P. [112], l. 28: Prie.—Mss. A 8, 15 à 17: Pierre.
P. [112], l. 28: coron.—Ms. A 17: bout.—Ms. A 15: coing.
§ [515]. Ensi eurent.—Ms. d’Amiens: Enssi eurent li Franchois et li Navarrois connissance li ung de l’autre par le raport des deus hiraus. Si eurent avis et consseil li Franchois que ce merqedi, pour ce qu’il estoit tart, il se logeraient illuecq. Et se logièrent seloncq une rivierre, ensus un village que on appielle Koceriel, ens uns biaux plains, et ossi li Navarois se tinrent assés priès de là.
Quant ce vint le joedi au matin, que solaus fu levés et que li jours estoit appairans d’estre biaux et clers et sieris, li Navarois et li Englès, tous d’une alianche, chevauchièrent enssi que Franchois; li hiraus les menoit tout serré et tout rengiet. Si vinrent environ primme sus les plains de Koceriel, et virent les Franchois devant yaux qui ordonnoient leurs batailles, et estoient par samblant bien tant et demy plus qu’il ne fuissent. Si s’arestèrent tout quoy au dehors d’un bosquetiel qui là estoit, et puis se traissent avant les cappittainnes et se missent en ordounnance. Premierement, il fissent trois batailles bien et feticement tout à piet, et envoiièrent les chevaux, leurs males et les gharchons ens ung bois qui estoit dallés yaux, et establirent monseigneur Jehan Jeuiel en la premierre, et li ordounnèrent tous les Englès, hommes d’armez et archiers. La seconde eut li captaux, et pooient estre en se bataille environ quatre cens combatans, uns c’autres. La tierche eurent troy autre chevalier: li bascles de Maroel, messires Pières de Saquenville et messires Bertrans dou Franch, uns bons chevaliers prouvenchiaux, et estoient ossi environ quatre cens armures de fier.
Quant il eurent ordonné leur bataille, il ne s’eslongièrent point trop loing de l’un l’autre, et prissent l’avantaige d’une montagne qui estoit à le droite main entre le bos et yaux, et se rengièrent tout de froncq sus celle montagne par devant leurs ennemis, et missent le pignon dou captal en ung fort buisson espinerech, et ordonnèrent soissante armures de fier autour pour le garder et deffendre, car tout se devoient là raloiier et affiier bien entre yaus les cappittainnes, que de là ne se partiroient nullement, pour cose qui avenist, se seroient leurs ennemis tous desconfis et mis en cache. Et tout ce veoient li Franchois coumment il s’ordonnoient, et ossi coumment il avoient pris le montaingne: se ne les en prisoient mies mains. Tout enssi ordounné et rengiés se tenoient Navarois et Englès sus le montaingne que je vous di. Fº 130 vº.
P. [113], l. 3 et 4: se radrecièrent.—Mss. A: s’adrecièrent.
P. [113], l. 7: quinze cens.—Le ms. A 15 ajoute: combatans.
P. [113], l. 23: une.—Le ms. A 17 ajoute: petite.
P. [113], l. 26: uns biaus prés.—Mss. A 8, 17: deux beaux prez. Fº 245.
P. [114], l. 4 et 5: heure de prime.—Ms. A 17: midi.