P. [91], l. 31: havene.—Mss. A 6, 8, 15 à 17: havre.

P. [92], l. 4: deffretia.—Mss. A 8, 15 à 17: deffraia, deffrea.

P. [92], l. 8: Zanduic.—Ms. B 6 ajoute: et le rendy à madame la royne d’Engleterre. Fº 629.

P. [92], l. 9: à l’ancre.—Mss. A 6, 17: et ancré.

§ [508]. Or se parti.—Ms. d’Amiens: Or se parti li roys Pières de Cippre, d’Engleterre, et rappassa le mer à Bouloingne. Si entendi que li roys de Franche, li dus de Normendie, li dus d’Ango, messires Phelippes leurs frères et tous li grans conssaux de Franche devoient y estre à Amiens. Si tira li roys de Cippre celle part et y trouva le roy de Franche nouvellement venu et une partie des seigneurs dessus dis. Si en fu grandement conjoïs et festiiés et leur compta une partie de son voiaige, et ossi il leur dist qu’il s’en yroit en Poito deviers le prince de Gallez son cousin, pour mieux acomplir son voiaige. Si fu là, ne say quans jours avoecq le roy et ses enffans, et puis s’en parti et prist son chemin deviers Paris, et s’adrecha pour aller en la duché d’Acquittainne et deviers le prinche qui se tenoit à Niorth. Et devoit avoir dedens bref terme, en le chité d’Angouloime, une très grosse et noble feste de jouste de quarante chevaliers de dedens et de quarante escuiers, que li prinches y devoit tenir à le relevée de madamme la princesse sa femme qui estoit acouchie d’un biau fil que on appelloit, enssi que son père, Edouwart, à laquelle feste li roys de Cippre volloit y estre, s’il plaisoit à Dieu.

Or revenrons au roy de Franche et à ce grant parlement qui fu à Amiens. Je fui adonc enfourmés, et voirs estoit, que li rois Jehans avoit proupos et affection de aler en Engleterre veoir le roy englès, son frère, et madamme la roynne, sa soer, enssi s’appeloient il par le tretiet de le pès, et ordounnoit touttes ses pourveances et ses besoingnes à Boulloingne. Se li consseilloient bien li aucun de Franche qu’il n’y volsist mie aller, et que c’estoit ungs grans perils sus le veu et proummesse qu’il a fait, et que on le poroit là detenir, pour le somme de se redemtion qui estoit encorres à parpaiier. Mès li roys Jehans respondoit qu’il avoit trouvet ou roy d’Engleterre, en madamme le roynne, en tous leurs enffans et ens ès barons d’Engleterre tant d’onneur, d’amour, de courtoisie et de loyaulté, qu’il ne s’en doubtoit en riens et qu’il ne cesseroit jammais, si y aroit esté et yaux veus, et ossi ses amis qui là estoient ostagiier pour lui. Quant on vit que chilx pourpos li demouroit, se li fu demandé qui garderoit Franche jusqu’à son retour, et il ordounna Carlon, son ainsnet fil, regent et souverain deseure tous. En apriès, monseigneur Loeys, dus d’Ango et du Mainne, son autre fil, il l’estaubli à aller en Normendie contre le roy de Navarre, car bien savoit qu’il ne l’ainmoit point. Et monseigneur Phelippe, comte adonc de Tourainne, il l’ordounna à aller en Bourgoingne, pour bouter hors les Compaingnes qui y estaient et qui gastoient et essilloient le pays.

Quant il eut tout fet et ordounné, il prist congiet à ses enffans et à son consseil, et se parti d’Amiens et s’avalla vers Hedin, le comte d’Eu avoecq lui, le comte de Tankarville, le comte de Dammartin, le grant prieur de Franche, monseigneur Bouchighau, monseigneur Tristran de Magnelers, monseigneur Jehan d’Anville, messire Pierre de Villers: che sont chiaux qu’il en mena avoecq lui pour aler en Engleterre. Si vint li roys de Franche à Hedin trois jours devant le feste dou Noël. Si y sejourna et demoura là, et dist qu’il y tenroit sa feste. Se vint là à lui li comtes Loeis de Flandres, ses cousins, qui durement l’ainmoit, et que li roys vit vollentiers, et le rechupt liement, et tinrent là leur Noël enssamble. Le jour des Innocens, s’en parti li roys et prist son chemin vers Bouloingne, et li comtez de Flandre vers Saint Ommer, pour revenir arrierre en son pays. Fº 129.

P. [92], l. 13: ses mainsnés frères.—Mss. A 8, 15: ses enfans. Fº 240.—Ms. A 17: le mainsné filz du dit roy de France. Fº 303.

P. [92], l. 28: couvent.—Mss. A 8, 15 à 17: couvenant.

P. [92], l. 29 à p. 93, l. 14: Si se parti... voiage.—Ms. B 6: Sy se departy le dit roy de Calais et vint à Boulongne, et puis à Monstreul et puis à Rue, et passa le Somme à Abeville et entra en Vimmeu et vint passer la Saine au Pont de l’Arche et s’en alla tout droit en Constentin et à Chierbourc veoir le roy de Navarre qui le rechut liement. Et euist adonc le dit roy de Chippre vollentiers accordé le roy de Navarre au roy de Franche, se il peuist; mais il n’en peult à chief venir. Sy passa oultre et fist tant par ses journées qu’il vint en Poito et droit en Angolesme où il trouva le prinche et madame la princhesse qui nouvellement estoit relevée d’un biel filz qui s’appelloit Edouart: à laquelle relevée de madame la princhesse eult, en la chité d’Angolesme, moult grant feste et grans joustes de plus de deux cens chevaliers, et fut la dite feste moult renforchie pour l’amour du roy de Chippre. Fos 629 et 630.