[248] Aisne, arr. Laon, c. Sissonne.
[249] Aisne, arr. Laon, c. Marle.
[250] Ardennes, arr. Vouziers. La forteresse d’Attigny, située sur l’Aisne, commandait le cours moyen de cette rivière dont une autre forteresse, également occupée par Eustache, celle d’Autry (Ardennes, arr. Vouziers, c. Monthois) commandait le cours supérieur. Eustache d’Auberchicourt faisait la guerre de partisan comme on exercerait la plus lucrative des industries. Ainsi, le 19 mai 1360, Louis de Male délivra commission pour imposer sur les habitants du comté de Rethel la somme de 25 000 deniers d’or qu’ils avaient promis de donner à Eustache d’Auberchicourt pour retirer de ses mains les forteresses de Manre (Ardennes, arr. Vouziers, c. Monthois) et d’Attigny (Arch. dép. du Nord, 1er reg. des Chartes, fo 174 vo). Un mois plus tard, le 16 juin 1360, par contrat passé devant Pierre et Thomassin de Cusy, notaires jurés à Sainte-Menehould, noble homme messire Eustache d’Auberchicourt, chevalier, vendit à haut et puissant prince monseigneur Robert, duc de Bar, marquis du Pont, moyennant 7 000 florins d’or au mouton et 1000 florins par-dessus le marché, qui devaient être remis à messire Courageux de Mauny et à messire Gui de Nevill, chevaliers, la forteresse d’Autry «laquelle li avoit esté donnée par haut et puissant prince son très chier seigneur le roy d’Angleterre, comme terre acquise et conquestée par armes....» Cet acte de vente stipule que tous les approvisionnements entassés à Autry seront livrés au duc de Bar. «Et aussi seront et doient estre au dit monseigneur le duc toutes les finances et raençons que les villes et li pais ont fait par devers le dit monseigneur Eustace et ses genz, qui sont deues et à avenir, tant de vivres comme de deniers; et li baillera et li a le dit messire Eustace promis à baillier touz les papiers, lettres et seurtés qu’il a et puet avoir sur les dittes raençons....» Le régent ratifia cette vente à Compiègne en juillet 1360 (JJ88, no 11). Un paladin aussi pratique qu’Eustache d’Auberchicourt était un fort beau parti. Aussi, le voyons-nous cette même année 1360, le 29 septembre, épouser à Wingham, dans le comté de Kent, la propre nièce de la reine d’Angleterre, Elisabeth de Juliers, veuve du comte de Kent. Coxe, The Life of Black Prince, notes, p. 367.
[251] Bagnols-sur-Cèze, Gard, arr. Uzès.
[252] Les premières prophéties de Jean de la Roche Taillade, qui avait étudié cinq ans à l’université de Toulouse et appartenait à l’ordre des Frères Mineurs de la province d’Aquitaine et de la maison de Rodez, sont datées de la prison du pape Clément VI, dite du Soudan, à Avignon, au mois de novembre 1349 (Bibl. nat., fonds latin, no 3598). D’autres ouvrages de cet illuminé, qui s’occupait aussi de médecine et d’alchimie, sont conservés à la même bibliothèque, fonds latin, sous les nos 7151, 7167, 7371, 11200 et 11202. M. Kervyn de Lettenhove, dans une savante note de son édition des Chroniques de Froissart (t. VI, p. 493 à 495), indique un certain nombre de manuscrits des ouvrages de Jean de la Roche Taillade conservés à Bruges, à Cambridge, à Oxford, à Mayence, à Rome et à Bâle.
[253] Seine-et-Oise, arr. Corbeil, c. Arpajon, au sud de Bourg-la-Reine. D’après les Grandes Chroniques de France (t. VI, p. 169), Édouard vint loger en l’hôtel de Chanteloup (auj. château de la commune de Saint-Germain-lés-Arpajon), entre Montlhéry et Châtres (Arpajon), le mardi 31 mars; il était encore à Chanteloup le lundi 6 avril, jour où il confia à Jean Chandos la garde de son château de la Fretty et de la Tour Saint-Christophe en Normandie (Rymer, vol. III, p. 480). Des négociations, qui furent entamées le vendredi saint 3 avril à la maladrerie de Longjumeau, restèrent sans résultat. Le mardi 7 avril, Édouard s’approcha plus près de Paris et vint loger à Châtillon près Montrouge, tandis que les autres corps de son armée s’établissaient à Issy, à Vanves, à Vaugirard, à Gentilly et à Cachan. Si l’on veut savoir comment le régent et par suite le rédacteur des Grandes Chroniques a pu être si bien renseigné jour par jour sur les mouvements de l’armée ennemie, on n’a qu’à lire la pièce suivante où l’on reconnaît l’esprit pratique et nullement chevaleresque du futur Charles V. Par acte daté de Paris le 13 avril 1360, Charles régent accorda des lettres de naturalisation et de bourgeoisie parisienne à son amé Jean Cope, originaire d’Angleterre, «et de nouvel, pour le temps que le roy d’Angleterre a esté près de nostre bonne ville de Paris, le dit Jehan, qui bien savoit et scet parler le langaige d’Angleterre, ait exposé et mis en avanture son corps, sa vie et sa chevance pour nous faire certains services qu’il nous a faiz au grant proufit de monseigneur, de nous et du royaume, pour lesquiex nous nous reputons et devons reputer pour grandement tenuz à lui; nous, pour les causes dessus dittes et plusieurs autres qui à ce nous ont meu et doivent mouvoir, voulans au dit Jehan Cope, comme à celui qui bien l’a desservi, faire grace especial qui soit à lui et aus siens honnorable et prouffitable, si que les autres de sa nativité et d’autres nacions estranges, qui sauront la ditte grace à lui faite, doient, à l’exemple de lui, eulx efforcier de eulx loyaument porter envers monseigneur et nous....» JJ90, no 510.
[254] L’armée anglaise était campée entre Arpajon (Châtres) et Montlhéry. Arpajon fut alors le théâtre d’un des faits les plus atroces de cette épouvantable guerre. Jean de Venette dit (Contin. de G. de Nangis, éd. de Geraud, t. II, p. 304 à 306) qu’un noble, capitaine de l’église de ce village, y fit mettre le feu et y brûla environ neuf cents personnes, parce que les paysans des environs, réfugiés dans cette église convertie en forteresse, se voyant abandonnés par la garnison chargée de les garder, et ne pouvant tenir plus longtemps, menaçaient de se rendre aux Anglais. Des lettres de rémission, que Geraud n’a pas connues, nous font connaître le nom de ce capitaine, qui est qualifié écuyer et qui s’appelait Philippe de Villebon. La conduite de ce capitaine fut d’autant plus infâme que les malheureux habitants d’Arpajon avaient résisté pendant plus d’une semaine à tous les assauts des Anglais. «.... Et quia postquam idem rex et ejus gentes steterant per septem dies ante fortalicium predictum, illud hostiliter et viriliter invadendo....» Elle fut d’autant plus lâche que Philippe, avant de mettre le feu à l’église, avait séparé son sort de celui des habitants confiés à sa garde et avait mis sa personne et celle de ses compagnons en sûreté dans des guérites. «.... Dum ipse Philippus et nonnulli alii socii sui secum erant superius in dicto fortalicio ad garitas....» Pendant que tous ces pauvres paysans périssaient dans les flammes allumées par Philippe de Villebon et où les Anglais repoussaient ceux qui essayaient d’y échapper, leur capitaine se tenait «subtus votas seu columpnas turris dicti monasterii....», et il ne sortit de sa cachette que vers minuit, non sans avoir tué un de ses hommes qui se trouva sur son passage et qu’il avait pris pour un Anglais. Le régent n’en accorda pas moins à Philippe de Villebon des lettres de rémission, d’où nous avons tiré ces détails qui confirment le récit de Jean de Venette, lettres que le roi Jean renouvela et confirma en février 1361 (n. st.). JJ89, no 458, fo 203.—Les habitants de Boissy-sous-Saint-Yon en la châtellenie de Montlhéry (Seine-et-Oise, arr. Rambouillet, c. Dourdan) et de Toury en Beauce (Eure-et-Loir, arr. Chartres, c. Janville) soutinrent aussi des siéges contre les envahisseurs dans leurs églises transformées en forteresses. JJ90, no 637.
[255] Mss. B 4, 3, fo 169 vo.—Ms. B 1, t. II, fo 70 (lacune).
[256] Ms. B 3, fo 183 vo.—Ms. B 1, t. II, fo 70 vo et ms. B 4: «en Humainne.» Mauvaise leçon.
[257] Mss. B 4, 3, fo 170 vo.—Ms. B 1, t. II, fo 71 vo (lacune).