et son conseil eurent entendu la doleance de tout le Cambresis, on respondit aux messagers que le roy estoit bien averti que au temps passé et par maintes foys ils avoyent fait alliances et baillé de grans confors aux François et soustenus en leurs villes et forteresses, et fait aussi avant partie de guerre aux vassaux et féodaux, comme leurs ennemis propres: dont le roy estoit fort indigné sur le pais, et pour tant estoit il venu passer par icelle terre, pour monstrer à tous leur grand faulte. Lorsque ces messagers virent que autre chose ne povoient exploicter, ils retournèrent par devers l’evesque et les seigneurs du pais; et racontèrent comment il leur avoit esté respondu et que autre chose n’i sauroyent proufiter. L’evesque dict: «Beaux seigneurs, il fault cest orage laisser passer à son plus bel. Il est vicaire de l’Empire, sur quoy je et vous estions appuyés qu’ils deporteroyent le Cambresis de pillage, comme ils ont la comté de Haynaut. Mais le roy et son conseil se savent que avons favorisé les François, ce qui peut estre comme chascun sçait; et pour conclure, il fault garder la cité tout premièrement et puis les chasteaux, villes et forteresses à son loyal povoir, et du demourant faut tout mettre en la main de Dieu.» Atant fina le parlement.

P. [212], l. 6: estrains.—Les mss. A 11 à 14 ajoutent: car ceulx de Reins, de Troies, de Chaalons, de Sainte Maneholt et de Hans n’avoient riens laissié ès villages, mais fait amener toutes garnisons ens ès bonnes villes et chasteaulx.

P. [212], l. 15: Cavenci.—Ms. A 7: Canenci. Fo 219 vo.—Ms. B 4: Chavensi. Fo 215 vo.

P. [212], l. 29: Wark.—Mss. A 1 à 8, 11 à 14, 18, 19: Warch.

P. [213], l. 1: Auques.—Ms. B 6: Assés tos après que le roy d’Engleterre fut là venus, messires Ustasses d’Auberchicourt, qui estoit en la ville de Athegni sur Asne, avoit grant garnison et grosse de vins, car ses gens avoient tout pilliet le pais de là environ; ne riens n’y avoit demoret bien une journée entour yauls. Et envoia messires Ustasses au roy d’Engleterre deux cens pièches de vins: dont le roy ly en sceut moult grant gré, et en departy as barons et as chevaliers de l’ost qui furent de che vin bien et grandement rafreschy. Fo 600.

§ [463]. P. [213], l. 8: Entrues que.—Ms. d’Amiens: Entroes que li sièges estoit devant Rains, queroient li aucun chevalier de l’host les aventurez. Dont il avint que messires Jehanz Cambdos, messires James d’Audelée, li sirez de Muchident et messires Richars de Pontcardon et leur routtes, chevauchièrent si avant deviers Chaalons et en Campaingne qu’il vinrent à Carni en Dormois, ung biau fort. Si le regardèrent et avisèrent; si dissent par acord qu’il yroient veoir che castel de plus priès et l’asauroient. Si ordonnèrent leurs gens et se missent tout à piet, et coumenchièrent à assallir fortement et radement. Par dedens avoit en garnison deux bons chevaliers qui le gardoient, dont li ungs avoit nom messires Edouwars dou Bos, et li autres messires Ghuis de Caples, et s’arme d’or à une croix ancrée de sables. Là eult fort assault et dur, car li chevalier et leurs gens se deffendoient très bien, et ossi il estoient assailli asprement. En cel assaut et par grant mesaventure dou jet d’une pière fu conssievis li sires de Muchident sus sen bachinet, qui fu dou cop tous effondrés et la teste ossi, et fu là abatus et morut de ce cop: dont tout si compagnon furent durement courouchiet, et assallirent plus fort que devant. Là eut fait maintez appertisses d’armes, mès finablement li castiaux fu pris par force, et li chevalier qui dedens estoient et tout li homme d’ounneur, et amennet en l’ost devant Rains.

En ce tamps, entroes que on seoit par devant Rains, se resmut une haynne et uns grans mautalens entre le roy de Navarre d’une part, et le duc de Normendie, d’autre: le raison ne le cause pourquoi, ne sai je mies moult bien. Mès il avint que li roys de Navarre se parti de Paris et s’en vint à Mantes sus Sainne, et deffia le duc de Normendie et le coummença à gueriier durement et asprement.

Et adonc prist, en l’ombre de se guerre, ungs escuiers de Brouxelles, appert homme d’arme durement, qui s’appelloit Wautre Obstrate, le castiel et le tour de Roleboize, seant sus Sainne, qui moult greva chiaux de Paris et dou pays environ, et le tint ung grant temps; et quant il s’en parti, il eut douze mil frans. Fos 119 vo et 120.

P. [213], l. 14: Carni.—Mss. A 1 à 7, 11 à 22, 30 à 33: Chargny. Fo 240 vo.—Mss. A 8, 9, 23 à 29: Charny. Fo 212.